NOS OBSERVATIONS
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Les observations qui servent de base à ce travail appartiennent à notre maître le professeur Lecène : dans chacune, le diagnostic fut affirmé de manière certaine, dans chacune le traitement opératoire fut suivi d’un contrôle histologique soigné, enfin, nous avons pu retrouver presque tous les malades et les examiner personnellement.. Une dernière observation nous a été fournie par notre maître Sénèque, que nous assurons encore de notre affectueuse reconnaissance.
Observation Il
Résumé. — Maladie de Basedow : hémithyroïdectomie gauche en 1920. Amélioration. Décès 18 mois après par tuberculose pulmonaire.
Il s'agit d'un homme robuste Aub... (Joseph), 37 ans, employé des postes, qui, en 1916, présente brusquement et sans cause apparente, un amaigrissement considérable : 30 kg. en quelques mois. En même temps, il se plaint de palpitations cardiaques et de troubles digestifs : vomissements et diarrhée {10 à 15 selles par jour).
Traité alors pour une lésion cardiaque, il voit en décembre 1916, se compléter le tableau de la Maladie de Basedow:
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on reconnaît à l'hôpital Saint-Louis, l'existence d’un goitre, d'une légère exophtalmie et de tremblement. Mais l'évoiution aiguë de la maladie semble se calmer : il engaisse, ses forces reviennent et il peut reprendre son service.
En novembre 1919, il ressent brusquement une impression de brouillard devant les yeux et devient incapable du plus petit effort musculaire,tel que le simple geste de serrer les mächoires. Il est soigné à la Salpêtrière pour cette myasthénie, et il subit 12 séances de radiothérapie sur son Corps thyroïde.
Il entre le 2 juin 1920 à Saint-Louis dans le service de M. Lecène, n'ayant retiré aucune amélioration de ces traitements. 5
A l'examen, la glande thyroïde est nettement augmentée de volume, sa consistance est molle, battante,mais régulière, on ne perçoit pas de noyau. L’exophtalmie est légère et s’accompagne de strabisme divergent. Le pouls bat à 80, mais lors des crises, son rythme s'accélère, il atteint 110-120. Les mains sont animées de tremblement. Les fonctions digestives sont relativement bonnes, mais le malade prostré et irritable à la fois s'alimente mal. Pas de lésions pulmonaire ni laryngée. Le Wassermann pratiqué à trois reprises, a toujours été négatif.
Opération. — Le 4 juin 1920, sous-anesthésie générale au chloroforme, par M. Lecène.
Incision en cravate.
Ligature des deux artères thyroïdiennes gauches (côté où où le corps tyroïde estun peu plus volumineux.
Hémithyroïdectomie gauche sous-capsulaire, difficile car le corps thyroïde se laisse mal cliver (radiothérapie préalable ?)
Hémostase soigneuse.
Suture cutanée très partielle des 3/4 de l’incision avec tamponnement par uue mèche-cellophane.
Anatomie pathologique. — Le lobe enlevé a un aspect grenü et semi-solide, il semble ramolli en son centre.
Histologiquement, c’est l'aspect typique de la maladie de Basedow : lésion difluses avec lobulation, hyperplasie épithéliale considérable, cellules très hautes, colloïde pâle, amas lymphoïdes.
Suites opératoires. — L'opération est très bien supportée, pas de choc, la température ne dépasse pas 38,2.
Le malade sort de l'hôpital le 15 juin : la cicatrisation est parfaite, le pouls est à 90, les fonctions digestives se sont régularisées, l'agitation psychique est moindre, l’exophtalmie n'a pas diminué.
Il succombe le 21 décembre 1921, 18 mois environ après l'opération, avec les symptômes d'une tuberculose pulmonaire de marche rapide, sans avoir vu récidiver son goitre exophtalmique.
Observation Ill
Résumé. — Maladie de Basedow. Thyroïdectomie subtotale en 1924. Revue en 1929 avec un résultat qu'on peut considérer comme très bon.
Mme Louise Cug..., 30 ans, entre le 20 mars 1924 à l'Hôpital Saint-Louis dans le service de M. le Pr Lecène, pour un goitre qui s'accompagne de tremblement, de palpitations cardiaques, de troubles digestifs et respiratoires et qui retentit sur l'humeur de la malade.
Depuis l'âge de 44 ans, elle a le cou gros et tremble facilement. Mais depuis 1922, c'est-à-dire depuis 2 ans, elle souffre par crises, surtout au moment des règles, d'accès d'oppression, avec battements cardiaques violents et gêne de la déglutition. À ce moment son entourage remarque que son cou augmente de volume. Depuis 2 mois, elle a maigri de 3 kg. et presque chaque nuit, présente 2 ou 3 vomissements
SYLYAIN BLONDIN D
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bilieux très amers. Son humeur est instable, la moindre contrariété provoque une violente colère ; le tremblement s'exagère et elle a dû interrompre son métier de miroitière.
A l'examen, le corps thyroïde est augmenté de volume, sa consistance est ferme, il présente des pulsations évidentes, les jugulaires sont distendues, les artères fortement battantes font saillie dans le creux sus-sternal et dans la fosse sus-claviculaire. L'auscultation du cœur ne révèle pas de souffle, mais le pouls est instable, montant au cours de l’examen, de 80 à 120 pulsations par minute. L'exophtalmie est légère. Les règles sont peu abondantes mais d'apparition bien rythmée : le toucher vaginal montre l'existence d'une salpingite gauche légère.
Il s'agit bien d'une Maladie de Basedow qui évolue rapidement depuis quelques mois.
Opération. — Le 28 mars 1924 sous chloroforme par le Pr Lecène.
Incision en cravate.
Thyroïdectomie partielle comprenant l'isthme et la plus grande partie de chaque lobe latéral, il s’agit d'une thyroïdectomie subtotale.
Hémostase progressive.
Suture de 2 moignons thyroïdiens restants.
Sutures musculaires et cutanée avec un petit drain.
Anatomie pathologique. — L'aspect de la partie du corps thyroïde enlevée est grenu et jaunâtre, nullement colloïde ni kystique.
Histologiquement, les lésions de la Maladie de Basedow se retrouve au complet. On note simplement une hyperplasie épithéliale très intense, diffuse sur tout le parenchyme thyroïdien réséqué.
Suites opératoires. — Réaction fébrile qui atteint 39 le soir de l'intervention, sans agitation ni troubles respiratoires. La défervescence en lysis est complète au bout de 2 jours. La malade quitte l'hôpital le dixième jour.
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Revue le 2 juillet 1929, elle se trouve très bien depuis l'opération et ne suit pratiquement aucun traitement. Elle a repris son métier. Elle a engraissé de 5 kg. (de 49 à 54 kg.). Le pouls est régulier (76-80). Elle ne présente ni lésion cardiaque ni pulmonaire. Le tremblement a beaucoup diminué. Le regard est fixe mais l’exophtalmie très légère. Le cou est encore gros, surtout au moment des règles qui sont de rythme et d’abondance normale. Les fonctions digestives se font de manière satisfaisante.
La guérison serait complète s’il ne persistait un état d'impatience et d'agitation excessif.
Observation IV
RésuMÉ. — Goitre exophtalmique. Thyroïdectomie subtotale en octobre 192%, suivie de radiothérapie. Revue 4 ans et 10 mois après ; bon résultat subjectif.
Mme Germaine Fai…., ?2 ans, entre le 9 octobre 1924 à l'Hôpital Saint-Louis dans le service de M. Lecène, avec le diagnostic de Maladie de Basedow.
Née à Paris, elle dit avoir toujours eu le cou un peu gros, mais depuis 10 mois, à la suite d’une grippe, elle a constaté une brusque augmentation du volume de sa glande thyroïde s'accompagnant de divers troubles : exophtalmie légère, palpitations cardiaques, enrouement progressif sans accès de toux. Des troubles digestifs, une véritable boulimie, une diarrhée persistante. De la polyurie avec pollakiurie. Son humeur s’est modifiée : elle est agitée, dert mal, se met facilement en colère. L'amaigrissement est considérable, il atteint 12 kg. : depuis 2 mois les règles sont suspendues. La malade a accouché il y a 16 mois, en avril 1923 : ni sa grossesse, ni son accouchement n'avaient occasionné de troubles.
Un traitement prolongé à l'hémato-éthyroïdine, 7 séances
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de radiothérapie pratiquées en juillet 1924 n’ont amené aucune amélioration.
L'examen confirme la nature de l'affection.
Le corps thyroïde est gros, tuméfié, surtout dans son lobe droit, sa consistance est régulière ferme et élastique, il n’est pas animé de battements.
L'exophtalmie est légère, maisle regard est anormalement brillant, la paupière supérieure est fortement pigmentée et il est facile de mettre en évidence l’asynergie oculo-palpébrale.
Les mains et les pieds sont animés d’un tremblement fin et rapide.
Le pouls bat constamment aux environs de 140 par minute ; lauscultation du cœur révèle l'existence d'un souffle extra cardiaque.
Les poumons semblent indemnes.
Opération. — Le 13 octobre 1924, sous chloroforme, par le PoLecène:
Incision en cravate.
Résection de l’isthme et de chaque lobe de telle sorte qu'un fragment de la dimension d’une grosse prune soit enlevé de chaque côté.
Hémostase double : capsulaire corticale, puis centrale, très complète. |
Suture des tranches du parenchyme thyroïdien.
Sutures musculaires.
On réunit la peau sur une mèche-cellophane.
Anatomie pathologique. — A l’œil nu : Aspect typique du corps thyroïde de la Maladie de Basedow. Le goitre a l’aspect d’une glande salivaire, il est adhérent etse laisse mal cliver (radiothérapie antérieure ?)
Au microscope : l’hyperplasie des cellules glandulaires frappe tout d’abord : elle est considérable et diffuse. Les cellules sont hautes et régulières. La colloïde est peu importante, inégale, très claire. Le conjonctif est très grêle. On observe