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Ligature isolée des artères thyroïdieunes droites.
Hémostase complète.
Mèche-cellophane.
Suture cutanée.
Anatomie pathologique. — Lésions typiques et intenses de Maladie de Basedow tant au point de vue macroscopique qu'histologique.
Suites opératoires. — Guérison simple. On continue le Lugol pendant 4 jours.
Pendant 5 mois, se trouve très bien : reprend plusieurs kilogs, dort bien, pouls à 90.
En septembre 1928. — Présente de nouveau des accès de fatigue, d'émotivité, le pouls monte à 110 au moindre effort. On prescrit L gouttes de Lugol par jour pendant 2 mois.
Grosse amélioration.
En décembre 192$ : Elle se sent mieux malgré une tachycardie à 90-110.
En avril 1929. — 1% moïs après l'opération, la malade très énervée se plaint de fatigue et de vertiges, le cœur très instable passe de 90 à 120 suivant les moments.
En mai 1929. — 5 séances de radiothérapie (Gally).
Revue le 8 juillet 1929. — Mme S... va beaucoup mieux, Aucune récidive du goitre. Il n’y a plus d’exophtalmie. Il persiste cependant encore une émotivité maladive, le pouls est à 90 mais monte facilement à 100, la tension artérielle est à 47-9. La malade se déclare très améliorée « cependant, on ne peut parler de guérison vraie » (Lecène).
Observation XIII
Résumé — Goitre exophtalmique Lobectomie droite en février 1924. Amélioration. Néphrectomie droite en 1925 pour tuberculose rénale. En 1929, état général médiocre.
Mme Po.…., 35 ans, est envoyée par M. Rist, le 15 février 1924, à l'hôpital Saint-Louis, avec le diagnostic de goitre
rise
exophtalmique. Depuis un an, la malade a constaté une tuméfaction thyroïdienne avec par moments, de légères crises d'enrouement, survenant de préférence lors des règles. Elle a maigri de 4 kg., se plaint de sueurs et de bouffées de chaleur Elle est adressée à M. Ristavec le diagnostic de tuberculose pulmonaire. 11 s’agit en réalité d’une Maladie de Basedow que ni la radiothérapie, ni l'hémato-éthyroïdine n'ont améliorée.
A l'examen, il s’agit d'une malade nerveuse, instable, trémulante. Les fonctions digestives sont normales. Le corps thyroïde est augmenté de volume surtout dans son lobe droit, hypertrophie diffuse et battante. Le pouls est à 132, pas de souffle cardiaque. Les globes oculaires peu saillants donnent cependant au regard une fixité étrange. La fente palpébrale est élargie, le métabolisme basal est augmenté de 42 1/2 %.
Opération. — Le 20 février 1924 par le Pr Lecène, sous chloroforme.
Lobectomie droite.
Hémostase.
Petite mèche-cellophane.
Suture cutanée.
Anatomie pathologique. — Le lobe thyroïdien enlevé est sclérosé, ramolli à son centre.
Histologiquement, lésions typiques de Basedow.
Suites opératoires. — Très simples, sort de l'hôpital 8 jours après.
En janvier 1925. — Néphrectomie droite pour tuberculose rénale. L'opération est bien supportée.
En 1928. — Pyurie, cystalgie, pollakiurie très intense. Elévation de température en clocher à 40. Néanmoins, l’étât général est assez bon.
En juin 1929. — La malade nous écrit du Sanatorium d'Hendaye où elle est depuis 6 mois. Etat général médiocre,
douleurs vésicales et rénales du côté gauche. Amaigrissement. Fièvre. Pouls à 120 Aucune tuméfaction thyroïdienne gauche.
Observation XIV
RÉSUMÉ, -— Goitre exophtalmique sévère de l'adolescence. Thyroïdectomie partielle en 1926. Bon résultat immédiat.
Mlle Dech..., 15 ans, entre le 18 février 1926 dans le service de M. Lecène à hôpital Saint-Louis, avec tous les symptômes d'une Maladie de Basedow.
Depuis 2 ans, au moment de sa puberté, cette jeune fille présente des syncopes fréquentes, son caractère se modifie, elle s’essouffle facilement, se plaint de battements de cœur, de quintes de toux. Peu de mois après, apparaissent simultanément de l’exophtalmie et un goitre. Elle est traitée alors par M. Aubertin qui conseille le repos et l'hématoéthyroïdine, elle n'obtient aucune amélioration.
A l'examen, le 21 février 1926, l’exophtalmie bilatérale frappe tout de suite. Le corps thyroïde est augmenté de volume dans son ensemble. Il souffle et bat, on n'y perçoit aucun nodule isolé
Le tremblement est peu marqué et n'existe qu'aux doigts dans l'attitude du serment.
Le cœur bat à 120 U n'existe pas de lésion orificielle. «11 s'agit d'une tachycardie simple, sinusale,» (M. Aubertin).
Les sueurs et les troubles vaso-moteurs sont marqués.
L'état général demeure bon et l'amaigrissement est modéré.
Devant l'inefficacité du traitement et malgré le jeune âge on se décide à l'opération.
Opération. — Le 22 février 1926 par le P' Lecène, sous anesthésie au chloroforme.
Incision en cravate.
Thyroïdectomie subtotale enlevant l'isthme et les 2/3 des lobes latéraux.
Hémostase.
Suture des moignons thyroïdiens.
Drainage avec une mèche cellophane.
Suture cutanée.
Anatomie pathologique. — La pièce présente l'aspect typique du corps thyroïde dans la Maladie de Basedow, granuleux à la coupe et un peu scléreux. \
Histologiquement, prolifération épithéliale très intense, colloïde pâle et irrégulière. Aucune limitation des lésions. Vaisseaux très nombreux.
Suites opératoires. — Le soir de l'opération, température 39,4, pouls 120, mais bon état général.
Le 23 février, la température est à 37,7, très bon facies, euphorie.
Sort le 25 février de l'hôpital.
Le 15 mars 1926. — La plaie est cicatrisée. Amélioration subjective. Le pouls est encore à 110. Aucune modification du tremblement et de l'exophtalmie.
La malade à été perdue de vue.
Observation XV
RÉSUMÉ. — Maladie de Basedow sévère. Thyroïdectomie subtotale le 23 janvier 1929. Guérison opératoire. Résultat trop récent. .
Il s'agit d’une jeune fille de 28 ans, Mile Mou... qui est envoyée par le Dr Parvu à M. Lecène pour un goitre exophtalmique avec prédominance de troubles cardiaques.
Le début de la maladie semble de date très récente, et ce sont des palpitations qui amènent la malade à 1 hôpital.
À l'examen, le 19 janvier 1929, l'exophtalmie bilatérale frappe tout d'abord. Les globes oculaires très saillants sont
difficilement cachés par les paupières, il y a une ébauche de nystagmus, les sourcils sont peu développés. Le corps thyroïde est très augmenté de volume sur ses 2 lobes. Hypertrophie symétrique, de consistance égale et régulière. Les battements artériels sont très visibles au niveau du Corps thyroïde.
Le tremblement existe mais léger.
Le cœur bat avec un rythme accéléré 130-140. L'auscultation ne révèle pas de souffle. La malade se plaint vivement de palpitations.
C'est une malade nerveuse facilement irascible. Elle est sans cesse en mouvement, pleure à la moindre contrariété, même la plus insignifiante. Est toujours en sueur, se découvre dans son lit. L'appétit est exagéré, la soif intense.
Depuis le mois d’août 1928, les règles ont presque complètement disparu.
Elle dit avoir maigri de quelques livres.
Les 4 jours qui précèdent l’opération, on administre XL gouttes de Lugol quotidiennement et une potion au bromure.
Opération. — Le 23 janvier 1929, par le Pr Lecène, sous anesthésie au chloroforme.
Incision en cravate.
Thyroïdectomie subtotale très large, après ligature des 2 artères thyroïdiennes inférieures en dehors du fascia thyroidien. On respecte simplement un mince fragment de chaque pôle supérieur et une lamelle postérieure qui protège les récurrents et les parathyroïdes.
Drainage par une mèche cellophane.
Suture cutanée.
Anatomie pathologique. — Aspect typique du corps thyroïde dans la Maladie de Basedow, tant au point de vue macroscopique qu'histologique.
Suites opératoires. — Le soir de l'opération, température 384, pouls 140.
OR
On continue pendant 6 jours le Lugol à la dose de XL gouttes pro die, associées à X gouttes de digitaline. |
La température s’abaisse progressivement en 3 jours, la mèche est retirée le 5° jour, la malade quitte l'hôpital le 31 janvier 1929.
Revue le 15 mai 1929, cicatrice cervicale parfaite, pas d'hypertrophie du tissu thyroïdien restant. Bon état général. Pas de troubles digestifs. Règles absentes, Pouls 120.
Observation XVI
RÉSUMÉ. — Goûitre exophtalmique. Thyroïdectomie sublotale en août 1923. Guérison opératoire. Malade perdue de vue.
Mile Vill.…., 17 ans, entre dans le service du Pr Lecène le 11 avril 1923 pour une Maladie de Basedow.
Elle a remarqué il y a 8 mois l'augmentation de volume de son cou, qui s’accompagnait de malaises, de fatigue au moindre effort, de palpitations cardiaques. Elle se plaint d'une sensation de chaleur continuelle Ses jambes sont enflées chaque soir. Elle à été réglée à l’âge de 12 ans 1/2, régulièrement jusqu’à l'apparition de son goitre, diminution d'abord, puis suppression complète depuis 3 mois.
A l'examen, le {1 avril 1923, le regard est fixe et brillant.
Le cou est augmenté de volume dans son ensemble : hypertrophie diffuse des 2 lobes thyroïdiens et de l’isthme sans nodule perceptible. La glande est de consistance ferme et battante. :
Le pouls bat à 132 dépassant facilement 140 à 1a moindre émotion. L'auscultation ne montre pas de souffle.
Tremblement des extrémités, peu de troubles digestifs, pas de diarrhée.
Léger amaigrissement dans ces derniers mois,
Echec du traitement médical,
Pro
Opération. — Le 27 avril 1923, par M. Lecène, sous anesthésie au chloroforme.
Incision en cravate.
Résection cunéiforme très large de chacun des lobes laté- Taux. |
Ligature des artères à la surface du lobe.
Il ne reste qu'un tout petit fragment de parenchyme paroïdien protégeant les nerfs et les parathyroïdes.
Hémostase très soignée.
2 petites mèches-cellophanes.
Suture cutanée.
Anatomie pathologique. — Le corps thyroïde est grenu et homogène.
Histologiquement, prolifération épithéliale, beaucoup d'amas lymphoïdes avec centres clairs.
Aspect typique de la Maladie de Basedow.
Suites opératoires. — Le soir de l'intervention, température 399, puis défervescence. = ". Sort cicatrisée le 8e jour.
La malade a été perdue de vue.
Observation XVII
Résumé. — Maladie de Basedow à poussées successives. Echec de la radiothérapie. Thyroïidectomie subtotale en août 1928. Amélioration nette jusqu'en janvier 1929, en forte diminution actuellement (août 1929).
Mme Fer.,., 26 ans, a été opérée le 28 août 1928, par M. Sénèque, d’un goitre exophtalmique.
Le début de sa inaladie remonte à 1923, où apparurent simultanément une augmentation de volume du corps thyroïde, de l'exophtalmie, du tremblement, et une tachycardie à 150. Cette jeune femme peut cependant continuer son
travail. Elle maigrit peu, ne présente pas de vomissements mais se plaint de diarrhée, de palpitations de cœur et de la diminution d'abondance de ses règles.
Elle suit, pendant quelques mois, un traitement à l'hémato-éthyroïdine sans aucun bénéfice. |
En 1926, tous les 2 jours pendant 3 mois, elle subit des applications de rayons X qui ne l’améliorent en rien.
Elle n’a jamais pris d’iode.
Elle se décide à l'opération en août 1928 à cause de l’intensité croissante des palpitations, du degré de l’exolphtalmie et des troubles de son caractère.
Opération — Le 28 août 1928 à l'hôpital Necker par M. Sénèque.
Incision en cravate.
Ligature des 2 artères thyroïdiennes inférieures en dehors du fascia thyroïdien, selon la technique du P' Cunéo.
Thyroïdectomie subtotale. On ne conserve qu’une tranche postérieure cachant les nerfs et les glandules.
Hémostase progressive. L'opération est cependant très « saignante ».
Drainage par 2 mèches dans chaque angle de l'incision.
Suture cutanée.
Anatomie pathologique. — Lésions diffuses absolument caracléristiques du corps thyroïde dans la Maladie de Basedow.
Suites opératoires — Traitement digitalique.
Peu de réactions post-opératoires.
Sort de l'hôpital le sixième jour. :
L'amélioration est certaine, dit la malade : le cœur n'est plus douloureux, l'instabilité d'humeur a diminué, la malade n’a cependant pas engraissé, la diarrhée et l'exophtalmie sont sans changement. <
L'amélioration s'est accrue progressivement jusqu'en janvier 1929.
Revue le 23 juillet 1929. — L'amélioration est en décrois:
ot
sance nette, la malade est en un état de vibration perpétuelle, elle tremble, s'agite et s’irrite. Elle dit elle-même avoir un « drôle de caractère ». Elle se plaint de diarrhée, de toux et a présenté de petites hémoptysies dans les premiers mois de cette année.
L'exophtalmie est considérable et on note de petites lésions de conjonctivite.
Le pouls, très irrégulier, est normalement à 112 mais passe de 90 à 120. F
Légère submatité des 2 sommets pulmonaires.
Pas d’amaigrissement.
Il persiste 2 petits segments de parenchyme thyroïdien gros comme une amande. 2
De ces 16 observations, quelles conclusions tirer ?
1 mort opératoire.
2 morts tardives (6 mois et 18 mois) par tuberculose pulmonaire.
Des 13 malades survivants :
3 perdues de vue trop rapidement.
4 bons résultats sans guérison vraie.
4 améliorations sans plus.
1 atteinte de tuberculose pulmonaire. 1 autre atteinte de tuberculose rénale.
Que nous donnent contre la Maladie de Basedow les autres traitements proposés ?
Le traitement médical.
La radiothérapie.
La chirurgie.