‹ Thérapeutique de la Maladie de Basedow: Indications et Résultats du Traitement ChirurgicalChapitre 30 sur 91 · POS LT EE OO · texte numérisé non relu

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(0,126 d’iode par cm°)

La dose moyenne quotidienne est 0,10 à 0,30 d’iode selon l'intensité des symptômes. Il est bon de commencer le traitement par des doses faibles (0,078 d’iode soit o cm° 6 de Lugol). En cas de signes gastro-intestinaux graves, Boothby a donné jusqu’à 1 gramme d’iode pendant un jour ou deux. Le traitement est continué pendant les 8 à 15 jours qui précèdent l'opération et la semaine qui la suit.

Le Pr Marcel Labbé, et c’est la pratique qu'a suivie M. Lecène, donne 30 à {o gouttes par jour, en deux fois, de la solution de Lugol ; on peut atteindre 100 gouttes par jour.

Dautrebande prescrit la solution de Lugol à 10 % d’iode et 20 % d’iodure de potassium à raison de deux fois 5 gouttes dans les cas légers ou de deux fois 10 gouttes par jour dans les cas graves.

mg de 3° Le tartrate d’ergotamine

Récemment un nouveau médicament a été introduit dans la thérapeutique de la Maladie de Basedow, le tartrate d’ergotamine,connu encore sous le nom de gynergène.

En 1917, Stoll isole de l’ergot de seigle son principe actif spécifique et son principal alcaloïde, l’ergotamine. Elle fut beaucoup employée en clinique sous la forme de combinaison taritrique et de nombreux travaux ont établi ses deux propriétés pharmaco-dynamiques prinçipales : une action utérotonique et hémostatique, connue depuis longtemps, et une action inhibitrice sur le sympathique, notion de découverte récente qui fait du gynergène l’antagoniste pharmacologique de l’adrénaline et de l’éphrédine. Ce n’est qu’en 1925 qu’Adelsberg et Porgès firent connaitre les effets de son utilisation dans le traitement des hyperthyroïdies. Depuis, son emploi semble s'être répandu en Allemagne eten Autriche. En France, on lui a réservé un accueil plein de méfiance.

Adelsberg et Porgès l’ont employé sur 22 malades atteints de Maladie de Basedow : dans 15 cas ils eurent des améliorations très nettes qui consistaient en une grande modification de Pétat général, une diminution de la tachycardie, du tremblement, de l’insomuie et de l’'irritabilité nerveuse, et même un abaissement du métabolisme basal. Pour ces auteurs la sédation obtenue par le gynergène est supérieure à celle que produit toute

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autre médication. Le tartrate d’ergotamine peut aussi avec avantage être employé dans le traitement pré et post-opératoire (Koechlin).

Les échecs ne sont cependant pas exceptionnels, 4 fois sur 22, les auteurs les expliquent par la prédominance des symptômes vagoloniques. Quant aux accidents d’intolérance qui peuvent acquérir une certaine gravité, Porgès en compte 3 sur 22 malades qu’il a traités.

Ils consistent en céphalée, nausées, accès de tachycardie et même syncopes. Bouckaert a de même signalé après l’emploi du gynergène des nausées, des vomissements, des douleurs musculaires.

En France, Vazeille consacre sa thèse à l'étude pharmacologique et clinique du tartrate d’ergotamine.

A la Société Médicale des Hôpitaux (8 mars 1929) le P' Marcel Labbé avec Justin-Besançon et Gouyèn ont rapporté les observations de 3 malades atteints de goitre exophtalmique, traités par le gynergène aux doses indiquées par les auteurs allemands : dans le premier cas, le médicament essayé pendant 6 jours, fut assez mal supporté, il dut être interrompu, l'effet fut nul.

Dans le second cas, après trois injections assez mal iolérées (crises cardiaques, douleurs angineuses) une hémiplégie gauche apparut le quatrième jour, et deux jours après, des crises épileptiformes localisées.

Chez le troisième enfin, une injection de gynergène est suivie quelques heures après de malaises avec vomissements et la mort survint le soir par syncope,

Tout récemment à la Société Médicale des Hôpitaux

(18 octobre 1929) Adelsberg et Porgès ont prétendu que les accidents observés par M. Labbé étaient dus à des doses trop fortes, surtout en injections sous-cutanées. Il ne faut pas dépasser 1/4 de milligramme par cette voie, ni 2 à 3 milligrammes par la voie buccale.

Dans sa thèse, Jacques Poncelet, rapportant plusieurs observations dont quelques-unes lui ont été communiquées par M. Sainton et M. Guy-Laroche, résume ainsi les effets du tartrate d’ergotamine : «tous les cas de Maladie de Basedow ne réagissent pas au tartrate d’ergotamine, mais on constate en général une action favorable et d'intensité variable sur les différents symptômes.

Dans les cas favorables, le traitement est souvent sans influence notable sur le goitre-tumeur, cependant le goitre peut diminuer et nous l’avons vu nous-même dans un cas disparaître prespre en totalité. L’exophtalmie diminue fréquemment. Les modifications du tremblement sont difficiles à mettre en valeur, mais elles sont en général peu considérables. La tachycardie diminue d’une façon progressive, le pouls est plus stable, les palpitations disparaissent. Le métabolisme basal est notablement -abaissé et celte diminution se traduit en général par ure augmentation de poids qui peut être considérable. Les troubles subjectifs sont très améliorés, les malades sont moins nerveux, moins irritables. L'insomnie disparaît et le psychisme est modifié rapidement ».,

Poncelet conseille comme meilleur mode d’administration la voie gastrique à doses de 1 milligramme répé-

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tées trois ou quatre fois dans la journée. En moyenne, ces doses varient de 3 à 6 milligrammes par jour (3 à 6 comprimés de gynergène). On commencera par administrer 1/2 cm° de la solution à 1/2000 en injection sous-cutanée pour apprécier si le malade réagit à Pinhibiteur, puis on passe aux doses moyennes ou fortes si on le juge utile, quitte à diminuer à nouveau la posologie en cas d’intolérance.

Pour René Mignot, le médicament doit être manié très prudemment, il est contre-indiqué chez le sujet dont le cœur est insuffisant et il convient de tâter la susceptibilité du malade avec des doses faibles de 1/8 à 1/4 de milligramme et de ne jamais atteindre la dose préconisée de 3 milligrammes.

Une de nos malades qui a essayé toutes les thérapeutiques, et n’est pas près de cesser de satisfaire à son goût des médicaments les plus nouveaux comme les plus anciens, a suivi, irrégulièrement d’ailleurs,-une cure de gynergène : elle n’a accusé aucune amélioration. |

De la brève relation de ces cas, on ne peut que suivre le Pr Marcel Labbé dans les réserves qu’il fait sur ce médicament dans la thérapeutique du goitre exophtalmique : d'efficacité douteuse, son emploi n’est pas dépourvu de danger.

LA RADIOTHÉRAPIE

RÉsuMÉ. — Elle est susceptible entre des mains exercées, de donner des résultats très intéressants et cela avec un minimum de risques.

Depuis qu’en 1902 Williams signala une grande amélioration du goitre exophtalmique par la FsoOMerAne, celle-ci subit des fortunes diverses.

Pusey en 1903 n’obtient aucun résultat.

Mayo (1904) es 10 Cas personnels, tous améliorés, et conseille les R. X. dans les cas trop avancés pour être opérés.

Beck (1905) associe chez trois malades l’action des R. X. aux résultats incomplets de la thyroïdectomie par- Lielle. Chez les 2 premiers malades, opérés 18 à 13 mois auparavant, dès les premières séances de R. X., apparut une sédation remarquable, de la nervositéet delatachycardie. Chez le troisième, les R. X. appliqués très peu de temps après l’opération, amenèrent en 4 mois de traitement la disparition de la tachycardie et une diminution de volume du lobe gauche thyroïdien.

Stegmann (1906) étudie 3 cas : revus 4 mois après, les palpitations, le tremblement, l’exophtalmie, la tumé-

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