CHAPITRE m
Dilatation tle l'estomac avec stase permanente.
M. Boucliai-d définit la dilalalion do l'eslomac par cette formule souvent reproduite : tout estomac qui ne se rétracte pas lorsqu'il se vide est un estomac dilaté. Cette délinition est incomplète; en effet, l'estomac peut être distendu par des gaz et ne pas se rétracter : ce n'est pas un estomac dilaté^ c'est un estomac distendu. En effet, d'après la conception même de M. Bouchard, le l'ait le plus important, celui d'où dérive toutes les conséquences néfastes de la dilatation de l'estomac, c'est la stnsê des liquides et des aliments solides. — La véritable formule de la dilatation de l'estomac serait donc la suivante : tout estomac qui ne se vide pas est un estomac dilaté. Ce qui caractérise surtout la dilatation vraie, c'est-a-dire la dilatation avec stase, c'est que l'estomac ne soit pas complètement vide le matin à jeun, alors que s'est écoulé entre de.ux repas l'intervalle le plus long (Debove).
En n'admettant comme dilaté que l'estomac dans lequel il y a une stase permanente, on élimine du cadre de la dilatation un grand nombre de cas qui rentrent dans la dyspepsie nervo-motricc avec atonie prédominante; on diminue d'une façon très marquée le nombre des dilatés vrais.
Ifii DILATATION DE l'iîSTOMAC
Ces éliminations failcs, on se trouve encore en présence d'un ensemble de faits disparates qui jurent de se trouver accouplés artilicicUement dans la même série morbide. La dilatation de l'estomac, même en n'y retenant que la grande dilatation permanente, n'est pas une maladie primitive : c'est un état morbide secondaire.
La dilatation de l'estomac telle que nous la comprenons, correspond k des états anatomiques et physiologiques très différents les uns des autres, et qu'il importe de séparer.
On peut y distinguer les variétés suivantes :
1° Dilatation atonique, passagère ou définitive;
2° Hypersécrétion avec hyperchlorhydrie et stase permanente ;
3" Dilatation mécanique par lésion des parois stomacales ou par obstacle pylorique.
\° Dilntatiou atoniqnc, passagère ou clcfiiiîtivc. —
Abandonnés à eux-mêmes, placés dans de mauvaises conditions de régime et d'hygiène, les dyspeptiques nervo-moteurs ont tendance à aboutir à la dilatation permanente. Les aliments, après avoir séjourné un temps exagéré dans l'estomac, flnissentpar y stagner, en quantité de plus en plus considérable dans l'intervalle des repas, du matin au soir, d'abord, et plus tard aussi du soir au matin.
Dans les premières périodes, il s'agit là d'un relâchement curable de l'estomac. Un traitement et un régime convenables, quelques lavages de l'estomac suflîsent souvent pour faire disparaître, pour un temps plus ou moins prolongé, la stase et ses conséquences.
Dans certains cas, on constate, le matin surtout, que le liquide contenu dans l'estomac est forlemenl