‹ Thérapeutique des maladies de l'estomacChapitre 16 sur 88 · ALIMENTS DÉKIVÉS DU LAIT · texte numérisé non relu

ALIMENTS DÉKIVÉS DU LAIT

bons pffels dans l'ulcère rond et l'ii^-perchlorhy- (Iric.

Il estaussi fort peu excitant pour la muqueuse gaslri(|ue, ce qu'on pouvait supposer à priori, et ce qui se traduit par une moindre sécrétion chlorliydrique (Hayem).

Il est vrai que la lactose qu'il renferme peut fermenter dans restomac et donner naissance à de l'acide lactique dont on retrouve facilement la réaction qualitative. Cet inconvénient peut être atténué et même supprimé par l'administration simultanée d'une dose plus ou moins considérable d'alcalins. C'est ce qu'il faut toujours faire lorsqu'il y a tendance à l'hy-' perchlorhydrie et à la stase du contenu stomacal.

On a vu que le régime lacté complet a des inconvénients sérieux ; pour fournir à l'homme des aliments nutritifs en quantité suffisante, il faut donner une quantité excessive de liquide, et la dilatation de l'estomac peut en être la conséquence (Debove). Quand on n'administre que 3à 4 litres de lait de vache il y a déficit notable des hydrocarbures. Le régime lacté, en principe, ne doit donc être qu'un régime passager. On doit, autant que possible, ajouter d'autres aliments et en particulier des aliments féculents. La fornmle en est donnée par le régime dit régime végétarien dont nous parlerons tout à l'heure. On peut aussi ajouter au lait du sucre de lait de façon à coml)ler le déficit hydro-carboné ; nous l'avons fait avec succès dans l'hyperchlorhydrie, c'est un moyen à essayer.

A.iimcnts dérivés du lait. — Le lait est la base d'un certain nombre de produits alimentaires particulièrement destinés à la cure des affections gastro-intestinales. Les principales des préparations de ce genre

JtÉGlME

qu'on rencontre dans le commerce sont les suivantes :

Lait stérilisé ;

Lait condensé ;

Poudre de lait ;

Lait peptonisé etdiastasé ;

Lait additionné de pancréatine ;

Koumys ;

Képhir.

Le lait stérilisé a paru réellement utile dans la cure de certaines diarrhées et surtout de certaines diarrhées infantiles (Sevestre, Comby, Hayem).Iln'ya pas de raison pour ne pas l'essayer également dans le traitement de la diarrhée des adultes, et, en particulier, de certaines diarrhées chroniques. Il serait logique de l'employer également dans la dilatation de l'estomac avec stase permanente et fermentations excessives, etc.

Le lait condensé et la poudre de lait trouveraient un emploi rationnel dans les mêmes cas que la poudre de viande, mais ils lui sont très inférieurs.

Le Icoumys et le Uphir sont des laits fermentes dont on a beaucoup vanté l'usage, en particulier dans le traitement de la tuberculose ; ils ont été, le képhir, surtout, très employés contre la dyspepsie. On se procure très facilement du képhir à Paris, et M. Hayem, qui en est grand partisan, en a fait une étude intéressante. En voici le résumé.

Le képhir est du lait fermenté à l'aide d'une levure spéciale très usitée parmi les peuplades du Caucase : c'est un mélange de levure et d'un bacille spécial. Le képhir de Paris, d'après l'analyse de M. Winter, renferme fort peu d'alcool, beaucoup d'acide carbonique, de 3à6 grammes pour 1000 d'acide lactique,

KÉl'UIR ^'^

fort peu de laclose, et 7 à 8 grammes pour 1000 d'albumine ou de syntonine (albumine acide) par litre. Son acidité totale, 7 pour 1000 est due surtout à de l'acide lactique libre, et, vraisemblablement aussi, à (le l'acide lactique en combinaison azotée.

Le képhir a été employé avec succès par Lépine, .Weiss et 0. Wyss, dans l'ulcère simple; par Dujardin-Beaumetz, dans la gastrite alcoolique ; par Stern et Lœwensteindans le catarrhe stomacal. M. Hayem le considère comme le médicament de l'hypopepsie accentuée et de l'apepsie. Ce serait un excitant de la sécrétion et de la motilité gastriques. Lorsqu'il n'est pas utile, c'est que la muqueuse est fortement lésée.

Le képhir serait particulièrement indiqué en cas d'entérite chronique et surtout de diarrhée. Ses bons effets contre la diarrhée seraient attribuables à la forte proportion d'acide lactique qu'il renferme (Fla'yem). Son emploi amène volontiers la constipalion.

Le képhir doit être donné àpetites dosesau début. A partir de deux bouteilles, on en donnera une partie aux repas, une partie en dehors des repas. On supprime les autres boissons à partir de trois bouteilles. Ou peut aller ainsi jusqu'à trois litres et plus.

Certains malades ne le tolèrent pas; il ne conviendrait pas à ceux qui présentent une grande dilatalion avec stase.

D'après sa composition, on se représente très bien que le képhir soit un excitant de l'estomac : son acidité assez élevée, sa richesse en acide lactique montrent bien qu'il ne faut pas juger simplement par l'acidité du suc gastrique de l'intensité et de la gravité d'une dyspepsie. La grande question, la question principale, est de savoir comment et avec

HÉGIMi;

quelle rapidité l'estomac se débarrasse de son contenu.

Poudres alimén.aire«. La poudre de viande a ete appliquée d abord par M. Debove au traitement de la tuberculose pulmonaire. Les bons résultats qu il a obtenus parle gavage à la sonde, même dans des cas où il y avait des signes de dyspepsie, l'ont amené à employer également la poudre de viande et les poudres alimentaires contre la dyspepsie primitive. Les résultats ont été également très bons.

La poudre de viande réunit en effet toutes les qualités requises pour l'alimentation azotée des dyspeptiques. La viande est finement divisée, débarrassée de la gangue rebelle à la digestion. Elle est très nutritive sous un petit volume; elle représente en effet à peu près quatre fois son poids de viande (1).

Le commerce fournit couramment plusieurs types dépendre de viande. Elles ont toutes, plus ou moins, le même inconvénient : elles présentent une odeur assez désagréable, qui rend difficile l'ingestion directe de la poudre carnée, à peu près impossible son usage prolongé, malgré les procédés employés pour masquer cette odeur.

La poudre de viande du commerce doit donc être donnée le plus souvent par le tube œsophagien. Les malades dociles se soumettent facilement à cette manœuvre qui, avec un peu d'habitude, s'exécute très rapidement. Ils n'ont pas à s'en repentir, car la poudre de viande produit d'excellents effets dans

(1) YvoN. Sur les poudres do viande, BuUel. de Ihérapeut., IS janvier 1884.

Page 1