VOMISSEMENTS
Mussy), des sinapismes ou de l'étoupe imbibée de térébenthine (Murchison), des compresses imprégnées de chloroforpie.
Pour prévenir l'inanition et la diminution des urines, on n'aura d'autres ressources que les lavements réitérés d'eau et les lavements alimentaires (peptones, jaunes d'œufs et lait).
D'autres causes de vomissement existent dans la fièvre typhoïde (méningite, péritonite, abus de médicaments irritants, irritation des pneumo-gastriques par adénopathie trachéo-bronchique). Ils n'ont aucun rapport avec la forme gastrique et nous renvoyons pour leur traitement aux complications, page 306.
Forme abdominale.
C'est la forme commune, avec accentuation des troubles intestinaux (diarrhée profuse, météorisme très accusé, coliques). Il n'y a pas lieu de modifier sensiblement le schéma du traitement formulé pages 178 et seq.
On opposera à la diarrhée excessive des doses plus élevées de bismuth, auquel on associera la craie préparée et l'opium.
On maintiendra en permanence sur l'abdomen les compresses froides recouvertes de tafietas gommé.
Pour le météorisme, la poudre de charbon par la bouche ou en lavement; les boissons stimulantes avec infusion d'anis, de menthe; l'eau chloroformée, les lavements froids d'infusion de camomille naphtolée ou boriquée. (V. page 186.)
TRAITKMENT DES FOllMES
Forme cardiaque.
La forme cardiaque est une des plus graves, quand les désordres fonctionnels du cœur reconnaissent pour cause une lésion anatomique, soit ancienne [propathie valvulaire rhumatismale ou congénitale, adhérences 2^èricardiques anciennes), soit récente [myocardite due à la localisation précoce sur le muscle cardiaque qui entre en dégénérescence rapide.)
V endocardite et pèricardite peuvent être englobées dans les autres facteurs de la forme cardiaque.
Le danger est moindre quand les troubles cardiaques traduisent seulement la perturbation fonctionnelle des centres nerveux et des nerfs du cœur.
Mais il est bien difficile de dififérencier cliniquement ces deux ordres de faits, comme le prouve une discussion récente à la Société des Hôpitaux.
Les symptômes dont la réunion constitue le tableau clinique complet de la forme cardiaque sont : l'accélération permanente et la petitesse du pouls, l'affaiblissement du premier bruit cardiaque k la base, puis l'irrégularité et les intermittences du pouls, son instabilité (par suite de laquelle le seul fait d'asseoir le malade précipite immédiatement le pouls en le rendant petit et incomptable), puis l'égalisation de la durée des deux silences (rythme fœtal, embryocardie), plus tard encore disparition complète du premier bruit cardiaque à la base; et, parallèlement à ces signes locaux, les syncopes, les lipothymies, la pâleur du visage avec cyanose des lèvres et des extrémités, qui sont refroidies et quelquefois œdématiées.
Chez les typhiques qui ont succombé après avoir
présenté tous ces symptômes, ou la plupart d'entre eux, on trouve d'ordinaire, comme l'a montré M. Hayem depuis longtemps, de profondes lésions du myocarde ; mais quelques-uns ne les présentent pas, et d'autre part, on en voit guérir qui ont présenté la plupart de ces symptômes et qui n'auraient vraisemblablement pas guéri si leur myocarde avait été vraiment dégénéré. « Combien de fois ne voit-on pas au cours d'une fièvre typhoïde, a dit M. Rendu dans la discussion récente à laquelle nous avons fait allusion, la tachycardie, l'affaiblissement du pouls et de la tension artérielle, l'arythmie survenir chez des sujets qui, quelques jours après, entrant en convalescence, récupèrent très rapidement l'énergie de leurs contractions ventriculaires, et dont le cœur se remet à fonctionner sans aucune défaillance ! Il me paraît probable que dans ces cas l'affaiblissement de l'influx nerveux et la paralysie du pneumo-gastrique interviennent au moins autant que les altérations de structure de la fibre musculaire et que l'on n'est pas fondé à diagnostiquer la myocardite, dès que survient le collapsus cardiaque. » En présence des réserves faites par un clinicien de cette valeur, il est donc toujours permis d'espérer, quand on constate chez un typhique le syndrome de la forme cardiaque, qu'on n'a pas affaire aux lésions de la myocardite diffuse contre laquelle nous ne pourrions pas grand'chose, mais à des désordres fonctionnels de l'innervation cardiaque, qui peuvent être influencés par les moyens dont nous disposons.
La conclusion pratique de cette notion est qu'il faut, dès le début de la fièvre typhoïde, exercer une surveillance attentive sur la circulation, noter la fréquence et les caractères du pouls aussi soigneuse-^
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ment, que la température, ausculter le cœur au moins une fois par jour, et, dès que l'on relève «les signes d'allaiblissement et d'aryllimie cardiaque, commencer à combattre cette complication.
Cette conduite est encore plus urgente quand le typhique lîommence sa maladie avec un cœur déjà aflaibli par une lésion antérieure constatable, ou même quand il est suspect d'en porter de latentes, comme les surmenés et les alcooliques.
Les partisans de la réfrigération systématique pensent que, commencée dès le début et poursuivie avec rigueur, cette médication a les plus grandes chances d'éviter les altérations du myocarde et de soutenir l'innervation cardiaque. Leur confiance n'est pas moins grande dans les bains froids pour combattre le syndrome du collapsus cardiaque quand il est réalisé. Si donc on a résolu d'appliquer exactement la méthode de Brand, on ne se laissera pas influencer par l'apparition de la tachycardie, de l'arythmie, des intermittences, pas plus que par la disparition du premier bruit cardiaque et l'embryocardie. On insistera « sur l'application régulière cl rigoureuse de la méthode de. Brand, qui constitue l'un des plus sûrs moyens de relever la tonicité, des vaisseaux » (A. Siredey).
Ou même on choisira la réfrigération la plus intensive, en portant le nombre des bains froids à 10 par vingt-quatre heures et en les donnant à 16° (Chauffard).
Je reconnais qu'on voit des typhiques en proie au syndrome cardiaque le plus inquiétant guérir par cette thérapeutique. 11 est vrai que la plupart du temps la balnéation est accompagnée d'une médication stimulante par l'alcool, la caféine, la spartéine.
la digitale ou l'orgotine. Dans le cas de M. ChaufTard cité plus haut, on pratiquait avant les bains des injections sous-cutanées de spartéine ou d'ergotine, « de façon à mettre le cœur en état de résister au choc balnéaire », dit notre collègue. Le malade de M. Siredey, auquel il est fait allusion également, avait eu de nombreuses injections d'élher et de caféine, des infusions de digitale, etc., etc.
Ce qui me préoccupe, c'est la ^luestion de savoir comment certains cœurs de typhiques s'accommodent du « choc balnéaire », pour reprendre l'expression même de M. Chauffard. J'ai vu, à ce qu'il me semble, les accidents cardiaques survenir plus souvent chez les malades soumis au bain froid dès le début que chez ceux qui sont traités par les bains tièdes, surtout quand ces malades supportent péniblement les bains et entrent en révolte chaque fois qu'on les y plonge. Le retentissement sur le cœur me paraît un des dangers de la méthode rigoureuse de Brand chez les malades névropathes et impressionnables, adolescents débiles et jeunes femmes, cérébraux^ surmenés moralement et physiquement,, comme aussi chez les sujets atteints d'une méiopragie ou d'une propathie cardiaque. Pour ceux-là, je ne puis me résoudre à conseiller les bains froids d'emblée, surtout fréquents ; car, lorsque je les- ai' employés, je n'ai pas eu à m'en louer.
Quand on est en présence d'accidents une fois réalisés, s'il faut employer le froid, je préfère l'enveloppement dans le drap moitiUé^' qui n'oblige pas à im-' primer au malade des secousses et des changementsde position brusques, à l'occasion desquels peut' survenir une syncope mortelle.
Quand on note les premiers troubles cardiaques,
le plus prudent me semble de commencer à pratiliquer, alternativemenl et plus ou moins fréquemment, des injections hypodermiques 1" De caféine :
aa 3 gr.
Caféine }
Benzoate de soud» j
Eau 10 grammes.
Chaque injection contient 0 gr. 30 cent, de caféine (4 à 8 par 24 heures).
2° De spartéine :
Sulfate neutre de spartéine 0,51 centigr.
Eau bouillie 10 grammes.
2 à 3 seringues de Pravaz par 24 heures. 3° D'huile camphrée :
Camphre • . 1 gr.
Huile d'olives stérilisée 10 —
3 à 6 injections par jour.
4" D'éther sulfurique.
5° D'ergotine, que M. Démange a utilisée avec le plus grand succès (1).
Lorsque les accidents s'aggravent, s'il existe surtout des signesdepéricardite ou une tachycardie persistante, on appliquera en permanence une vessie de glace sicr la région cardiaque.
On fera de fréquentes frictions avec l'alcool sur les membres.
Plus s'accentuent les signes de faiblesse cardiaque, plus on doit donner libéralement les boissons alcooliques et stimulantes, en les variant : le Champagne, le thé au rhum, le punch, le vin chaud à la cannelle.
(1) Revue de médecine, 1885.