POSITION DU PROBLÈME THÉRAPEUTIQUE XIX
impressionner les centres nerveux et associer leurs effets à ceux des poisons éberthiens.
A une période plus avancée de la maladie, une nouvelle source d'intoxication va paraître dans le, tube digestif. Les lésions intestinales de la dothiénentérie (congestion, infiltration leucocytique du tissu lymphoïde des follicules clos et des plaques de Peyer) sont, l'histopfthologie l'a prouvé, le résultat du conflit entre les bacilles envahisseurs et les leucocytes phagocytaires issus par diapédèse hors des vaisseaux ectasiés.
Quand la faible virulence des bacilles ou l'énergie phagocytique exaltée des leucocytes a permis le triomphe rapide des défenseurs de l'organisme, — ce qui se voit dans certaines formes bénignes de fièvre typhoïde (F. abortives) et chez la majorité des enfants, — la lésion du tissu lymphoïde peut se terminer par résorption, c'est-à-dire que des macrophages, ou grands phagocytes, viennent assez promptement déblayer les tissus qui ont servi de champ de bataille; ils entraînent à la fois les leucocytes gorgés des cadavres des bacilles et les cellules du tissu qui dans la lutte ont été nécrosées par les poisons bactériens.
Mais, dans les formes ordinaires, les bacilles très virulents ayant nécessité un afûux considérable de phagocytes et ayant inondé le tissu de poisons bactériens, le champ de bataille est tellement encombré de cadavres de leucocytes et de cellules ayant subi soit la nécrose de coagulation, soit la mortification par pression réciproque ou par ischémie, que tout le tissu lymphoïde infiltré (follicule ou plaque de Peyer) se sphacèle en masse. L'élimination des parties sphacélées, qui caractérise la fin du second septénaire de la fièvre typhoïde et le troisième, a
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pour efTet de jeter dans la' cavité intestinale itric nouvelle masse de matière putrescible en alimentaux saprophytes qui y fourmillent. C'est un nouvel arrivage de poisons, putrides qui, résorbés en grande partie, traversent à leur tour le foie, se déversent dans la circulation générale et vont ajouter leurs efïets nocifs sur les centres nerveux et toutes les cellules de l'organisme à ceux qu'atvaient déjà produits les deux premières catégories de poisons.
A ce moment peut apparaître une quatrième source d'intoxication : c'est l'invasion des ulcérations intestinales par des- agents d'infection secondaire. Après la chute des eschares, toute la florë microbienne intestinale vient baigner les surfaces bourgeonnaates de la muqueuse ulcérée, que ne protège plus aucun revêtement épithélial; par ces brèches largement Ouvertes peuvent s'introduire des agresseurs nouveaùx : coli-bacilles (s'ils ne sont pas déjà les pathogènes initiaux), streptocoques, staphylocoques, bacilles de Friedlander, etc., — pour ne titer que les plus connus, — et tant d'autres avec eux, les uns capables de provoquer des suppurations, d'autres facteurs de gangrène, ou ;d'e septicémie, d'érythèmes desquamatifs ou de purpura, etc.
Cette infection secondaire, elle est contingente, sans doute ; si la barrièr(i endothéliale n'est plus là pour l'arrêter, elle rencontre encore sur son chemin un flot sans cesse renouvelé de leucocytes, qui cherchent à englober et à détruire les envahisseurs, e1 bien souvent y réussissent. Mais elle est toujours possible ; car à ce moment le système nerveux central, généralissime de la lutte contre l'infection, esl paralysé par les efforts même qu'il déploie sur tous les points de l'organisme; les' vaso-moteurs ne pro-
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voquent plus que d'une .façon irrégulière l'ectasie vasculaire indispensable à la diapédèse; les leucocytes peuvent n'être plus activement phagocytes, soit que leurs propriétés chimiotactiques diniinuées-^ne les attirent plus aussi énergiquement vers les microbes, soit que leurs mouvements àmiboïdes parésiés ne leur permettent plus d'englober aussi aisément ceux-ci.
Enfin les humeurs de l'organisme, dans lesquelles tombent les microbes venus de l'intestin, après çivoir pénétré dans la circulation générale, peuvent n'être plus qu'imparfaitement bactéricides. Toutes ces hypothèses ont été proposées pour expliquer les péripéties de la lutte entre les microbes et l'organisme, et chacune peut contenir une part de vérité. Q.uoi qu'il en soit, les infections secondaires, toujours possibles; et, à vrai dire, toujours réalisées à un degré quelconque, jouent un rôle considérable, aujourd'hui incontesté, dans l'ensemble du processus typhoïde, et, comme infection veut toujours dire intoxication,,i la période des infection.s secondaires ouvre, comme je le disais, une nouvelle ère d'intoxication.
.l'ai parlé seulement des infections secondaires ([ui peuvent se faire par l'intestin; elles ont une importance capitale au point de . vue thérapeutique ; car elles. nous fourniront des indications bien nettes à remplir. Mais il ne faut pas oublier que, dans la lièvre typhoïde, à partir d'un cèrtain moment, bien d'autres portes sont ouvertes aux agents infectieux;, la peau et toutes les muqueuses, dont là vitalité est abaissée, peuvent être le siège de dénudationséipithé-; liales, d'excoriations ou d'abcès, qui livreront pas-*) sage aux agents infectieitx veriusidu dehors et . aux. poisons (ju.'ils , déverseront .datis ..l'organisnie : dès!