ENTÉRITE MUCO-MEMBRANEUSE
Fig. 'i. — Kméroclyscur de Galante.
de liquide, se tourne sur le côté droit; cela permet souvent d'en introduire une quantité nouvelle. Cela
s'explique parce que le liquide, grâce au changement de position du malade, a pu franchir le coude gauche du côlon et pénétrer dans le côlon transverse.
Récemment, Revilliod a proposé, pour le traitement de l'entérite muco-membraneuse, le procédé suivant. Il fait préparer un lavement ainsi composé :
Mucilage de pépins de coing 500 gr.
Sous-nitrate de bismuth ' aa 10 gr.
Salicylale de bismuth S
L'intestin est préalablement nettoyé par un lavement pris ainsi que nous venons de l'indiquer d'après Le Gendre. On ajoute à ce lavement, soit de l'huile de ricin, soit de l'ipéca, de façon à obtenir une évacuation intestinale complète. Au besoin, on donne un second lavement à l'eau boriquée. On donne ensuite le lavement au bismuth. Le malade le garde autant que possible pendant 24 heures ; pour cela il reste couché. Si le lavement entier ne peut être gardé, on en donne une quantité moindre.
Chose curieuse, le bismuth n'est pas rendu immédiatement en totalité, il n'est expulsé qu'en plusieurs
jours. .
Un semblable lavement aurait suffi quelquefois pour amener la guérison de l'entérite muco-membraneuse. On obtiendrait de bons résultats, à l'aide de ce procédé dans la dysenterie et dans tous les cas où il existe des ulcérations du gros intestin (1).
Le benzo-naphtol est tout indiqué lorsqu'il y a lieu de faire l'antisepsie intestinale : on le donnera à la dose de 4 à 5 grammes par jour, par cachets de 50 centigrammes.
(!) Revue mécllc. de la Suisse romande ci BuUet.médic.,22 janvier 1893.
LIÉMORKHOÏDES ^Ol
Dans' le Irailement de l'enLérile membraneuse, ce sont les débuts qu'il faut surveiller avec soin. Les malades doivent être placés dans les conditions hygiéniques les plus favorables : ils éviteront avec soin les refroidissements, surtout le refroidissement de l'abdomen. Ils éviteront la surcharge alimentaire et les mets fortement épicés ou faisandés,- avec autant de soin qu'ils combattront la constipation.
Héniorrhoïdes. — Les hémorrhoïdes se montrent fréquemment chez les individus constipés ; il semble que la constitution qui prédispose à la constipation prédispose aussi aux hémorrhoïdes. Les efforts de défécation rendus nécessaires augmentent la turgescence des veines du rectum; d'autre part, la saillie que forment les hémorrhoïdes, les douleurs qu'elles provoquent tendent à rendre encore plus difficile la défécation, à aggraver la constipation et ses conséquences. C'est là un cercle vicieux pathologique.
Pour certains auteurs, la cause principale des hémorrhoïdes est la congestion active des veines rectales ; pour les autres, c'est la stase mécanique favorisée par la disposition anatomique des veines hémorrhoïdales, stase favorisée encore par les efforts de défécation auxquels sont obligés les constipés. Nous pensons, pour notre part, que tous ces éléments jouent un rôle dans la pathogénie des varices du rectum.
M. Quénu admet qu'il se fait une phlébite chronique qui enlève aux veines leur élasticité, ce qui n enlève rien à la valeur des deux autres facteurs pathogéniques : la phlébite explique bien mieux la persistance des dilatations veineuses dès qu'elles ont atteint un certain degré, et qu'elles ont duré un certain temps.
232 COISSTll'ATIOiN
On divise les héraorrhoïdes en internes ou externes, suivant qu'elles se développent au-dessus ou au-dessous du sphincter anal; les externes sont seules direclement appréciables par la vue dans les conditions ordinaires.
Les varices externes peuvent être plus ou moins volumineuses; elles peuvent être, comme les internes, le siège de poussées congestives; elles sont alors tendues, turgescentes, bleuâtres. Quand elles sont vieilles, elles s'épaississent, se flétrissent, prennent un aspect cutané, passent en un mot, à l'état de marisques.
Les hémorrhoïdes internes ne sont appréciables que par le toucher en dehors des périodes où elles sont chassées à travers l'orifice anal. Cela se produit lorsqu'elles se gonflent et sont poussées au dehors par le bol fécal. Elles s'étranglent à travers l'orifice sphinctérien ; leur réduction peut être des plus difficiles.
Parfois les hémorrhoïdes deviennent le siège d'un écoulement sanguin plus ou moins abondant qui se produit surtout après la défécation. La muqueuse rectale irritée donne souvent lieu aussi à un écoulement leucorrhéique. Il peut s'y faire des exulcérations, des fissures très douloureuses.
Les hémorrhoïdes peuvent causer des accidents plus ou moins sérieux: à un degré léger, de la pesanteur anale, de la difficulté plus grande de la défécation, du ténesme ; à un degré plus élevé, des douleurs vives, l'étranglement, l'exulcération de la muqueuse. Les hémorrhoïdes étranglées peuvent s'ulcérer, s'enflammer, s'abcéder, devenir par le mécanisme de la phlébite, le point de départ d'abcès du foie, d'accidents d'infection purulente, etc.
IIÉMORRUOÏDES
Les hémorrhagies auxquelles elles donnent lieu peuvent être, par leur répétition et leur abondance, une cause d'épuisement et d'anémie.
Les hémorrhoïdes peuvent donc être une complication des plus graves.
Quand les hémorrhoïdes sont peu accentuées, que leurs poussées congeslives sont modérées, quand les hémorrhoïdes internes, sorties après la défécation rentrent facilement, qu'elles ne sont pas trop volumineuses, que leshémorrhagies sont peu abondantes, le traitement médical suffit; quand, au contraire, les hémorrhoïdes sont volumineuses, difficilement réductibles, ou même complètement irréductibles, qu'elles sont une menace de grave inflammation, qu'elles donnent lieu à une perte de sang considérable, il faut avoir recours au traitement chirurgical.
Nous n'exposerons ici que le traitement médical.
Il convient, avant tout, de combattre la constipation qui, si elle n'est pas la cause première, suffisante par elle seule, des hémorrhoïdes, tend, en tous cas, aies exagérer. On évitera l'aloès et les drastiques qui congestionnent les organes du petit bassin.
En cas de pesanteur, de ténesme léger, d'hémorrhagie peu abondante on pourra donner plusieurs fois par jour, de petits lavements d'eau fraîche qui seront rendus presque immédiatement. Une bonne précaution consiste adonner un semblable lavemenl froid immédiatement avant chaque selle.
Si la turgescence est plus marquée, si le bourrelet hémorrhoïdal est difficilement réductible, on pourra faire des applications d'eau très chaude, soit avcs' des compresses, soit avec une fine éponge. Un moyen assez souvent employé est de tenir une bouilloire pleined'cau chaude à proximité de l'anus, le malade
étant couché, le bassin légèrement soulevé. On peut donner aussi dans le môme but des bains chauds, des grands bains de prélérence, à cause de la situation que nécessite le bain de siège, des pulvérisations boriquées ou phéniquées.
Nous préférons beaucoup, pour notre part, les applications chaudes aux applications froides souvent recommandées. Nélaton conseillait avec raison aux hémorrhoïdaires d'aller à la selle le soir, eu se mettant au lit, les hémorrhoïdes rentrant beaucoup plus facilement la nuit, dans le décubitus.
Quand il y a procidence, irréductibilité des hémorrhoïdes, voici comment il faut procéder. Le malade estcouché sur le côté. On introduit dans l'orihce anal l'index de la main gauche enduit de vaseline boriquée ou iodoformée, après avoir lavé toute la région avec de l'eau bouillie ou de l'eau boriquée chaude. Avec la main droite on pratique le Iaxis et on fait glisser les hémorrhoïdes le long de l'index gauche
servant de guide.
On a conseillé, en cas d'irréductibilité complète, l'application de sangsues, les piqûres à la lancette : ce sont là des procédés dangereux, susceptibles de devenir le point de départ definhammation des hémorrhoïdes et de la phlébite. Les piqûres de sangsues, rebelles à toute antisepsie, sont particulièrement dangereuses. En cas semblable il vaudrait beaucoup mieux avoir recours à l'intervention chirurgicale, à la dilatation forcée de l'anus en particulier.
Certains médicaments ont la réputation de diminuer la congestion liémorrhoïdaire : l'hamamehs virginica, le capsicum, l'ergot de seigle. Il ne faut pas se servir, a notre avis de cette derniei;e substance. Le capsicum annuum (piment) s emploie sous
llÉMORRnOÏDES ^^O
forme de pilules ou en poudre à la dose de 75 centigrammes à 2 grammes par jour, ou bien à l'état d'extrait aqueux à la dose de 50 à 80 centigrammes, moitié le malin, moitié le soir (Dujardin-Beaumetz).
L'hamamelis virginica, tout au moins inoffensive, a la prétention de guérir toutes les varices, y compris les liémorrhoïdes. On donne la teinture à la dose de 10 à 30 gouttes (5 à 10 gouttes trois fois par jour. En Amérique, la préparation la plus employée est l'extrait fluide que l'on donne à la dose de A à 8 gramme dans du sirop. Un extrait sec, connu sous le nom impropre d'hamameline se donne à la dose de 5 à 6 centigrammes en pilules (Soulier).
On a vanté encore la millefeuille et la petite cliélidoine.
On combattra les liémorrhagies hémorrhoïdales par les lavements froids et l'application de glace. On a fait' aussi le tamponnement du rectum avec du coton ou de la gaze iodoformée. En cas semblable il faut veiller à ce que le sang ne continue pas à s'écouler dans le rectum, sans apparaître à l'exté-^ rieur (1).
Exceptionnellement on pourra se trouver en présence d'une hémorrhagie très abondante ; Landowski (2) a réussi à arrêter une semblable bémorrliagie en plongeant le malade dans un bain qui de 35" fut porté à 45° ; l'anus était maintenu béant par un spéculum à claire-voie.
Contre la douleur on emploiera des suppositoires calmants, à la belladone (1 à2 centigrammes), à l'extrait thébaïque, ii la morphine, à la jusquiame. On
(1) OzENNE. Ilémorr/io'ides. Biblioth. Ouarcot-Deboye.
(2) Landqwski, Revue rfe chirurgie,]}. SOO, 1881.
pourra y cajouler des astringents comme le lanin, le ratanhia, des antiseptiques comme l'iodoforme, le salol, l'antipyrine. M. Reclus recommande tout spécialement l'application d'eau très chaude (4o''-o0'') el l'introduction dans l'anus de petits bourdonnets de ouate hydrophyle imbibés de solution de cocaïne au 1/50. C'est là un procédé très recommandable contre les hémorrhoïdes turgescentes et douloureuses.
En cas de douleur vive, de ténesme intense dû à des érosions et à des fissures, la dilatation forcée du sphincter, utile également contre l'engorgement et l'étranglement, sera le meilleur remède. Elle ne guérit pas les hémorrhoïdes, mais elle les améliore souvent notablement.
En cas d'écoulement leucorrhéique et d'inflammation superficielle de la peau ou de la muqueuse, de» pommades astringentes seront utiles : tanin à 1 ou 2 pour 30 grammes de vaseline, glycérolé tannique, pommade à l'oxyde de zinc au 1/10, etc.
Brinley applique le calomel sur les hémorrhoïdes enflammées ou saignantes ; Reissmann (1) les touche avec de la glycérine iodée, tout d'abord avec une solution faible :
Glycérine 33 gr.
Iode ; 0,20 centigr.
Kl 2 gr.
et plus tard avec une solution plus concentrée :
Glycérine 33 gr.
Iode .1
Kl 5
Sous l'influence de ces attouchements, on verrait (1) Wiener med. Presse. n° 12, 1892. Cité par Ozenne.
UÉMOimUOÏDES
rapidement les hémorrhoïdes diminuer de volume, les ulcérations se cicatriser ; la guérison serait obtenue en deux ou trois semaines même dans les cas les plus graves (?)