DEUXIÈME SEPTÉNAIRE
rure de zinc; la couleur, la consistance et l'odeur des sçlles nous fournissent les renseignements les plus précieux sur la marche du processus ulcératif de l'mteslin. La couleur de la garde-robe habituelle du typhique non traité, dans les formes communes, à cfette période, est d'un jaune d'ocre, plus ou moins ^yângé ou rougeâtre, laissant sur le linge des taches jivs de melon, la consistance liquide, l'odeur fétide, écœurante,
" Plus les ulcérations sont nombreuses et étendues, plus la diarrhée est abondante, plus les selles sont r'ougeâtres et sentent mauvais; l'odeur est souvent putride, celle de la macération des pièces anatoniiques.
Quand le processus ulcératif de l'intestin grêle s'accompagne d'une participation notable du côlon, lés garde-robes contiennent plus ou moins de mucus sôiis forme d'amas glaireux et sanguinolents ou striés de sang rouge ; la coexistence de coliques et de ténesme affirment quelquefois un état dysentériforme. ' (Quand le typhique est soumis à l'antisepsie intestinale, les caractères des selles sont modifiés de telle sorte que la vue et l'odorat suffisent à contrôler la manière dont les médicaments antiseptiques sont administrés. On a vu, pages 59 et 60, qu'avec le naphtol let le salicylate de bismuth, tant que l'antisepsie est irnparfaite, elles sont noires par formation de sulfure ide bismuth; elles sont vert-bouteille quand l'action i antiseptique du naphtol a supprimé ou diminué suf- Ifisamment la production de l'hydrogène sulfuré. La (Consistance est celle d'une purée très liquide d'herbes • cuites. L'odeur est celle du naphtol ou de la benzine. ILes jours où a été administré le calomel, elles sont rplus franchement vertes, d'un vert clair.
Quand on surveille d'aussi près les garde-robes, on peut être averti de l'imminence d'une hémorrhagie intestinale par certaines modifications; une teinte plus rougeâtre ou noirâtre, des grumeaux noirâtres plus épais peuvent être vus isolément, disséminés dans le bassin, un ou deux jours avant l'apparition d'une selle franchement sanglante, et peuvent permettre de prendre certaines mesures prophylactiques.
Le traitement de l'hémorrhagie intestinale est exposé pages 279 et seq.
Quand le météorisme intestinal est très accusé, il est bon d'associer aux antiseptiques ordinaires du charbon (iodoformé ou non), comme l'a fait M. Bouchard (voir pages 41 et 51). On administrera les lavements avec l'infusion de camomille. On donnera une potion avec l'eau chloroformée et la teinture de badiane, qui peuvent servir d'excipient au benzonaphtol et au bismuth.
Il est utile de couvrir l'abdomen de compresses de tarlatane imbibées d'eau simple ou vinaigrée froide, renouvelées fréquemment et recouvertes de taffetas gommé.
Dans le troisième septénaire d'une forme commune régulière les préoccupations sont, outre l'hémorrhagie intestinale, l'état du cœur et celui des téguments. Déjà quinze jours au moins de fièvre continue et d'infection ont pu altérer le myocarde ou les nerfs qui le commandent. Quinze jours de décubitus, de contact avec les draps, avec des matières fécales, ont rendu les téguments plus vulnérables.