‹ Thérapeutique des maladies de l'estomacChapitre 31 sur 88 · FERMENTS DIGESTIFS · texte numérisé non relu

FERMENTS DIGESTIFS

I HCl dans ces conditions. L'acide agiUl comme excitant mécanique, comme excitant de la sécrétion, ou encore comme antifermentesciblc? Agit-d pour hâter la transformation de la substance pepsinogène en pepsine? Peut-être, y a-t-il un peu de tout cela.

Toutefois, il ne suffit dans aucun cas par lui seul pour rétablir l'équilibre; son emploi ne dispense jamais d'avoir recours à tout ce qui peut, régime ou médication, diminuer la stase possible et exciter la motricité affaiblie. Nous avons été amené, nous l'avons dit, à attribuer dans beaucoup de cas de dyspepsie, une importance beaucoup plus grande à la viciation de la motricité qu'à celle de la sécrétion.

Ferments dige.stifs. — Les aliments, dans le tube digestif, rencontrent successivement : dans la salive, la ptyaline qui agit sur les substances amylacées pour les transformer en dextrine et en glucose ; dans le suc gastrique, \a pepsine qui, en présence de l'HCl, peplonise les matériaux azotés; \a présure (ferment lab) qui coagule la caséine; dans l'intestin, le sur, pancréatique capable de peptoniser les albuminoïdes, de transformer les amylacés en glucose, d'émulsionner les graisses. Peut-être le suc intestinal a-t-il un rôle analogue à celui du suc pancréatique; la chose n'est incontestablement ni démontrée, ni rejetée par les physiologistes.

11 était naturel, dès qu'on eut appris à isoler ces ferments et aies préparer artificiellement ou plutôt à les extraire, de les employer dans le traitement de la dyspepsie. On vit donc apparaître dans le commerce la pepsine, la papaïne, la pancréatine, la malline, etc., sous des aspects multiples.

Passons tout d'abord en revue les principaux types des préparations qui ont pour but de provoquer dans

ISO DYSPKPSIIi: NIÎRVO-MOTHICE

le lubo digestif une peplonisalion arlificielle, à l'aide de lermenLs venus des animaux ou des plantes.

Les ferments de peptonisation empruntés aux animaux sont la pepsine et la pancréatine.

La p>^p,ine tend à être de plus en plus délaissé.' à juste litre, semble-t-il. Les objections à son emploi sont de divers ordres. La pepsine de préparation artificielle est certainement beaucoup moins active que la pepsine fournie ])ar l'estomac. Enlin les nombreuses digestions artificielles faites depuis quelques années avec du suc gastrique humain ont montré que la pepsine est en quantité suffisante dans la grande majorité des cas. Ce qui manque,c'estl'HCi, et il suffit d'en ajouter pour obtenir in vitro des digestions sufitsamment actives avec un suc gastrique inactif sans cette addition. L'acide chlorhydrique d'après cela a été substitué à la pepsine.

Contre l'emploi de ce ferment on peut faire valoir encore ce fait bien démontré que la digestion gastrique peut être très faible, très incomplète ou môme nulle, sans grand dommage pour la santé générale et sans abaissement sensible du taux des échanges nutritifs.

Ajoutons à cela un dernier argument contre les préparations de pepsine : « la mauvaise qualité des préparations, leur prompte altération, l'impropriété de leur composition (proportion d'alcool trop élevée, présence de la glycérine fâcheuse pour l'estomac, d'après Schmiedeberg), l'incertitude sur le moment d'administration qui conviendrait le mieux (1). »

(1) II. Soulier. T railé de Tliprapeulique et de Phannacolof/ie, p. 318.

FKUMENTS DIGlîSTIFS ^ '^

On peut Taire à la pancréatine des reproches ana- ,oi ; il laul y ajouter qu elle n'aga surtout ino^^

Je aa .sun milieu alcalin. Il faudrait donc ne 1 adinistrer qu avec une quantité -nisan e de sds câlins, de façon à saturer complètement et paifaite ment le contenu de l'estomac.

I.e mode d'administration le plus logique serait do l'adjoindre à la poudre de viande fortement alcalm.sée dans le gavage à la sonde. 11 n'y aurait du reste indication à l'emploi de la pancréatine que chez les malades présentant, en outre de l'hypochlorhydrie, une diminution notable de l'urée dans les urines, ou, avec une quantité normale ou même exagérée d urec, une tendance marquée à l'amaigrissement.

Reichmann (1) vante les bons effets de la pancréatine dans le catarrhe atrophique de l'estomac. Voici comment il indique de la préparer. On prend un pancréas de bœuf frais, on le hache, on le jette dans un demi-litre d'alcool à IS à 20 0/0. On laisse séjourner dans un endroit frais pendant un ou deux jours, puis on filtre. Un petit verre k vin de l'extrait alcoolique de pancréatine à prendre immédiatement

après le repas.

On a extrait le ferment peptique de certains végétaux insectivores, en parliculier du Garica papmja. La papaïne est pourvue d'un pouvoir digestif tr.ès intense i)i vitro. Elle est beaucoup plus active dans un milieu alcalin que dans un miheu acide, ce quila rapproche de la pancréatine.

On a cherché, et l'idée était très naturelle, de faire pour les amylacés ce que devait faire la pepsine pour les albuminoïdes, c'est-à-dire à introduire dans le tube

(I) D. Med. Wochenschr. n" 7, 1889.

DYSPIÎPSIE NEHVO-MOTRICE

digestif des ferments capables d'aider puissamment à 1 action de la ptyaline et de la pancréatine.

Lorsque les graines chargées de substances amylacée entrent en germination, il se développe dans leur intérieur un ferment capable d'amener la transformation de l'amidon en sucre. Si l'on fait dessécher et qu'on soumette à la mouture les graines ainsi préparées, on obtient des farines qui apportent avec elles la diastase nécessaire à leur digestion. Avec l'orge on obtient la mnlthip^ la maltose; les lentilles seraient la base de farines alimentaires renommées.

L'emploi de ces préparations est très logique dans certains cas, lorsque les féculents sont mal supportés, et que la quantité introduite dans l'alimentation se trouve ainsi trop restreinte.

Substances pepsiiiogènes. Il résulte des recherches de L. Corvisart et de Schifif, confirmées par M.Leven, que certaines substances ont la propriété de fournir aux glandes stomacales les principes de la matière peptogène, destinée à donner de la pepsine en présence de l'HCi. La muqueuse gastrique épuise par la digestion son pouvoir pepsinogène ; normalement il lui faut un long repos pour récupérer cette fonction. Si au contraire on fait prendre à l'animal en expérience du bouillon, oudeladextrine, on voit la pepsine réapparaître très rapidement. Ces substances jouissent donc d'un véritable pouvoir peptogène. Certains auteurs, traitent la dyspepsie gastrique par ces substances peptogènes. Herzeu (1) conseille de faire prendre une tasse de bouillon une demi-heure avant le repas. D'après lui, la dextrine

{{) Revue médicale de laSinsse ro/naiide. IV, p.lH; lévrier

l'Kl'TONliS — RiiSL'MH l'J^

pourrait être donnée, même en lavemenL M. Dujar- (lin-Heaumelz a formulé l'élixir suivant :

^ . 10 gr.

Dexlnne qQ

Rhum

Sirop de sucre

Rau

II faut penser à la médication pepsinogène dans les tâtonnements auxquelsonest souvent amenédans le traitement des formes atoniques de la dyspepsie.

Peptoiies. — La possibilité de fabriquer des peptones par digestion artiticielle a donné, pendant quelque temps, l'espoir de pouvoir administrer aux malades des matériaux azotés tout digérés qu'ils n'auraient plus qu'à absorber et à assimiler. Malheureusement, les résultats obtenus n'ont pas répondu à cette attente. L'expérience a montré rapidement que les peptones sont mal tolérées. Elles donnent facilement de la diarrhée.

La poudre de viande pure, ou mélangée à des poudres diastasées, leur est certainement de beaucoup supérieure. Il n'est pas mème.démontré que les peptones soient utiles même sous forme de lavement.

C'est que la digestion artificielle in vitro est sans doute loin d'être identique à la digestion naturelle, dans le tube digestif. N'a-t-on pas démontré, d'autre part, que la peptone est une loxalbumine, et n'a-t-on pas pu attribuer certains accidents, la tétanie, par exemple, à la production dans l'estomac des Iiyperchlorhydriques d'une peptone de mauvaise qualité (Bouveret et Devic) ? Comment se fier après cela aux peptones du commerce?

Uésumé. — Nous avons été amené h une assez longue digression à propos de médications antidys-

^•5' nVSI'lîPSIFC NICliVO-MOTlilCK

pepliqiies (jiii pi-enaienliialurelleiiiciil place dans ce cliapilre, cl, il nous paraît iiLile de résumer rapidoincul, les principes du Iraileuieul des lonties, légères et. moyennes, de la dyspepsie dans laquelle prédomine l'élément nervo-moleur. Ce seront en quelque sorte nos conclusions.

Ces malades sont souvent des névropathes, des neurasthéniques, et, chez eux, le traitement h'ygiénique et tonique aautaut d'importance que le traitement dyspeptique proprement dit. Le repos de l'espril. la tranquillité morale, Texercice physique modéré et progressif, la climatothérapie, l'électricité statique, le massage, l'hydrothérapie seront les moyens sur- ■ tout employés dans ce sens. Il faudra adapter chacun de ces agents aux indications particulières chez les individus, et ne pas prescrire des excitants, des douches froides, par exemple, à des personnes excitées on su.sceptibles qui auraient bénéficié bien plus de l'usage des douches chaudes.

Le réfjime, d'une façon générale, s'inspirera des règles qui ont été données antérieurement dans un chapitre spécial, il a une importance très grande, et il suffira, dans des cas nombreux, à amener la guérison. Nous ne saurions trop insister sur ce point que les malades de cet ordre, qui sont très nombreux, doivent être avant tout disciplinés. Il faut les soustraire aux excès habituels de leur alimentation, à l'abus des excitants, des liqueurs alcooliques, des épices, des mets de haut goût trop savamment préparés. C'est pour cela que le régime de la tabh; d'hôte, tel qu'il est institué en France dans les stations hydrominérales, est absolument déplorable. Nous le répétons une fois encore à dessein : à bon entendeur salut.

Que CCS (lyspci.liques soient ou non hypochlorl.y-

Lion iul^stiualc supplée la digesUon f-f^^'^^}^ général rcslc bon, si les dépenses de 1 organisme n femportont pas sur les recettes. C'est donc avan ton le rétablissement de la motricité normale, qu ,1 faut viser. On pourra avoir recours pour cela aux boisson, chaudes, à l'ipéca, aux amers, à la ^o^x vomique donnés après le repas; on fera disparaître la constipation si elle existe, on évitera la surcharge alimentaire et l'accumulation dans l'eslomac de particules réfraclaires à la digestion. Les toniques extérieurs (hydrothérapie, climatothérapie, électrisation, etc.) agiront du reste dans le même sens et serviront également à combattre l'atonie gastro-intesti-

.nale. ,

Le régime sera le meilleur moyen d empêcher la gastrite de se produire ou d'enrayer ses progrès, si elle existe déjà. Chez les hypochlorhydriques, on pourra avoir recours aux alcalins donnés à petite dose une heure avant le repas, et, aussi, aux pepsinogènes.

Chez ceux qui, à certains moments, au commencement delà cure ou à certaines périodes d'aggravation, onttendanceàla stase etaux fermentations excessives, on aura recours à l'acide chlorhydrique ^ et, d'une façon passagère, au lavage de l'estomac. L'HCl, combiné ou non aux teintures amères, sera employé aussi contre l'anorexie grave et rebelle.

On évitera en agissant ainsi, dans la mesure du possible, que ces malades passent de la catégorie des nervo-moteurs, avec atonie plus ou moins marquée, dans celle des dilatés permanents.

Formes graves de la dyspciisic nervo-niolrice. —

^^^^ «YSPjïPSrK ^•B'fïvo/M'OT^ICli

■ÇCave^ de-: dyspepsÎB oho/;]les'in-euï-àsthériquesM Noiis ! èn àvoâ&^g^ilemei>Pv« certain, ttombPÈ de cas^^ ^G0i^iis:Bëviioï)ii«ie8Vlë'iiliï& smymC àe^nmm^ yqkè^mêfm^p^u^em'L^'6\t des aGèidents:tpôs.graves

mm ^ue^leidêihontra: rla^ p0<îsîbitîté:îd'urie . giièiiorl -nsiL'èfcpJï0n^bïèirésl0Gâùx^netsont-g:i^^

eWrtftoAlïte '^sdè .^esadtetoièpigfe

' ;l«nceVQieâ>*e.nr())is, tles a^reuTS • 'de ^ai^îtjîîytipa-tfta àVeê otf ScHî^ colite mucolmMubraiîêttse J'ùnéûgmïgd- '«(Mn^lÛS'oti-rrtôinë 'vive^dé ■brùl-ui*e sl^ife^e qttdque temps après le repas, rarementdes vomissemèbts,

■msmMmÈ, 'H y;a de r^maigrîss6méni,m péM ^^t ngiuft^jj titsiréfeev '^astcïïiie L'es itlaladës ire îiourris- '*«éM pa%^m^' mfëi fàP (*à/int0i<iés'ïnaiateès'pl.ufeau

les autres par inappétence, apathie et découràgëiîïé&t, -9cïWéi^f^nëraleiais'ë«'âi¥lVè^ t ^Ô^fmkiif^i^ 'k^mfmi'''iMm f^iiiXtër4e\ir?Ht-ôu

^'m'k'aM pèlà^ 'muiôé,À^'ëT ^kmi & rë'étéôiiaé^Mfd'tiàe. -'âï^lifiMÛtEaêm'^iètiïe?^&ïi€iiifôire'Jdè n§ïïê«i4u^^É« lîââ'^^hfatëe'iJdâÉ^i l'attémie^p&ïnidgMe progressive-.QlisdsT )s svB'ig sizs'ion^'I eiiaoo ïêaus

f?ë^ffofil' âe§J^aii^aè'3cè'i^ë# q^e^:«yéïi-^ifeB!ff'-feur-

etoutle traitenvoûtxifii/WeiB-MvtebeJl. ,Oamsait(f«ri qaioi

il consiste. " .siwmraoo

e/fpLeis jonaJadcst^tel plùsnsx3i:èieM.:jcei jsôn i> EiesÈ feBiiies , «sont isoléHiilc eJànm l'amiHé; séiparéâetle stféfrixB^vaic ntB,sf|nels iLsTivoiitihabituellénieut- ©mies cqiïûeiàdibs .gapttes^nialliçles'expùrimeintésquiîtevToiil les: soignairavec îdoiiceuri maisôlsânsr-faiblèsse-, .efeoteiupàreiidre lïprogressiveiifent sW îcônQancte' venu.eiik-riièni6aJi9l5e iïeposau lit èstiabsolnuaii débuts,; jles inaiadbsi&ofal

massés- pour . iremplàceif i'e?cer.cicei-s'iipppimé,;îpotir J<&ti niùler lésJéchàngfe:ntutriti fs JelilaT^^ ofaïuseiitainebnB'x;^ nif ambca-uji we. dilqe'i jaomeo'idï .9ij3Go(HïJii.e!.J5aMihmilaAioHr/j-âuïd:ébut^^'^ Mcio -iepèdaèii.' Plusitardy aé ■"ajoute sTiccessiTelnefnt âatlffit -iidiesiàlimeïi!lSH(fteoi:dfeieatp)luK€omptexesp.cïe façoiûqci 9%ijc!fêuafe 'SîB^'iiîtble ^BvaLimentafion.ikOai pernietipi^- "i^rfflasaiyîerneiit au' îmalad^dôîseTleiyer^iguiadfiisxariiir ; ; teiBïaiSsage estvcoptiîiuéî'/'^ loi sup eldiaaoq 138 If - n 0 Dît ob tien b, e a J ) gô n é ral , i d' e xcelléiut més idiaèéad e jxcffiq EGgiriieol]ïliBigégà.BlaijîfôiS(potitre Q'étàli miBûtab'TJBt eefmine jl'inaiiitiorii. -^flpj-aô o ,Jj3Jk(aà-i sd .'iBibxiisi es Ibq iNii)iisiayi)n&. tttEtfiDaj^ flajiïB quelguiôs.GHs^ iam exrëlâé&a t -arésoiltiafbl'diu^ajBagè à !laopQraîdrei3de i-vmméegraushiilfet sansiœufsçielïézidBsilniEiirflfiilféMqiiessattlaifl oiSoràTBB-rgra-jîe dei tdiy^épsiesrM^ ga\'fâgeeâlaii'!Mtfa(yffic -â'à sénde.;] ioèestîuiie! flesibotuneB iaîq)licàilT(Ousj3d!Eola35"ia- 6i aiimcEnlafcèiii ^IfellfliqiiteiUa aocpOuqdVIrcIièktg-eiooIqiq -n-:> 'Eb lagissaittlaiBav Im i9iimpiZnv6mmMi:rjmm]elqli^s

malades ne maBg0ïi)bpais<Bl:S^af6iibI;is8fflit paa^iïîqtîâils esbnt néviijpaliieS'.jMfesontidfiaBlàrt^ pliUSdnitHTapatties,

d'autant plus déprimés physique ment et moralement, «•qu'ifs sê- mtèrtièsêtà ' mMBs, et'- aiiïS'iî'ê'e îsofteK' Ce

alimentant artificiellement. En reprenant iJes faïCieB,

llYSI'KI'SIH NEI(\ (I-MOTIUC.I':

ils reprennoiil courage cl n.'viciiiiciil ainsi à la vie; commune.

11 esL évident qu'une lésion de l'eslomac, telle que la gastrite destructive plus ou moins généralisée, no devrait pas empêclier de se comporter d'une façon analogue, le succès serait seulement plus douteux.

Entéroptosc. — 11 convient de dire ici ce que nous pensons de l'enléroptose, et dans quelle mesure ou doit, dans la prati([ue, tenir compte de la théorie si brillamment défendue par F. (jlénard, de Lyon.

Rappelons les points essentiels (1). L'intestin est forcément replié sur lui-même un grand nomb.re de. fois pour pouvoir tenir dans la cavité abdominale. Il est maintenu à sa place parle mésentère et lesépiploons dans l'épaisseur desquels on pourrait distinguer de véritables ligaments, et aussi par la sangle musculaire que forment les parois abdominales. Or il est possible que l'intestin augmente de densité : cela se produit lors([u"il se vide de ses gaz et se contracte à vide. D'autre [)art la sangle abdominale peut se relâcher. Le résultat, c'est que l'intestin, qui cesse d'être soutenu, tire sur ses ligaments. Le principal de ces ligaments irait du coude droit du côlon transverse au pylore et à la partie adjacente de la grande courbure. Le côlon, dans sa descente, entraîne donc l'estomac, qui, à son tour, par l'intermédiaire de l'cpiploon gastro-hépatique, entraîne le foie. Le rein se déplace également. Ce n'est plus seulement de l'enléroptose, c'est de la splanchnoptose.

Cette rupture d'équilibre dans la statique des

(1) Lyon médical, 188o. FiiRÉOL. Soc. médicale des hôpilaiu: de Paris, 1887-88. Guilleret. Gaz. des liâpitaiLV, 38 septembre iSeS. Kaplan. Thèse de Paris 1889. Gourcelot. Th. de Paris, 1889.

KNTl'',l{()I'TilSK 'l^'^.

" viscères abdomiiuiux se Inuliiirail par des pliénomènes dont cortains correspondent assez exactement îi ce que nous avons compris sous la dénomination de dyspepsie norvo-molrice.

La diminution de la tension al)dominale amènerait en ellet la sensation de faiblesse générale, de faiblesse des reins, d'estomac. Le tiraillement de l'intestin sur ses ligaments mésenlcriques et gastro-épiploïques provoquerait les sensations de tiraillement de poids, de creux, de vide, de fausse faim... Si on

•y ajoute les symptômes concomitants dus à l'atonie gastrique, les symptômes clioméliens, comme les appelle M. Glénard, — c'est-à-dire la flatulence, les douleurs, aigreurs, brûlures et vomissements, les serrements et les crampes gastriques, — on a le tableau général de la dyspepsie gastro-intestinale

■ des neurasthéniques et des né^Topathes vagues.

Les malades sont immédiatement soulagés par le port d'une sangle abdominale qui relève et soutient la masse abdominale : le port d'une ceinture appropriée lient donc une place primordiale dans le traitement que M. Glénard institue à l'usage des entéroptosés. La sangle, les laxatifs, le régime carné, les alcalins, amènent leur guérison et cela confirme le diagnostic.

Il y a beaucoup de vrai dans cette idée de l'entéroptose. Il est incontestable que, chez certaines personnes, il existe une véritable chute de l'abdomen. Cela se voit, en particulier, chez les femmes qui ont subi piusieui-s grossesses, chez des individus obèses, et surtout cliez ceux qui ont maigri d'une façon assez ■rapide. Il est certain que l'atonie, le relâchement des parois abdominales favorisent la constipation et l'apparition de phénomènes de dyspepsie atonique

160 DYSPKI'SIK iNERVO -MOTRICE j

gaslro-inteslinalc. Ces malades se trouvent fort bien de l'usage d'une ceinture bien serrée et bien ajustée, qui fait mécaniquement ce que ne peuvent plus faire activement les parois relàcheés de l'abdomen.

Reîu mobile. — La chuLe du rein, le rein mobile, la néphroplose, se rencontrent assez volontiers dans ces conditions. Me basant sur un nombre assez grand d'observations, je ne pense pas cependant que la découverte d'un rein mobile, chose fréquente chez la femme, surtout du côté droit, doive faire faire par (.surcroît le diagnostic d'entéroptose. En effet, j'ai vu -bien souvent chez des jeunes femmes la mobilité du arein exister sans relâchement appréciable des parois «abdominales. Je l'ai vue chez des femmes qui n'avaient -eu^qu:'une seule grossesse et, quelquefois même, chez tidesi personnes qui n'avaient jamais été enceintes. D'autres auteurs ont fait la même constatation relaifitiveni&Bt au rapport du rein mobile et de la gros-

-0'i(|lîsembleique)Lei rein mobile, plus ou moins dé- -iïtalcé',lenitiiFaillaht suiP lies fdaments nerveux irrite le -■s^sièmè nei'Treux,! et amène plus particulièrement le fdéséquilibironiieint^idu'^isystème sympathique abdomiônalïijD&flày chez lies prédisposés, la névropathie générale, sous forme le plus souvent de neurasthénie, et, -iènpIus6bou'ybht'?>èttyptus directement encore, la dys- -■papsÉeraiiiewo-mottrice. Il est bien rare que les neuras- .ithéati^ùesi à fTeiiifihiobile n'aient pas des accidents ^dyspeptiques prédoTninants.

.g&^dur-d^spepsie jpeut se présenter sous les difféxpeaites.fpiimes: cliniques de la dyspepsie : dyspepsie iaeirv'-o4m[6tr;ice, hyperchlorhydrie, dilatation permameBleî.d:p.ip-esatDmac. La forme la plus fréquente est &lfpifoirine')iafi)-v<jHmotrice, dont nous venons précisé-

REIX MOBILE

ment d'exposer le trailement. C'est ce qui résulte également des constatations faites par la plupart des auteurs (1) (Lindner, Landau, Sulzer, etc.)-

Souvent aussi les malades atteints de rein mobile présentent des vomissements ou même de véritables crises gastriques; il en sera question plus loin (voir Crises f/astriques).

Ici nous rechercherons seulement quelles sont les indications thérapeutiques spéciales qui résultent de l'existence d'un rein mobile chez les dyspeptiques.

Les crises de dyspepsie chez les personnes atteintes de rein mobile surviennent surtout à la suite de trois circonstances principales : le surmenage, les commotions morales, la menstruation. Il faut donc mettre dans la mesure du possible les malades à l'abri des deux premières causes.

La marche et la station debout suffisent souvent pour entretenir ou pour faire renaître une crise qu'avait provoquée la fatigue. Les malades garderont le plus possible le repos au lit, ce qui, joint au régime, suffit souvent pour améliorer notablement leur dyspepsie. Quand ils voudront se lever et surtout marcher, il l'audra leur faire porter une ceinture munie d'un coussin ou d'une pelote spéciale, destinés à maintenir le rein en place, ou tout au moins à le soutenir. Lorsque tout cela ne suffit pas, lorsque les accidents ont réellement de la gravité, on peut songer à l'intervention chirurgicale. On peut avoir recours à la néphrorhaphie ; la fixation du rein donne de bons résultats dans près de la moitié des cas.

Il n'est pas très rare de trouver le rein, le droit

(1) Lindner. Ueber die Wanderniere der Frauen.

nySI'KPSIK NKKVO-MOïlUCi';

surloul, soulcmciil lûgèremenl déplacé. La palpation [)ermel(Io rcconnaîli'e son extrémité inréricuic, mais son mouvement de descente est en somme limité. Lorsque l'abdomen n'est ni tombant, ni saillant, qu'il n'y a pas de relâchement appréciable des parois abdominales, le port de la ceinture serail d'un avantage fort douteux. On peut se contenter alors, et cette recommandation s'applique du reste ii tous les cas, de restreindre autant que la malade voudra bien le concéder, la fâcheuse constriclion exercée par le corset.

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