ENTÉRITE MUCO-MEMBRANEUSE
neuse, qu'il vaut mieux appeler, avec G. Sée,enlérite muco-membraneuse. pr^Mînn
Au début, et dans les cas les plus légers, 1 affection est caractérisée simplement parl'apparition, avec les selles chez les constipés de mucus transparent, glaireux, qui se montre sur tout dans la dernière partie des matières expulsées.
Dans d'autres cas, le mucus se concrète, et prend l'aspect soit de frai de grenouille, soit de fragments d'albumine de l'œuf à demi cuit. Parfois encore c est une couche blanchâtre étalée à la surface des matières ou des fragments blanchâtres irréguliers ou membraneux. Ils peuvent ainsi simuler le tœnia, et l'erreur a été assez souvent commise, non seulement par IsB malades, mais même parles médecins. Plus rarement ce sont des fragments tubulaires pris souvent pour des morceaux de la muqueuse sphacélée et détachée, soit pour des fausses membranes croupales.
Ainsi se présente l'entérite muco-membraneuse en dehors des poussées aiguës dont nous allons parler. L'examen histologique a montré qu'il y avait dans les matières glutineuses ou membraneuses expulsées, surtout du mucus, des débris épithéliaux, une énorme quantité de microbes, surtout de colibacilles, mais fort peu de substances albuminoïdes llbrineuses. 11 s'agit donc d'une inflammation catarrhale, superficielle, dugros intestin, ne correspondant pas aune lésion profonde, dans les cas récents tout au moins. Il est probable que le dessèchement de la sécrétion muqueuse par résorption de son eau, lui donne l'aspect glutineux, puis membraneux. Cependant il peut y avoir une inflammation plus profonde, susceptible même de devenir ulcéreuse; il se fait une
entérite interstitielle. Ce sont des faits de ce genre qu'a vus Wanebroucq ; mais la dénomination d'entérite interstitielle ne s'applique certainement qu'à une petite quantité de cas graves et invétérés de colite muco-membraneuse. Ces cas sont peut-être du reste d'une essence particulière, exceptionnelle.
Il semble, il faut le dire, que l'entérite mucomembraneuse ne soit pas une unité morbide et j qu'elle puisse dépendre de facteurs pathogènes différents. Quoi qu'il en soit, elle est fréquente chez les constipés, et cela nous suffit pour nous en occuper ici.
Les malades atteints d'entérite muco-membraneuse éprouvent souvent des douleurs ou des coliques extrêmement intenses dans la région du côlon. Ces douleurs se présentent souvent à la façon de véritables crises douloureuses^ entèralgiques ^ qu'on a prises quelquefois pour des coliques hépatiques.
Parfois surviennent des poussées aiguës qui modifient singulièrement l'aspect de la maladie. Après une période prolongée de constipation, ce sont des crises dysentèrif ormes ^ bien décrites par Lasègue. On les a prises souvent pour de la dysenterie sporadique : selles fréquentes, douloureuses, épreintes, ténesme, matières sanguinolentes, rien ne manque pour rendre la ressemblance plus complète. Entre les grandes crises dysentériformes et la constipation avec mucosités, il y a, du reste, tous les intermédiaires, et, en particulier chez les enfants, les débâcles consécutives à la constipation, s'accompagnent volontiers d'un peu de ténesme et du rejet de quelques glaires sanguinolentes.
Les malades atteints d'entérite muco-membraneuse sont encore sujets à d'autres accidents. Ils
ENTÉRITE MUCO-MliMBHANEUSE ^t'
ont, cavec des douleurs intesUnales plus ou moins vives et de la diarrhée, des poussées fébriles qui ont fait penser parfois à la fièvre typhoïde. C'est le résultat de la désagrégation de matières riches en substances toxiques, et dans lesquelles pullulent les bactéries : y a-t-il, en cas semblable, simplement intoxication par absorption des substances chimiques, ou pénétration de bacilles, du colibacille peutêtre, par la muqueuse érodée? On l'ignore. Toutefois la nature infectieuse de ces accidents et leur point de départ colique ne sont point douteux.
Comment faut-il traiter les malades atteints de colite muco-membraneuse?
Dans les formes légères, quand il y a seulement du mucus en petite quantité, il n'y a lieu de s'occuper que de la constipation, et de la traiter par les moyens ordinaires. Il ne faut pas perdre de vue qu'il a parfois,en même temps, hyperchlorhydrie, rein mobile, neurasthénie et que le traitement ne peut pas s'appliquer exclusivement à la simple constipation.
Nous sommes persuadé que le meilleur laxatif dans ces conditions est l'huile de ricin, donnée à petites doses, chaque matin. Les lavements sont également utiles.
On traite souvent, à Plombières en particulier, la constipation et l'entérite muco-membraneuses par les douches ascendantes. Elles sont très utiles, en efifet, dans bien des cas. Cependant, il ne faut pas les administrer en cas de poussée aiguë, comme le dit fort bien M. Malibran, qui donne sur leur emploi des conseils fort judicieux (1). Pour sa part, il combine les douches ascendantes aux lavements pris le soir et
(1) L'alonie intestinale et ses complications.
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gardés toute la nuit, el au massage abdominal, lorsqu'il y a des matières dures retenues dans l'intestin. Il n'est pas rare que de semblables matières ne soient rendues par les malades qu'après quelques jours d'usage quotidien des douches ascendantes.
Dans les formes modérées, les malades peuvent aussi faire avec avantage des cures d'eau minérales purgatives. Il ne faut pas pour cela que l'état de l'eslomac apporte une contre-indication aux cures de ce genre.
En cas de crise douloureuse, on aura recours aux applications chaudes, aux bains chauds, à la belladone ; l'opium et la morphine ont le désavantage d'augmenter encore la constipation.
En cas de débâcle manifeste, de diarrhée avec phénomènes typhoïdes, il sera bon de donner un purgatif évacuateur : on peut se servir des sels purgatifs et des eaux minérales ; mais, chez les enfants surtout, le purgatif de choix, en cas semblable, c'est le calo- ■ mel qui jouit de propriétés antiseptiques.
On pourra aussi se servir, pour le lavage de l'intestin, de ïentérochjse que l'on fera, soit avec l'appareil de Cantani, soit avec celui que Dujardin-Beaumetz a fait construire chez Galante. Il suffit, du reste, pour l'exécuter, d'adapter à un réservoir ou à un simple entonnoir, un tuyau en caoutchouc terminé par une sonde œsophagienne ou même à la rigueur une sonde uréthrale en caoutchouc rouge. On fera ainsi des lavages de l'intestin à l'eau bouillie ou à l'eau naphtolée.
M. Le Gendre, pour faire pénétrer le liquide plus loin, recommande de prendre les lavements étant couché, le siège légèrement élevé ; le malade, après avoir fait pénétrer la plus grande quantité possible