A TEMPÉRATURE CONSTANTE
croire qu'un remède qui réunit tant d'indications, prudemment administré, mériterait bien d'être placé sur le même rang que « tant de médications qui sont considérées chacune en particulier par son auteur comme devant constituer la base du traitement».
Rayer employait les bains tièdes dans la fièvre typhoïde rarement au delà du deuxième septénaire, et même dans le premier septénaire seulement pour les cas bénins. Le bain était quotidien dans les cas graves et durait d'une heure à une heure et demie ; il était donné tous les deux jours seulement en général.
En 1867, Ol&rnwr^ à Bonn, donnait un bain de 36" à 30», en moyenne 33°; c'est-à-dire que, dès que la température rectale atteignait 39", le bain était donné à environ 6" au-dessous de celle-ci. Le bain était de 30 minutes, et la température du typhisant s'abaissait de 1%9, en moyenne de l'',3; après un bain d'une heure, elle avait baissé une fois de 2°, 7. Quelquefois on avait constaté une élévation de 0°,3 dans un bain.
M. Dujardin-Beaumetz^ en 1874, donnait tous les jours ou tous les deux jours un bain de 25 à 30 mimites de 32° à 35°.
Afanasieff, en 1882, donnait deux bains de 3 heures chaque jour de 31 à 35° et obtenait des abaissements thermiques de 2° à 2»,5.
Riess, à Berlin en 1886, imaginait le laiii tiède continu pendant un ouplitsieurs jours de mite. L'eau était à 31°, quelquefois plus fraîche quand la température ne s'abaissait pas assez vite. Le malade était suspendu dans le bain par un drap arrangé en forme de hamac. Ce traitement était commencé du troisième au douzième jour.
lo8 BAINS TIÈDES
Après un premier bain de 24 heures, si la température rectale esttombée au-dessous de ST^i, le malade est replacé dans son lit, mais remis au bain quand sa température rectale est remontée à 38°, 6.
Le malade est resté de 7 à 38 jours, en moyenne 18 jours, dans le bain pendant la fièvre.
La mortalité par cette méthode fut 6, 2 7» sur 48 malades traités.
Bains miactes.
Bains tièdes à temjjérature décroissante.
Von Ziemssem, dès 1866, mettait en pratique à Erlangen la méthode des bains mixtes, c'est-à-dire chauds ou tièdes progressivement convertis en bains frais ou froids.
La température initiale du bain est de 5° ou 6" inférieure à celle du rectum du malade.
Celui-ci, étant placé dans l'eau, est frictionné légèrement par la main d'un des aides. -
On ajoute progressivement de l'eau froide, de manière que le bain soit à 20° au bout de 10 à 15 minutes.
Le malade est laissé dans le bain de 20 à 30 minutes, puis transporté dans un lit chaud et bien couvert.
La température, prise une heure après le bain, est souvent abaissée de 1°,4,
Quand la température rectale du malade est remontée à 39°o, on donne un nouveau bain.
Le nombre des bains quotidiens est de 4 ou 5 pendant les premiers jours, de 2 ou 3 les jours suivants.
Les heures choisies pour les bains sont, dans les quinze premiers jours : 6 heures et 10 heures du
A TEMPÉRATURE DÉCROISSANTE lo» .
matin, 1 heure et 6 heures du soir. Dans les cas graves, deux autres sont donnés, l'un à 9 heures du soir, l'autre à 1 heure du matin, si l'agitation augmente vers minuit.
Dans le troisième ou le quatrième septénaire, suivant la gravité des cas, on peut supprimer successivement les bains de la nuit ou du matin; eufm ceux de l'après-midi.
Les heures que l'auteur a choisies pour donner les bains sont celles de la défervescence normale de la fièvre, afin d'accroître plus facilement la réfrigération.
Les avantages que von Ziemssen revendiquait pour sa méthode étaient de changer les conditions de la fièvre et d'abréger sa durée, de soustraire une plus grande quantité de calorique, de permettre au malade de mieux supporter le refroidissement, d'impressionner moins l'entourage que l'emploi de l'eau froide.
GoUie{lSn), à Londres, donnait des bains à 3^" (ju'on abaissait à 15° en 20 minutes.
Bradhury appliquait à la même date la méthode de Ziemssen en commençant à 7° au-dessous de la température du malade.
Edes^ à Boston, en 1875, employait des bains à 37°,7 abaissés graduellement à 26" ou 21°.
Ord, en 1880, donne toutes les 4 ou 5 heures un bain à 35", abaissé en 20 minutes à 24°. Il dit avoir obtenu des abaissements thermiques de 2°,8 et 2°,9 et même, dans le troisième septénaire, de 3°,3 et de 4'',4.
R. Shider (à Fribourg-en-Brisgau) avec les bains progressivement refroidis de 25° à 30° chez les hommes, de 27° à 20» chez les femmes, n'a eu qu'une mortalité de 9,67 0/0 sur 341 cas, de 1882 à 1887.
Bains tiëde.s très lentement refroidis, tout en rej«tunl
tiëdcs.
Une place à part doit être réservée dans cette étude à une méthode de balnéothérapie inaugurée par M.Bouchard.
La raison qui a décidé mon maître à la substituer aux méthodes réfrigérantes antérieures est l'analyse de pl usieurs critiques fortement motivées, qui ont été dirigées de tout temps contre elles.
Dans le bain froid il y a d'abord pour le palicnl une impression initiale vraiment douloureuse, qui .se rBnouvelle à chaque bain et qui est précédée de l'angoisse causée par le souvenir des souffrances éprouvées lors des bains précédents; il en résulLc pour les malades impr'^ssionnables une succession de secousses morales et nerveuses, véritables traumatismes nerveux, dont l'influence peut être plus nuisible qu'utile.
D'ailleurs le spasme réflexe des vaisseaux cutanés produit par l'impression de l'eau froide sur la peau, faisant refluer dans la profondeur du corps une plus grande masse de sang, empêche, au moins pendant un certain temps, le sang de venir se refroidir dans les capillaires cutanés; il semble donc que l'oligémie cutanée due à l'eau froide ne favorise pas la soustraction physique du calorique à l'organisme.
Enfin des observateurs, comme Liebermeister, Kœnig, Caulet, ont constaté que le bain froid, au moins au commencement, augmentait la production de chaleur dans l'organisme.
Frappé de la justesse de ces critiques, M. Bouchard s'est proposé d'y donner satisfaction, en combinant Ifs avantages des baim froids et ceux des bains tièdes.
MÉTHODE DK BOUCHARD 161
Épargner au malade les sensations douloureuses de l'entrée dans le bain froid et à l'entourage lespec-' tàcle pénible que cause cette douleur, éviter l'augmentation de la production du calorique interne que' cause au début l'impression du froid, abaisser la température -centrale sans provoquer la secousse nerveuse du frisson, prévenir l'oligémie réflexe de' là pêau et en provoquer au contraire l'irrigation' abondante par le sang hyperthermique, pour que celui-ci vienne se refroidir en grande masse danslès capillaires périphériques au contact d'une eau' moins chaude, — tels sont les avantages qu'a le droit de revendiquer la méthode balnéothérapique des hains iiedes stjstématiquement refroidis tout en res-' tani'tièdes, que M. Bouchard met en pratique depuis 1884.
" M. "Wirislow- Warner MS'A;mj?er, ùn dé ses élèves, en; a donné une description aussi exacte que le commentaire qui la suit (1).
Préliminaires.
On détermine d'abord exactement la tenipéràture rectale du malade avec un thermomètre à maxima bien vérifié.
Puis un aide prend le typhoïsant vêtu seulement de sa chemise et le place dans une baignoire remplie d'eau à l'avance.
Si le trajet du lit à la baignoire excède quelques mètres, comme dans certaines salles d'hôpital, on enveloppe le patient d'une couverture pour le préserver du froid pendant le transport et, pour le dé-
(1) Sur une nouvelle méthode balnéothérapique réfrigérante, spécialement employée dans le traitement de la fièvre typhoïde. Thèse de Paris 1885.
placer sans secousse, on l'étend k demi assis sur une chaise longue roulante et légère.
Il doit y avoir assez d'eau dans la baignoire pour couvrir les épaules du malade assis dans le bain. Il faut pouvoir introduire k volonté l'eau destinée à refroidir le bain, tout en faisant écouler l'excès d'eau; cela est facile dans les baignoires fixes communiquant par un orifice à clapet avec une conduite de déversement. Quand on n'a qu'une baignoire mobile, il faut enlever avec un vase une quantité d'eau tiède égale au volume d'eau froide qu'on ajoute. C'est une manœuvre qui rend l'application des bains tièdes progressivement refroidis peu aisée à pratiquer dans certaines circonstances de la pratique urbaine.
La température du iain doit être, au moment où y entre le malade, inférieure de 2» C. k la température rectale de celui-ci. Au bout de dix mpnutes on abaisse de 1° la température du bain;' par addition d'eau froide et soustraction parallèle; d'une certaine quantité d'eau tiède, et ainsi de suite toutes les dix minutes jusqu'à ce que le bain ait été abaissé à 30». On laisse à ce moment le malade encore dix minutes dans le bain. On n'est pas obligé, comme pendant les bains froids, de frictionner le malade ni de lui faire des affusions froides sur la tête.
Le bain terminé, on en retire le malade, on lui enlève sa chemise mouillée, on lui essuie rapidement le corps avec une alèse sèche et chaude, pas trop rude, et on lui passe une chemise sèche et chaude.
Enveloppé dans une couverture, le typhique est reporté dans son lit, bien couvert, avec une boule d'eau chaude aux pieds, s'il a tendance à ne pas se réchauffer.
La durée du bain, est proportionnelle à l'élévation