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involution, c’est certainement un argument de poidsen faveur de l’unité des syndromes d’hyperthyroïdie, et c’est même à notre avis le seul valable que l’on puisse opposer aux faits cliniques et évolutifs. Il demanderait d’ailleurs à être vérifié par des examens plus nombreux.
Dans l’ensemble, la majorité des travaux ultérieurs a confirmé ces conclusions de Plummer, certains points restent cependant en discussion :
1° Certaines formes de la Maladie de Basedow ne sont pas influencées par le traitement iodé :
Ce sont là des cas assez rares ; Fraser n’en compte que 5 sur 24. Biedl et Rédisch 3 sur 9, Starr, Walcott, Segall et Means enregistrent 5 échecs sur ‘42 malades traités: 2 étaient en état de grossesse, unetroisième asystolique.
L'interprétation de ces cas est difficile : Marcel Labbé ‘considère que la crise d’hyperthyroïdisme est d’une intensité rare et conseille emploi de doses plus élevées.
Fraser au contraire soutient que des doses infimes (3 à 6 gouttes par jour) de teinture d’iode à ro % donnent de meiileurs résullats et peuvent être continuées sans inconvénients presque indéfiniment.
Il persiste enfin des détracteurs acharnés de l’iode dans la thérapeutique du goitre exophtalmique.
Des accidents ont été observés (poussée aiguë d'hyperthyroïdisme) et une fois déclarés, leur thérapeutique est extrêmement difficile. Krehl, Muller, Sudeck, Ledoux
ont observé de nombreuses aggravations à la suite de son emploi. Redlich s'élève avec force contre cette thérapeutique et rapporte 8 cas d’hyperthyroïdisme aggravés neliement par liode. Certains auteurs ne l'utilisent pas : Kutiner, Kaspar, et si ce dernier peut présenter -une série de 150 opérations pour Maladie de Basedow sans mortalité, les statistiques opératoires de Kuttner accusent 9 %% de mortalité. Troell avait 13 % avant l’emploi du Lugol, dans ces dernières années, il emploie le Lugol, et n’accuse au Congrès de Varsovie que 2,2 % de mortalité.
Exceptionnellement enfin — Marcel Labbé n’en a jamais observé — l’administration prolongée d’iode peut produire des accidents d’iodisme (Holst) avec coryza et conjonctivite, néanmoins, et cela montre bien la difrérence de l’Iod-Basedow et des accidents d’hyperthyroïdisme, les signes de thyrotoxicose s’améliorent considérablement.
2° Peut-on espérer la guérison ou une amélioration durable par le traitement iodé ?
En d’autres termes « la rémission iodique » est-elle la règle habituelle, et bientôt suivie d’un syndrome d’hyperthyroïdie secondaire post-iodique ? Les auteurs américains ne voient dans l’iodothérapie qu’un temps préparatoire à l'opération. M. Labbé en 1926, devant les résultats qu’il obtenait de l’iodothérapie, était bien près de la conseiller comme traitement de fond ; au besoin, il préconisait l’association de l’iode et de Pélectrothérapie ou de la radiothérapie. En 1928, il semble moins
affirmatif, les malades traités et revus à lointaine échéance ne paraissant pas avoir conservé intacte l’amélioration considérable qu’ils avaient présentée. La question des doses est d’ailleurs extrêmement difficile à trancher et peut être peut-on réserver son jugement.
Marion Read a observé pendant plusieurs mois des malades traités par l’iode “(et parfois par quelques séances de R. X.). De petites doses prolongées ont donné plus de succès chez ces malades, et en définitive, les résultats lui semblent supérieurs à ceux de l'opération.
Biedl et Redisch, toujours par de petites doses pro- Jongées, ont vu 6 fois sur 9 des améliorations très importantes se maintenir pendant plus d’un an. Ils altachent une grande valeur aux modifications de la formule sanguine sous l’action de l’iode.
Dautrebande, avec Lemort a montré en 1927 puis en 1928 et en 1929, que l’usage de l’iode pouvait être continué pendant fort longtemps (6 mois et plus), qu’il n’était nullement facteur de crises d’hyperthyroïdie, à condition que son administration fut soigneusement surveillée : ce n’est pas un médicament quil faut remetltre au malade en le chargeant lui-même de son traitement, le métabolisme basal doit être déterminé fréquemment, les doses souvent fractionnées donnent de meilleurs résultats.
Il semble donc que cetle question mérite de nouvelles observations : certaines de nos malades furent très améliorées après l'opération par de petites cures régulières d’iode: est-ce que l’opération a permis dans ces cas une plus facile action de l’iode? Est-ce que l’iode ne pour-
rait pas suffire à elle seule à entretenir un état compatible avec une existence presque normale? Autant de points que de nouvelles recherches sont appelées à résoudre.
3° L'action de l’iode sur l’adénome toxique.
L'opposition si nette formulée par les auteurs américains entre la réponse différente que fournissent à la médication iodée le goitre exophtalmique vrai et l’adénome toxique, ne peut être maintenue intégralement. Sans doute la rémission iodique est moins nette dans l’adénome toxique, les cas d’intolérance plus fréquents, mais les travaux de Marcel Labbé, de Dautrebande et Lemort ont bien montré que dans l’adénome toxique l’iode était susceptible de donner de bons résultats : dans le goitre basedowifié et dans l’adénome toxique, Marcel Labbé, dans les syndromes thyrotoxiques sans adénome neltement palpable, Dautrebande, ont obtenu par de petites doses d’iode, réparties en plusieurs prises dans la journée, des résultats extrêmement convaincants. Graham, Eliot, Starr ont fait de semblables constatations. Roland, dans sa thèse toute récente faite dans le service du Pr Bérard, conseille aussi le traitement iodé dans les adénomes toxiques comme temps préparatoire à l'opération, que personne ne discute dans sa nécessité, mais qui est sujette à des modalités de technique. Il insiste cependant sur l'utilité d’une posologie extrèmement attentive, les doses sont toutes différentes dans l’adénome et dans le goitre exophtalmique vrai,etla surveillance médicale doit être très vigilante, tous les adénomes ne réagissant pas de manière uniforme au Lugol.
= {ii — Comment donner l’iode ?
La posologie est assez différente selon les auteurs: Plummer et Boothby utilisent la liqueur de Lugol de la
pharmacopée américaine :
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