TRAITEMENT DES FORMES ADYNAMIQUES
continué contribue, j'en siiis convaincu, à engendrer, conjointement avec lés hautes doses d'alcool, une gastrite, ou tout au moins des troubles dyspeptiques qui tourmentent le malade longtemps après la guérison de sa fièvre typhoïde.
L'existence d'une adynamie profonde doit faire prescrire \me alimentation aussi suistantielle que le I permettent les forces digestives.
.^Au bouillon, aux gelées de viande, aux laits de 1 poule additionnés de cognac, de kirsch ou de rhum, I on ajoutera du jus de viande, des potages. G. de !Mussy recommandait l'arrow-root au vin de Madère, (dont voici la recette : on délaie une cuillerée d'arirow-root dans un peu d'eau froide et on le faitchauf- Ifer comme on fait pour convertir l'amidon en > empois; on obtient ainsi une sorte de gelée, plus ou imoins ûuide, suivant la quantité d'eau employée, et lon y ajoute du vin de Madère.
On insistera sur le café noir, dans lequel on pourra Ibattre un ou deux œufs.
Parmi les médicaments qu'on a proposé d'emfployer dans l'état adynaniique, nous conseillons Wéiher, le camphre et la caféine en injections sousicutanées, en ayant soin d'enfoncer profondément U'aiguille de la seringue de Pravaz au-dessous du ilderme, dans des régions comme la fossette rétroicbantérienne, la fesse, la région lombaire.
..Mais le moyen le plus efficace de combattre les accidents adynamiques est certainement l'usage des l'oratiques hydrothérapiques, qu'il faut savoir approprier iii chaque cas particulier.
Si l'adynamie s'accompagne d'un grand affaiblis- >6ement du cœur, le bain tiède ou frais à tempéra- Iture décroissante, et dans l'intervalle des bains, des
HYDROTHÉRAPIE CONTRE L'aDYNAMIE
frictions énergiques sur les membres et le tronc avec de l'alcool aromatisé doivent être employées.
Quand la stupeur est plus profonde, il faut demander à l'hydrothérapie surtout l'action stimulante, le demi-bain tiède avec affusions courtes très froides et frictions énergiques sur les membres.
Si le coma est complet, le bain froid très court, l'affusion froide très. courte, le demi-bain tiède avec affusion de quelques minutes seulement, et mieux encore peut-être l'enveloppement dans le drap mouillé avec frictions énergiques sont conseillés par Tripier et Bouveret, et nous nous y rallions.
Quant le cœur est très affaibli, il est utile de pratiquer une injection sous-cutanée d'éther ou de caféine un quart d'heure avant de soumettre le malade au bain où à l'affusion, pour écarter le danger de la syncope ou du collapsus.
C'est dans les formes adynamiques que le malade est particulièrement exposé aux complications du décubitus (gangrène, eschare); il faut, pour les prévenir, redoubler de soins hygiéniques et exercer chaque jour la surveillance la plus minutieuse sur tous les points du corps.
Forme ataxiqnc.
Nous avons dit, à propos des indications thérapeutiques particulières au sexe féminin, qu'il fallait se garder de confondre avec l'ataxie véritable certains troubles nerveux violents, 2mudo-alrxiqi(e>< qu'on peut observer au début de la maladie chez les hystériques (délire loquace, mouvements désordonnés, quelquefois convulsions). Leur caractère principal est de ne point s'accompagner d'une élévation
PSEUDO-ATAXIE Eï ATAXIE VRAIE 217
persistante de la température. Au contraire, Vataxie avec son cortège de délire actif, de soubresauts des tendons, de convulsions épileptiformes alternant avec des syncopes, coïncide toujours avec l'iivperpyrexie. -
On peut observer deux formes d'ataxie vraie, lune presque foudroyante, qui peut tuer le malade en 48 heures; 1 autre à marche plus lente, et dans laquelle la malignité va en s'accentuant progressivement.
On conseillait autrefois d'opposer à ces formes les médicaments anti-spasmodiques : le musc, le camphre, la valériane, l'assa-fœtida. De nos jours la plupart des médecins les combattent par les bromures et le chloral. Nous croyons que leur gravité extrême ne permet pas d'attendre l'action toujours lente et douteuse de ces médicaments, maintenant que nous connaissons l'effet si puissant et parfois si rapide de l'hydrothérapie.
Dans ces formes on devra donc toujours, sous - peine d'encourir une grave responsabilité, employer • successivement les moyens htjdrothérapiques que nous ' avons décrits dans le chapitre IV pages 133 et seq et dont nous ne reproduisons pas ici la technique, nous contentant de les énumérer dans l'ordre où nous les employons en pareil cas : bains tièdes (méthode Bouchard) ou plus rapidement refroidis ; — bains ' frais, alternant avec l'enveloppement dans le drap 'mouillé ; — bains froids de Brand.
Dans l'intervalle des bains, une vessie de glace est appliquée en permanence sur le crâne.
Si le DÉLIRE ne cède pas ou reparaît promptement nous adjoignons, avec discrétion, certains médicaments, dont le premier est Vopium sous la forme d'extrait thébaïque ou de teinture, l'élixir parégo-
FIÈVRE TYPHOÏDE ^-j
218 BAINS FROIDS DANS LATAXIE AVKC DÉLIRE
rique Les bromures et le chloral nous paraissent dangereux, pour peu que le cœur fonctionne mal; toutefois on peut passagèrement les associer a 1 opium II importe de veiller à ce que l'opium ne produise ni la constipation ni la suppression des urmes, en donnant l'eau purgative, des lavements multiplies et des boissons abondantes.
Nous proscrivons d'une façon absolue l'application de vésicaloires sur le cuir chevelu, et nous croyons fort dangereuses les sangsues à la mastoïde ; car il . est arrivé plus d'une fois qu'après une émission sanguine, que paraissait légitimer l'état congestif du cerveau, l'agitation et le délire actif ont brusquement fait place au coma mortel.
Brand, frappé avec raison de la coïncidence cons- • tante de l'hyperthermie et de ces graves desordres nerleil, s'eltVéoccupé surtout d'abaisser le plus tôt possible la température ; il recommande 1 affu ion sur la tête pendant le bain avec de 1 eau très froide de prolonger l'immersion jusqu'à ce que la rougeur et la chaleur du visage aient disparu l'apphcation ur la tête, dansl'intervalle des bains, des compresse froides fréquemment renouvelées ou de vessies de
Dans les formes ataxiques précoces il conseiUeles bains à 150, prolongés pendant 15 et 20 minutes
Dans cesconditions, disent Tripier et Bouveret, on aur^iftort de craindre que, -us rinAuence de a réfrigération, une dépression profonde ne succède a ScUation'des centres nerveux^ Le pat-^^^^^^^^^ Pn Droie à un délire furieux, doit être solidement lilTu dans la baignoire et, -Igré son e^-^ agitation il faut continuer l'immersion pendant le temps nécessaire pour obtenirun abaissement ther-
BAINS TIÈDES DANS L'aïAXIE AVEC CONVULSIONS 219
mique moyen de 0,8 à 1". Il faut aussi protéger le malade contre sa propre violence et éviter que, dans le bam, il ne se heurte trop souvent contre les parois delà baignoire.
La lutte contre ces violents délires peutdurer plusieurs jours ; il faut la poursuivre avec la dernière énergie, avec la conviction qu'on tient entre ses mains la vie du patient, et sans trop d'égards d'ailleurs pour les sensations pénibles eue l'entourage est trop disposé à supposer chez lui'; car le malade est en pareil cas inconscient : une malade de M Glénard, qui pourtant guérit, ne s'aperçut qu'au trentedeuxième bain qu'elle était traitée par les bains froids.
Si, au lieu du délire, ce sont des phénomènes convuLSiFS qui prédominent, mieux vaut employer, au " lieu du bain froid, le grand bain tiède avec affusions.
C'est encore le bain moins froid, avec afifusion ■ lente et modérée, en évitant l'impression subite de l'eau froide, que Brand préfère dans les cas oii le délire et l'ataxie durent depuis longtemps déjà, ou n'apparaissent qu'à une période avancée de la fièvre.
Forme hémorrhagîque.
En dehors des hemorrhagies qui se montrent si fréquemment dans la fièvre typhoïde comme conséquence de la tendance aux manifestations congéstives (épistaxis, métrorrhagies, certaines hémorrha- :gies intestinales précoces) et de celles qui tiennent à i l'ulcération accidentelle d'un vaisseau important, (Comme l'hémorrhagiequi peut accompagner la chute (des eschares intestinales, il existe, dans certains icas graves à prédominance adynamique, une dispo-
FORMK llÉMOHimAGIOLE
sition hémorrhagique générale, liée à une altération grave du sang et des vaisseaux, en même temps qu'à une dépression profonde du système nerveux. Ces cas répondent aux formes putrides des anciens. Alors on voit des épistaxis profuses et réitérées, des hémorrhagies par la muqueuse buccale et du côté de la peau sous forme de purpura, d'ecchymoses pétéchiales ; des hémorrhagies dans l'épaisseur des masses musculaires, plus rarement dans les cavités séreuses ; des hémoptysies, des apoplexies pulmonaires, des hématuries.
Ces formes sont-elles justiciables d'une thérapeutique particulière, en dehors du traitement de toute forme adynamique?
On a conseillé les acides minéraux (acide sulfurique, eau de Rabel) et végétaux (en particulier le suc de citron), le perchlorure de fer, l'acide tannique, l'ergot de seigle. Tous ces médicaments peuvent
être essayés.
Les partisans de la médication réfrigérante estiment qu'elle est plus puissante contre ces accidents hémorrhagiques que tout médicament, parce qu'elle relève l'énergie du cœur et la tonicité des vaisseaux.
On devra se préoccuper pour certaines de ces hémorrhagies de la nécessité d'un traitement spécial On opposera aux épistaxis profuses, le tamponnement des fosses nasales, avec des tampons de coton boriqué, imbibés d'une solution d'antipyrme concentrée; - aux entérorrhagies, les lavements d'eau glacée , la vessie de glace sur le ventre ; aux hématuries, le régime lacté et la térébenthine.
Les injections sous-cutanées d'ergotine, des inhalations d'oxygène peuvent être utilisées.