‹ Thérapeutique des maladies de l'estomacChapitre 35 sur 88 · DILATATION DE l'KSTOMAC · texte numérisé non relu

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caniquement ce surplus, et de faire des lavages de l'estomac. Le lavage sera donc véritablement, dans ce cas, un lavage évacuateur. 11 aura l'avantage de diminuer la surcharge stomacale et de soustraire la muqueuse au contact irritant des substances alimentaires en voie de fermentation. On a conseillé, en particulier, dans l'hypersécrétion, de faire ce lavage le soir, au moment où le malade va se mettre au lit. De cette façon il y aurait pour l'estomac une période de repos nocturne; la muqueuse serait au moins délivrée pendant quelques heures du contact irritant du liquide stagnant.

Dans la pensée que ce peut être une cause de fatigue et d'excitation exagérée pour l'estomac que de faire tous les jours le lavage, il m'est arrivé quelquefois, chez les hypersécréteurs surtout, chez lesquels l'excitation de l'estomac est à redouter, il m'est arrivé de faire seulement une fois par jour l'évacuation du liquide stagnant, et de ne pratiquer le lavage que deux ou trois jours par semaine. Chez les malades qui ontl'hahitnde du tube, cette évacuation est facile ; il leur suffit de tousser lorsque le tube est inintroduit pour que le siphon s'amorce et pour que l'estomac se vide sans fatigue notable pour le patient et sans secousse.

On profilera de l'introduction du tube pour le lavage ou seulement pour l'évacuation du contenu de l'estomac, pour faire le gavage, à la poudre de viande, au lait, aux œufs.

Chez les atoniques, chez lesquels la stase n'existe pas depuis longtemps et n'est pas trop considérable, il .sufTira quelquefois de quelques lavages pour la faire disparaître et pour faire disparaître! du même coup l'hyperacidité organique qui en est la consé-

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quence. 11 y a du reste, nous l'aYoïis dil, tous les intermédiaires entre la distension par atonie nervo-motrice et la dilatation avec stase permanente et hyperacidité organi(iuc.

Sortis de ces crises paroxystiques, les malades serontremis, avec des précautionsparticulières, au traitement des dyspeptiques nervo-moleurs chez lesquels prédomine nettement l'atonie.

C'est chez ces malades que pourront surtout se montrer utiles les régimes contre la dilatation formulés par certains auteurs, en particulier, le régime sec de M. Bouchard.

Cet auteur fait faire deux repas par jour, séparés par un intervalle de 9 heures; quelquefois cependant il est obligé de permettre trois repas. Les deux principaux sont à 7 heures d'intervalle l'un de l'autre ; le petit repas du matin, n'est séparé du grand repas suivant que de 4 heures. Il ne concède que 375 grammes de liquide à chaque grand repas; c'est-à-dire 3/4 de litre par jour, aucun liquide au petit repas.

Les aliments ne seront pas trop gras; on donnera de préférence des viandes très cuites, du poisson bouilli. On ne donnera que fort peu de substances susceptibles de fermenter, peu de sucre, pas d'alcool, pas de vinaigre. Le vin rouge sera défendu; on ne permettra que le vin blanc ou la bière coupés de 2/3 ou 3/4 d'eau.

Peu de pain, et de préférence du pain grillé de façon à tuer les spores de levure qu'il peut renfermer . encore après sa cuisson.

Au premier déjeuner on donnera un œuf à la coque, des fruits cuits, ou des marmelades; pas de pain ni de boissons.

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« Au deuxième repas conviennent les viandes froides assez cuites, les viandes chaudes, mais braisées de préférence aux rôtis saignants, des purées de viande, du poisson bouilli, des œufs peu cuits, des œufs préparés au lait, du lait en quelque sorte solidifié, des pâtes, du riz préparé au lait, au bouillon, au jus de viande, des purées de légumes considérées à tort comme augmentant la dyspepsie flatvdente, des fromages, des compotes de fruits (1). »

Les trois quarts de litre de liquide que concède M.Bouchard ne suffisent pas à tous les malades; beaucoup ne peuvent se contenter d'une si minime quantité de liquide. Il vaut mieux, à notre sens permettre et ordonner les boissons chaudes exclusivement. Les malades sont beaucoup moins tentés d'en boire avec excès que des boissons fraîches, et la chaleur excite utilement la contractilité des fibres muscalaires lisses des tuniques stomacales.

Voici, à titre de renseignement, le régime que donne liosenheim aux dilatés de l'estomac. Il est, comme on va le voir, partisan de petits repas répétés.

6 heures = 100 gr. de thé, îiO gr. de pain, un œuf.

9 heures =: 100 gr. de gelée de viande, 50 gr. de biscuit, 10 gr.

de beurre, un petit verre de sherry.

Midi = loO gr. de bifteck à l'anglaise, 100 gr. de riz bien cuit,

bien divisé par la coclion, ou un autre légume,

150 gr. de vin rouge.

3 heures = 50 gr. de pain blanc, 200 gr. de lait. 6 heures =: lOù gr. de pain blanc, viande fumée, biscuit, 50 gr.

20 gr. de beurre, 100 gr. de vin rouge. 9 heures = 100 gr. de thé, 100 gr. de biscuit.

Ce régime, à notre sens, conviendrait mieux aux

(1) Leçons sur les nulo-inloxkations dans les tnaladies, p. 189 et suivantos.

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neurasthéniques atteints de dyspepsie atonique qu'aux dilatés proprement dits. Il faut moins en retenir les termes précis que le principe môme des petits repas bien dosés et composés de telle façon que la ration d'entretien soit obtenue. Le vin rouge serait avantageusement remplacé soit par du vin blanc ou de la bière légère, soit encore par des boissons chaudes, grog léger, etc. Il ne faut pas oublier non plus que certaines personnes tolèrent mal le thé le soir et qu'elles ne peuvent en prendre sous peine d'insomnie.

2° Donner vue alimentation telle que les fermentations se trouvent réduitps au minimum. — Ce but est atteint en prescrivant l'alimentation que nous venons de formuler. Pour le surplus, on se conformera aux règles que nous avons données d'autre part. [Régime^ antisejjsie gastro-intestinaJe. ]

Assurer autant que possible le passage des aliments de Vèstomac dans le duodénum. — Cela ne peut s'obtenir médicalement que d'une seule façon, en augmentant la force de contraction du muscle gastrique. Il faudra donc avoir recours aux divers agents susceptibles d'agir dans ce sens et que nous avons énumérés à propos de la dyspepsie nervo-molrice : ipéca, teinture de noixvomique, électrisation, massage, hydrothérapie, etc. Tout cela n'aura chance de réussir, naturellement, que s'il n'existe pas d'obstacle mécanique an niveau du pylore, si le muscle stomacal ne présente pas de lésion destructive trop étendue, s'il n'est pas trop aminci par le fait même de la distension.

Lorsqu'il va une lésion difl'use des parois de l'estomac, les moyens palliatifs seuls, le régime, le avage, peuvent être do quelque utilité. Avec une

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grande dilalalion irréductible, la silualion esl des plus graves.

Avec une lésion organique au pylore, ilresleencore une ressource : l'intervention chirurgicale. Cette intervention ne sera que palliative dans le cancer, elle pourra être curative dans le rétrécissement fibreux du pylore (1).

Il ne nous appartient pas de développer ici la thérapeutique chirurgicale du rétrécissement du pylore on trouvera cette question traitée dans un autre volume de celte collection. Nous nous contenterons de dire, en deux mots, notre opinion sur ce sujet.

Pour intervenir radicalement dans le cancer du pylore avec quelque chance de succès, il faudrait le faire de très bonne heure, alors que la lésion est très restreinte, très limitée, qu'il n'y a "pas d'adénopathie secondaire. Malheureusement le diagnostic ne se fait guère à cette période. Plus lard la tumeur est trop étendue pour que son enlèvement par pylorectomie, soit chose facile. L'opération devient très périlleuse par elle-même, et ses résultats très problématiques. La récidive survient en général au bout de quelques semaines ou de quelques mois ; le malade a donc couru sans un avantage suinsant les dangers très grands d'une très grave opération.

La gastro-entérostomie, c'est-à-dire l'abouchement de l'estomac à l'intestin par-dessous l'obstacle donne des résultats beaucoup plus satisfaisants. La douleur disparaît, les grands vomissements cessent, l'alimentation redevient possible, le malade reprend des forces (A. Guinard). Il semble y avoir un temps

(1) A. Guinard. Traitement cliirin-r/ical du cancer de l'eslomac.

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d'arrêt dans l'évolution du mal. Il est vrai qua celuici continue son évolution et que, si le malade n'a pas succombé aux suites de l'oblitération du pylore, il est enlevé plus ou moins tôt parles progrès de son cancer.

Les résultats des diverses interventions sontbeaucoup plus favorables lorsqu'il s'agit d'un rétrécissement fibreux, non cancéreux du pylore. On a fait alors la dilatation, avec ou sans ouverture de l'estomac, la pylorectomie, et aussi la gastro-entérostomie.

C'est encore la gastro-entérostomie qui doit être préférée : c'est en effet l'intervention qui est la plus facile, et qui présente le moins de dangers opératoires ou post-opératoires.

L'indication la plus nette à l'intervention chirurgicale est fournie par le rétrécissement du pylore et la grande dilatation de l'estomac, survenus à la suite de la cicatrisation d'un ulcère simple.

4" Faire rantisqisie stomacale. — Diminuer les fermentations intrastomacales est une indication qui s'impose dans la dilatation de l'estomac. Plusieurs des modes d'intervention que nous avons indiqués ont déjà pour conséquence secondaire la diminution du processus de fermentation et d'auto-intoxicalion : ainsi la diminution de la quantité des aliments, l'élimination de tout ce qui pourrait inutilement séjourner et s'accumuler dans l'estomac, la proscription des substances déjà fermentées ou trop éminemment putrescibles ; d'autre part encore le lavage de l'estomac et l'évacuation^par la sonde du résidu stagnant. Nous renvoyons au chapitre spécial consacré à l'antisepsie gastro-intestinale pour ce qui concerne l'antisepsie médicamenteuse.

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5° Comhattre la di/s])e]jsif>. chimique. — L'étal chimique de l'estomac dilaté est très diflFérent suivant les cas. 11 y a chez certains dilatés hyperchlorhydrie ethjpersécrétion,chez les autres, au contraire, hypoclilorhydrie avec ou sans hyperacidité de fermentalion. Ce sont là les conditions les plus opposées.

Il conviendra, naturellement, chez les hypersécréleurs hyperchlorhydriques, de remplir, par les moyens exposés ailleurs, les indications primordiales de cette variété de dyspepsie : réduire l'irritation gastrique au minimum, saturer l'acide en excès par les alcalins à haute dose, etc.

Que faire chez les hypochlorhydriques? Faut-il chercher à exciter la sécrétion de l'acide chlorhydrique ? Faut-il donner de l'HCl en nature de façon à remplacer l'HCl absent ?

Il est à remarquer tout d'abord que les moyens employés pour exciter le muscle serviront sans doute aussi à exciter la muqueuse et que, sous leur influence, celle-ci donnera, par ses glandes, ce qu'elle peut donner encore.

L'acide chloi-hydrique n'a pas grande utilité dans les cas de rétrécissement cancéreux du pylore et de grande dilatation stomacale en amont; on peut se dispenser de le prescrire dans ces conditions. Il est même à penser qu'il vaudrait mieux alcaliniser le contenu de l'estomac, de façon à supprimer la chloropeptonisation. En elTet, on a vu, d'une façon à peu près constante, la gastro-entérostomie faire disparaître les douleurs épigastriques : cela, sans doute, parce que l'on avait, en détournant son cours, empêché le suc gastrique de venir au contact des points ulcérés. Ne conviendrait-il donc pas de chercher le môme résultat en donnant aux cancéreux de l'eslo-

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mac qui souffrent, des alcalins à dose élevée? C'est du reste ce que nous avons fait avec avantage dans quelques cas.

On ne donnera pas non plus d'acide clilorhydrique s'il peut y avoir quelque soupçon d'un ulcère simple non cicatrisé encore.

La principale indication de l'HCl, c'est la dilatation atonique intermittente, à paroxysmes, et surtout des fermentations excessives, avec hyperacidité organique.

On pourra prescrire l'acide chlorhydrique en nature à la dose de 15 à 25 gouttes en deux ou trois fois ou sous forme de solution aqueuse : par exemple, un ou deux verres à Bordeaux de la solution à, 4 pour 1000, donnés une heure et deux heures après le repas.

6° Comiattre la constiimtion. — Les dilatés, en dehors des débâcles auxquels ils sont exposés, ont à peu près toujours de la constipation. Elle est attribuée à ce que l'eau ne parvientpas dans l'intestin en quantité sufTisante.

C'est, dans l'espèce, aux moyens mécaniques qu'il convient surtout de s'adresser pour venir à bout de cette constipation : suppositoires, lavements, massage, électrisation même. Il convient, en effet, de ne pas verser dans l'estomac des substances purgatives qui y seraient retenues et ne produiraient pas par conséquent l'effet cherché, tout en contribuant à augmenter la masse des matières en stagnation.

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