‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 59 sur 137 · DISCUSSIONS EN ALLEMAGNE ET EN FRANCE · texte numérisé non relu

DISCUSSIONS EN ALLEMAGNE ET EN FRANCE

méthodes antitlierniiques, et Leyden partage cet avis. Il constate que la plupart des médecins modifient le traitement suivant la période de la maladie, l'intensité de l'affection, et surtout la constitution du patient.

Gerhardt pense que les bains froids ont diminué la mortalité. Si Brand a exagéré les résultats de sa méthode, c'est que quiconque veut introduire une méthode nouvelle, doit la préconiser hautement, de tout son cœur, avec un zèle pour ainsi dire apostolique. y Frxntzel^ qui appliquait les bains tempérés avant Brand, ce que faisait aussi Traube, a eu de mauvais résultats en appliquant la méthode exacte de Brand. Les cas les plus graves ne sont pas ceux qui s'accompagnent d'une température très élevée, mais le plus souvent ceux où la température est basse. • En France, nous pouvons relever la citation sui- A'ante, à peu près à la même époque, comme caractérisant l'opinion des esprits les moins hostiles au pipogrès et aux hardiesses thérapeutiques.

Suivant Lépine (1) le bain froid est surtout tonique, mais il n'arrête pas le processus typhique, n'empêche pas la production des complications; il peut être, pour des causes diverses, inapplicable ; enfin il est des typhiques réfractaires à l'action bienfaisante de toute hydrothérapie. « Aussi prétendre, comme on l'a fait autrefois, que le bain froid employé dès le début guérit à coup sûr la fièvre typhoïde, c'est là une exagération aujourd'hui insoutenable, » Cette médication peut être insupportable à certains patients. Le bain tiède ou progressivement refroidi est antipyrétique, mais non tonique.

(1) Sem. médicale, 1887, p. 503.

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Le 27 janvier 18H8, la question était de nouveau portée à la Société des hôpitaux par M. Jvhal-Iiénoy; il disait avoir traité pendant la précédente année dans divers hôpitaux 42 typhiques (21 de chaque sexe) par le Brand dans toute sa ri{<ueur : 14 cas très graves, 9 sévères, 10 moyens, 9 légers cl un enfant de la ville. Il en a perdu 3 : mortalité d<! 6,98 % , voisine de celle de Brand 7,4 % et de Tripier-Bouveret 8,5 % . Une femme de 23 ans, entrén^ à l'hôpital le huitièmejour, est morte le onzième avec de vastes ulcérations intestinales, un homme de 48 ans et un jeune absinthique (tous deux de perforation intestinale) ; il a baigné avec succès des femmes gravides (l'une a avorté, mais le travail était commencé avant le traitement) ; la péritonite et la perforation sont pour lui les seules contre-indications;, il n'a jamais rencontré de résistance de la part des malades; la convalescence est abrégée, ce qui est une économie pour l'assistance publique.

M. Diijardin.-Beaumeiz lui rétorque que la méthode de Brand a été repoussée presque partout, malgré l'école allemande et celle de Lyon. Les bains froids augmentent les combustions organiques ; leur seul avantage est de soustraire de la chaleur, ce qui n'est qu'un des dangers et non le pire. Les statistiques de Bouchard et Pécholier sont aussi bonnes avec les bains tièdes. La méthode doit être employée dès le début ; or nous ne voyons guère les malades que vers le septième ou huitième jour. Le traitement est fort douloureux. Le bain froid, en augmentant la tension artérielle, exposele cœur dégénéréà la rupture. Les bains tièdes sont aussi toniques et sédatifs.

M. Féréol se déclare disposé à reprendre les expériences. M. Hayem dit qu'en l'absence du traitement

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