FORMES LATENTES, AMBULATOIRES
peu de" diarrhée' et une toux rare, avec une fièvre nulle ou insignifiante, sont à peu près le seul tableau clinique. Cette forme, atténuée cliniquement,n'a que l'apparence de la bénignité; car elle peut s'accompagner de lésions intestinales étendues et profondes, et c'est souvent par perforation ou par hémorrhagie intestinale que se terminent brusquement et mortellement ces dolhiénentéries latentes.
La forme latente amUitatoire n'est guère soignée en général, puisque le malade n'appelle pas le médecin; mais, toutes les fois que nous sommes consultés pour une personne qui présente un état maladif mal caractérisé, pour lequel on est trop souvent tenté de se contenter de l'étiquette vague d'embarras gastrique fébrile, de courbature fébrile, surtout si le malade se trouve dans un milieu épidémique et s'il n'a pas eu déjà la fièvre typhoïde, on n'est pas excusable de n'y point penser.
Il faut représenter fortement au malade et à son entourage le danger de ces fièvres méconnues, exiger l'alitement, la prise régulière de la température et la notation plusieurs fois par jour de la température rectale, la diète lactée et l'antisepsie intestinale.
Mieux vaut imposer une semaine de séquestration à un simple embarras gastrique que de charger sa conscience d'une mort par perforation intestinale ou hémorrhagie imprévue.
FORMES MALIGNES Forme adynamique
L'adynamie est évidemment, à un degré modéré, un état habituel dans le second ou le troisième sep-
212 FORMES MALIGNES ADYNAMIQUES
lénaire de toute fièvre typhoïde intense; maisla slupeur, la dépression des forces, l'affaiblissement précoce du cœur et du pouls, l'oblusion de l'ouïe, un délire tranquille, un haut degré de météorisme, la paralysie des sphincters constituent le vrai syndrome adynamique, qui nécessite une thérapeutique énergique si l'on ne veut pas voir bientôt le malade qui est sur cette pente tomber dans un coma fatal.
De tout temps on a préconisé contre ces accidents les médicaments stimulants, et cette indication est acceptée par tout le monde.
C'est alors qu'il faut donner au malade diverses boissons alcooliques en quantité supérieure à celle qu'on emploie dans les formes moyennes, et en choisissant de préférence, parmi les vins, les plus généreux et les plus excitants: le Champagne, les vins d'Espagne et l'alcool proprement dit sous des formes variées (grogs au cognac ou au rhum, thé au rhum, potion de Todd).
Ces boissons doivent être administrées à doses fractionnées, souvent répétées, parfois toutes les heures dans les cas urgents, surtout pendant la nuit et dans la matinée, moments oîi la dépression des forces est à son maximum.
Murchison a formulé au sujet de Y administration des laissons alcooliques quelques indications bonnes à méditer.
Il faut donner peu d'alcool au-dessous de vingt ans. Au-dessus de quarante, il faut au contraire en commencer de bonne heurel' emploi et élever les doses.
Comme Chomel, Murchison veut qu'on en donne plus tôt et en plus grande quantité aux alcooliques.
Les indications tirées de l'appareil circulatoire sont la mollesse, la dépressibilité, les intermittences
RÈGLES POUR l'eMPLOI DE l'aLCOOL 213
OU la lenteur anormales du pouls (40 à 60 pulsations), l'affaiblissement de l'impulsion cardiaque et dit premier bruit.
Murchison signale encore, parmi les indications à l'emploi de l'alcool, le refroidissement des extrémités avec chaleur intense du tronc, des sueurs profuses sans amendement, une langue sèche et brunâtre ; si, sous l'influence des alcooliques, celle-ci s'humecte et se nettoie, on peut en conclure qu'ils sont utiles.
Mais il faut considérer comme des contre-indica^ iions à Vemploi de Valcool une céphalalgie intense à forme lancinante, une peau brûlante et très sèche, surtout si la face et les yeux sont injectés, si le pouls est résistant, s'il y a un délire bruyant et actif, si les urines sont rares, contiennent beaucoup d'albumine et peu d'urée.
La quantité d'alcool qu'on peut donner varie naturellement suivant l'âge, le sexe, les habitudes antérieures, notamment le climat et la nationalité.
Murchison, exerçant en Angleterre, disait qu'on en doit donner très rarement plus de 240 grammes en 24 heures et dans des castrés exceptionnels 300 gr.
G. de Mussy estime qu'en France 120 à 200 grammes d'eau-de-vie seraient une dose énergique, et qu'il convient souvent d'en donner moins.
De même que l'alcool est mieux supporté dans les climats froids, on. peut en user plus largement dans les saisons froides.
Un danger dans la médication alcoolique est d'y accoutumer le malade ; on a vu des malades, même des femmes et des enfants, qui, avant une fièvre typhoïde, avaient de la répugnance pour l'alcool, en contracter le goût et presque le besoin parce qu'on