‹ Thérapeutique de la Maladie de Basedow: Indications et Résultats du Traitement ChirurgicalChapitre 23 sur 91 · GO · texte numérisé non relu

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beaucoup d'amas lymphoïdes avec centre clair, et des amas éosinophiles.

Suites opératoires. — Elles furent très simples et la malade sort cicatrisée 10 jours après l’opération.

Pendant l’année 1995, la malade se trouve bien : elle engraisse de quelques kilogrammes, les règles reparaissent en décembre 1925 et sont depuis régulières. L'exophtalmie semble diminuer.

Mais il persiste la tachycardie à 110-120, l’enrouement, la diarrhée, les sueurs, le tremblement, l'instabilité du caractère. Elle ne suit aucun traitement pendant cette année.

En octobre 1925, elle revient consulter M. Lecène. L'amé- Hioration subjective ne persiste pas : elle maigrit de 4 kg., la diarrhée et les sueurs s'exagèrent, son état mental empire. Sur les conseils de M. Lecène, on pratique 10 séances de radiothérapie qui produisent en 6 mois une amélioration nette et persistante.

Revue le 7 juillet 1929, Mme F.. est enchantée de son état : elle a pu reprendre son travail et se dit guérie. Elle a engraissé de 16 kg., ne tremble plus, les fonctions digestives sont normales.

Sans doute il persiste une surémotivité très nette, c’est

une femme volubile, agitée ; l'exophtalmie n’a pas diminué ; Ne pouls s’est ralenti, 76-80 au repos, mais après quelques minutes d'examen, il monte à 100. La malade n'est d'ailleurs pas incommodée de cette tachycardie.

Observation V

Résumé. — Maladie de Basedow très grave. Thyroïdectomie subtotale en 1924. Mort 24 heures après avec hyperthermie et agitation.

Mme Elise Vi... 38 ans, atteinte de maladie de Basedow, entre le 17 décembre 1924 à Saint-Louis dans le service de M. Lecène.

Depuis le mois d'octobre 1923, elle a remarqué que son

cou augmentait de volume, mais c'est surtout depuis le mois | de juillet 1924 que l'accroissement est marqué et rapide. En même temps elle se plaint d'une légère gène à la déglutition, de palpitations cardiaques avec sensation d'affolement du cœur.

Elle a constaté aussi un léger tremblement, des sueurs avec sensation de chaleur, un amaigrissement de 2 kg. depuis 4 mois. Son humeur est devenue très irritable. Elle n'a suivi aucun traitement.

A son entrée dans le service :

Le corps thyroïde est augmenté de volume dans son ensemble, de consistance uniforme, molle et élastique.

Peu d’exophtalmie mais fixité et éclat brillant du regard.

Tremblement menu, rapide, généralisé.

Le pouls bat constamment à 128, mais à plusieurs reprises, on a pu constater des crises de grande tachycardie (160-180).

A l’auscultation du cœur : éréthisme cardiaque, souffle systolique en dedans de la pointe, presque sur le bord gauche du sternum,ne sc propageant pas. M. Aubertinle considère comme un souffle extracardiaque. Un électro-cardiogramme ne montre pas de troubles profonds de la contraction cardiaque, il s’agit d'une tachycardie basedowienne non compliquée.

La malade reçoit avant l'opération 50 gouttes de digitaline en 5 jours, l'éréthisme cardiaque diminue, le souffle persiste.

Opération. — Le 24 décembre 192%, sous-anesthésie générale au chloroforme, par le Pr Lecène.

Incision arciforme sus-sternale.

Section des muscles sous-hyoïdiens.

Résection presque complète de chacun des lobes après hémostase complète, périphérique et centrale.

Capitonnage du tissu thyroïdien restant.

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Sutures musculaires et cutanées.

Drainage par une mèche entourée de cellophane.

Anatomie pathologique. — L'aspect macroscopique du parenchyme thyroïdien réséqué est typique : homogène, assez dense et grenu. | :

Aa microscope : les lésions sont diffuses sans aucune limitation : hyperplasie épithéliale considérable, avec cellules très hautes. Colloïde irrégulière et diffluente. Amas lymphoïdes avec centres germinatifs. Développement très important de la vascularisation.

Suites opératoires. — Le soir même de l'intervention :

Température à 40 ; Agitation extrême ; Pouls incomptable.

Le lendemain de l'opération :

Température : 41;

Sueurs et dyspnée ; Agitation furieuse ;

Défaillance cardiaque terminale ; Décès à midi.

Observation VI

Résumé. — Goître exophtalmique. Ligature de 3 artères thyroïdiennes en 1926 : amélioration nette mais transitoire, thyroïdectonvie subtotale en 1927. Revue en 1929 ; résultat médiocre.

Une infirmière de 35 ans, Mme Caba..., entre le 6 octobre 1926 à l'hôpital Saint-Louis dans le service de M. Lecène pour un goître exophtalmique.

Le début des troubles, très anciens, semble remonter à 1916 : très nerveuse depuis l'enfance, la malade a présenté alors, à la suite de fatigues, des crises de palpitations car-

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diaques ; dès ce moment elle commence à se plaindre d'anémie, d'asthénie, de troubles gastriques. Tous symptômes qui ont subi une énorme et progressive augmentation depuis que l’on a pratiqué, en octobre 1922, 19 séances de radiothérapie sur un petit fibrome qui donnait des ménorragies. La malade n’est plus réglée depuis lors. C’est à ce moment qu’elle remarque que son cou augmente de volume ; depuis elle présente des crises de palpitations, de diarrhée, d'amaigrissement, son humeur est devenue irritable.

A l'examen : Exophtalmie marquée surtout à (gauche. Le corps thyroïde est augmenté de volume sur ‘ses 2 lobes et surtout à gauche : la glande est molle, battante, pulsative avec thrill.

L'examen cardio-vasculaire, pratiqué par M. Auberlin, montre que le pouls est à 112 avec des crises paroxystiques où il atteint 200, il n'y a pas de souffle orificiel, la tension artérielle mesurée à l'appareil de Vaquez est de 19,5 — 10. Il existe un léger œdème malléolaire, pas d’albumine dans les urines. L’urée sanguine est de 0,35.

PREMIÈRE OPÉRATION. — Le 8 octobre 1926 par le P' Lecène, sous anesthésie générale au chloroforme.

Incision arciforme sus-sternale.

Ligature de 3 artères thyroïdiennes : les 2 inférieures, la supérieure gauche.

On ne touche pas au goître lui-même.

Suture cutanée sans drainage.

Suites immédiates simples.

LeG avril 1927. — La malade a constaté après l'opération, une amélioration nette de ses troubles digestifs, et la disparition de la diarrhée, mais les troubles cardiaques et nerveux ne semblent pas avoir été influencés.

Le M. B. mesuré dans le service du Pr Marcel Labbé le 24 mars 1927, était de + 70 % (normal 36,5).

Après un traitement de 10 jours de Lugol, le 6 avril 1927, il est descendu à + 36 %.

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Le 28 avril 1927. — Légère exophtalmie, tremblement marqué, pouls à 100, œdème des jambes; dur, ne prenant pas le godet, corps thyroïde augmenté de volume, mou, pulsatile.

DEUXIÈME OPÉRATION. — Le 29 avril 1927, par le P' Lecène, sous anesthésie générale au chloroforme.

Ablation des 2/3 du corps thyroïde. Seule l'artère thyroïdienne droite supérieure donne encore un jet, les autres sont atrophiées.

Hémostase rigoureuse.

Conservation des parathyroïdes et des récurrents par une bande de parenchyme postérieure.

Drainage large avec une mèche-cellophane.

Anatomie pathologique. — Macroscopiquement,c’est l'aspect complet du corps thyroïde dans la Maladie de Basedow : rigide à la coupe et pseudo pancréatique.

Histologiquement, lésions intenses et typiques de goitre exophtalmique : on note tout particulièrement une extrême hyperplasie de type papillaire. Nombreux amas lymphoïdes. La vascularisation ne semble pas avoir été diminuée histologiquement par les ligatures.

Suites opératoires. — Elles furent simples et sans incident digne d’être noté.

En avril 1998, — L'amélioration est nette et Mme C .…. peut recommencer à travailler, les troubles digestifs disparaissent, son poids passe de 58 kg. à 80. Le M. B. mesuré dans le service du Pr Labbé est de 38, 12, donc augmentation de 4 * sur la normale.

En novembre 1998. — L'amélioration est moins sensible, le caractère demeure très difficile, la malade ne cesse de s’ohserver, et par une déformation professionnelle fréquente multiplie les médications les plus bizarres. Elle cesse son travail. Le M. B. est alors de + 17 % (39,21).

Le 20 juin 1929. — Mme C. demeure une malade : tout travail suivi est impossible, le caractère est instable, violent

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