‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 7 sur 137 · POSITION DU PROBLÈME THÉRAPEUTIQUE XV · texte numérisé non relu

POSITION DU PROBLÈME THÉRAPEUTIQUE XV

(le maladies qui continuent à évoluer pour leur propre compte et s'accentuent par la suite.

Ce n'est pas tout : le processus de réparation par phagocytose leucocytique peut dépasser la juste mesure dans laquelle il suffît à englober, détruire et emporter les microbes, ainsi que les cellules mortifiéeiS des parenchymes; il peut, par une activité exqesssiye, devenir le point de départ d'une prolifération; exagérée de tissu conjonctif, d'abord embryonnaire, puis fibreux au sein des organes ; cette sclérose peut devenir dans l'avenir une cause de destruction des. parenchymes, soit qu'elle agisse directement sur(g^x, soit qu'elle ait pour intermédiaire la sclérose de leurs vaisseaux nourriciers, l'artérite. Les exemples abondent de ces scléroses viscérales post-typhoïdiques. Ce sont les séquelles de l'infection, justiciables elles aussi dans une assez large mesure de la proph,ylaxie par l'hygiène et de certaines médications, et qui par conséquent ne sont pas étrangères au traitement de la Rèwe typhoïde.

Mais cette brève esquisse de la cause et des conséquences prochaines et lointaines de la fièvre typhoïde ne saurait suffire à poser les indications thérapeutiques que fait naître cette maladie. Nous deypqs serrer de plus près la filiation des causes et (les effets et, pénétrant dans l'intimité du mécanisme pathogénique aussi profondément que nous le permet l'état actuel de nos connaissances, analyser les éléments multiples qui constituent la maladie à chacune de;S(es phases.

Ji'aiditque la première phase de la maladie était la phase infectieuse, comprenant l'infection primitive

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et les infecUons secondaires. Mais qui dit infection, dit intoxication, les agents infectieux n'agissanl guère, nous le savons aujourd'hui, que par les toxines qu'ils sécrètent.

En fait, la caractéristique la plus générale de ia fièvre typhoïde est une intoxication ; mais c'est une intoxication complexe, dont il n'est pas inutile de déiTièler les facteurs multiples; car la notion de la diversité des facteurs de l'intoxication pourra nous suggérer des moyens thérapeutiques différents à opposer à chacun d'eux. • ■ ri

Le premier facteur d'intoxication, c'est naturellement l'agent infectieux primitif. Je me garderai de jLrancher sansrestriction la question encore litigieust! de la nature del'agent pathogène primitif; importante à coup sûr au point de vue de la prophylaxi.e, elle l'est peu au point de vue thérapeutique. Le lectemtrouvera au chapitre Prophylaxie, que j'ai rejeté à dessein à la fm, les éléments d'appréciation que fournit sur ce point l'état fictuel de la science.

Que le microbe pathogène initial soit le bacille d'Eberth, venu du dehors par les voies . digestives ou les voies respiratoires, ou que ce soil un bçicille du côlon, hôte habituellement inoifensif de l'intestin et devenu accidentellement virulent par suite de circonstances qui nous échappent ; — qu'il ai t d'abord pullulé dans l'intestin , puis se soit introduit dans le riche réseau lymphatique de la muqueuse et de là répandu dans tout le système lymphatique, ou qu'il ait d'emblée pénétré dans celui-ci et que les lésions folliculaires de l'intestin soient seulement là fconséquence d'une localisation consécutive ; — je retiens seulement qu,e . ce microbe pathogène initial révèle d'abord son activité

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en déversant dans le courant circulatoire une première dose de poisons. .

Il s'agit déjà sans doute de: poisons multiples, que ni la chimie ni la physiologie pathologique n'ont pu isoler et dont nous ne pouvons apprécier que les effets d'ensemble.

. Nous pouvons dire toutefois que les poisons éberthiens, ou coli-bacillaires, — disons, pour ne froisser personne, les poisons microbiens delà première heure — doivent impressionner tout d'abord les principaux centres nerveux. Les premiers symptômes accusés par le malade ne sont-ils pas la fatigue, la céphalalgie, l'insomnie, etc.? Puis surviennent des troubles de la fonction vaso-motrice : ectasie ou spasme des capillaires du côté des muqueuses (épistaxis, érythème guttural) ou de la peau (rougeur et pâleur alternatives). C'est aussi à une perturbation nerveuse, au désordre, des centres nerveux de la régulation thermique qu'est due la fièvre. C'est au dérèglement des. nerfs vaso-moteurs et sécrétoires que sont imputables les troubles du tube digestif (suppression des sécrétionsglandulaires, sécheresse de la bouche et anorexie, état saburral, dyspepsie ou même intolérance gastrique et vomissements, atonie et catarrhe de l'intestin) et les modifications des voies respiratoires (hyperhémie et catarrhe bronchiques).

• Combien de temps dure cette période d'intoxication purement éberthienne, ou coli-bacillaire? — Nous ne pouvons le dire; mais il est vraisemblable qu'elle nîèst pas longtemps sans mélange; car nous savons que, du fait même des troubles fonctionnels et des altérations anatomiques engendrés par l'agression du bacille d'Eberth (ou du coli-bacille), et que nous

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