‹ Thérapeutique de la Maladie de Basedow: Indications et Résultats du Traitement ChirurgicalChapitre 19 sur 91 · LENORMANT · texte numérisé non relu

LENORMANT

C’est là en effet un élément capital et il est bien difficile d'y répondre : que rien ne soit variable comme l’évolution de la Maladie de Basedow, c’est là une vérité évidente et bien connue. :

Certaines formes, véritablement suraiguës, en quelques semaines ou en quelques mois aboutissent à un élat immédiatement alarmant. D’autres ont une évolution qui se compte par années. Des guérisons durables, définitives, peuvent survenir. Plus souvent la marche de la maladie est entrecoupée de rémissions, de régressions, périodes où la maladie semble s'être éteinte d’eile- même, mais qui, à la moindre infection intercurrente, à l’occasion d’une fatigue, d’une émotion, d’une

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grossesse, se réveille avec tous ses troubles, toute sa gravité. Veut-on pénétrer plus avant dans le détail de cette évolution ? Toutes les questions demeurent sans réponse. Il semble que la destinée des basedowiens demeure voilée de mystère, et si lon s'adresse aux méde cins les plus qualifiés par leur expérience, si l’on se tourne vers les travaux publiés, on ne trouve plus que des impressions, des suppositions. Cent travaux émanés de chirurgiens nous renseignent sur les suites immédiates ou éloignées de leurs opérations, dix médecins à peine nous donnent le résumé de leur expérience : M. Lecène nous a dit n’avoir jamais vu mourir de basedowiens du fait de l’évolution de leur maladie, et nous a cité par contre quatre cas qu’il a observés dans une même famille, étagés sur {rois générations, qui après avoir présenté les accidents les plus sérieux d’un goitre exophtalmique typique et grave se sont complètement rélablis, deux d’entre eux ayant pu atteindre un âge avancé. Personnellement nous avons été à même de suivre deux malades ayant présenté après une grossesse une Maladie de Basedow d’allure inquiétante et qui actuellement demeurent, sinon guéries, du moins avec un minimum de troubles leur permettant une vie assez active depuis quatre el cinq ans.

Des statistiques très anciennes accusent une mortalité effrayante : Charcot 25 % de morts après le seul traitement médical, c’est le chiffre également admis par Williamson et Stern. Birschan se basant sur 900 cas épars l’évalue à 12 %. Cheadle et Thompson ne comptent que 10 %.

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Ces chiffres apparaissent comme véritabiement énormes. M. Lenormant les discute : les cas graves sont volontiers publiés, bien des auteurs, au lieu de leur statistique intégrale, ne publient que quelques cas, et aussi, il faut le reconnaître, ces malades, instables, assoiffés de thérapeutiques nouvelles, cherchant sans cesse des médecins nouveaux, rendent difficile l’observation prolongée d’une affection qui évolue souvent en plusieurs années el dont le cours est semé d’accalmies et de rechutes.

Plus récemment certains auleurs ont publié leur statistique personnelle, fruit d’une observation suivie : Ord et Mackenzie soignent eux-mêmes 56 malades, ils ont 10 guérisons complètes, 24 améliorations, 4 états stalionnaires, 14 morts.

Muray a 7 morts à déplorer sur 40 cas.

Vetlesen sur 34 cas suivis constate 7 guérisons, 7 morts, 20 améliorations.

En 1909, Frankl-Hochwart donne les résultats éloignés de 60 cas personnels: 25 fois il s'agissait de Maladie de Basedow fruste et l’état de ces malades ne s’est modifié ni en bien ni en mal. Les 35 autres cas concernaient des Maladies de Basedow confirmées, ils ont donné 9 guérisons, 11 étals stationnaires, 19 morts.

Lichly ne compte que 3 morts sur 74 cas personnels.

Mac Carrisson estime(sans donner sa stalistique) que la guérison complète, permettant une vie normale, est obtenue par le traitement médical dans 50 % des cas, les améliorations ou le passage à la chronicité 38 %, la mort survient dans 11,8 % entre 6 mois et 6 ans,

ÉD res dans la moitié des cas mortels, l’évolution ne dépasse pas 18 mois.

Ces chiffres sont peu encourageants, mais ils sont antérieurs à l’apparition des médications récentes et sont peu explicites sur les causes qui ont amené la mort de ces malades. |

Les unes semblent être l’aboutissant d’une évolution progressive, ce sont les moins bien connues : il est classique de décrire une cachexie basedowienne avec amaigrissement effrayant, œdèmes, albuminurie, atrophie musculaire, vomissements, diarrhée, bypertrophie du foie et ictère. C’est là un tableau rarement observé.

Plus fréquentes sont les causes cardiaques : la déchéance progressive du myocarde conduit à un état d'insuffisance cardiaque totale, mais celte asystolie est assez longtemps sensible aux médications et ne devient irréductible qu'après des rémissions assez prolongées. Oddo distingue dans cette asystolie une forme purement thyroïdienne, tachycardique plus qu’arythmique, survenant au maximum de laffolement cardiaque, et une forme mixte cardiaque et thyroïdienne qui masque souvent la dysthyroïdie : le malade restera cardiaque et mourra cardiaque.

Le diabète vient assez fréquemment s'associer à la Maladie de Basedow, il peut entraîner la mort si les médications (insuline et iode) ne le stabilisent pas.

Plus souvent on note dans les protocoles d’autopsie des basedowiens des lésions de tuberculose pulmonaire ou intestinale ayant entraîné la mort en quelques mois. Deux de nos malades ont succombé à des lésions pulmo-

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naires en quelques mois, une autre présente des lésions rénales. C’est évidemment là une cause secondaire dont l’éclosion est peut-être favorisée par l’intoxication basedowienne. Très fréquente autrefois chez les malades hospitalisés pendant des mois ou des années, elle n’est pas seulement la raison d’une contagion accidentelle et les opérés de M. Lecène sont morts chez eux, semblant presqué guéris de leur goitre exophtalmique. Il faut noter cependant que Sophie Grüner n’a pas constaté l’association, fréquente d’après les classiques, de tuberculose grave et de Malädie de Basedow, d’après elle Phyperthyroïdie s’accompagnerait dans la règle de formes bénignes. LR

Plus souvent rapportés sontles dramatiques accidents de la mort subite ou de la mort rapide : la tachycardie basedowienne normotrope et sinusale peut se compliquer de crises de tachycardie paroxystique hétérotrope, tachyextrasysiolie, tachysystolie auriculaire ou tachyarythmie complète (Lian, Wiilins TM Clércus à 10) et la mort subite peut survenir au paroxysme de l’hyperthyroïdie (comme dans la chloroformisation) par propagation de la fibrillation auriculaire au ventricule. Enfin au cours de l'insuffisance ventriculaire gauche, les lésions du myocarde, altérations dégénératives, infiltrations hémorragiques retrouvées 15 fois sur 18 à lPautopsie des basedowiens par Fahr et Kubhle, peuvent amener des accès d'asthme cardiaque ou d’œdème aigu du poumon. Toutes ces lésions ont pu être réalisées par hyperthyroïdisation artificielle chez Panimal par Has-

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