‹ Thérapeutique des maladies de l'estomacChapitre 67 sur 88 · ULCÈHE SIMPLi · texte numérisé non relu

ULCÈHE SIMPLi

ou de Lhé de bœuf, des lavemenls cavec 15 ou 30 gr de cognac. Mais il ne faut pas insister s'ils sont mai supportés.

Le malade gardera /<? repos au Ut le plus complet dans les cas graves que nous avons signalés. Il conviendra de lui donner soit du laudanum en lavements, soit de la morphine en injections sous-cutanées pour obtenir, dans la mesure du possible, la diminution des mouvements péristaltiques de l'estomac.

Les précautions seront du reste exactement les mêmes s'il y a lieu de redouter une perforation.

Voilà pour le repos physique de l'organe ; voyons maintenant ce qui concerne son repos sécrétoire et cMmique.

^excitation sécrétoire de la muqueuse sera restreinte au minimum; donc on supprimera tous les aliments solides, toutes les boissons irritantes, et on donnera le régime lacté.

Le régime lacté^ au début des accidents, s'impose absolument. Le lait est un aliment complet, aussi peu irritant que possible, qui sature certainement l'HCl libre du suc gastrique. La théorie rend admirablement compte des excellents résultats obtenus par son usage dans la pratique.

Le lait sera donné par petites quantités espacées, froid, non sucré, bouilli ou non bouilli, à raison de 2 litres par jour pour commencer. Au bout de 6 à 8 jours, on pourra porter cette quantité à 3 litres. 11 est bon d'additionner le lait d'une certaine dose d'eau de chaux (100 grammes par litre). Dans ces proportions, l'eau de chaux n'a qu'une action alcaline fort modérée, quoique très réelle ; mais cependant elle paraît contribuer beaucoup à faire disparaître la douleur.

TRAITEMENT •'-'

L'inconvénient du Uail, c'est que c'est un aliment très riche en graisse, suffisamment riche en substances azotées, mais pauvre en substances hydrocarbonées. Pour la nutrition complète d'un adulte, il en laut une quantité considérable, six litres environ, qu'on ne peut prendre d'une façon suivie, sous peine de voir se produire une dilation considérable de l'estomac. M. Debove, en a signalé un cas des plus probants. Le régime lacté exclusif, s'il représente une alimentation parfaite pour la première ou les deux premières semaines du traitement, devient ensuite un régime insuffisant.

C'est pourquoi M. Debove a eu l'excellente idée d'y suppléer par l'usage des poudres alimentaires et, plus spécialement encore, de la poudre de viande.

Au boutd'une huitaine de jours de traitement par le lait, on pourra donner par jour une, puis deux, puis trois doses de 30 grammes chacune de poudre de viande délayée dans de l'eau ou du lait et aromatisée avec un peu d'essence de menthe. Il ne faut pas alors se servir de rhum ou de cognac, comme chez les tuberculeux. On augmentera plus tard la quantité de poudre de viande, de façon à la porter à 100, 150 et même 200 grammes par jour. Malheureusement il est souvent difficile de faire prendre directement un volume aussi considérable de cette poudre. On se heurte bientôt au refus obstiné du malade dégoi^ité. On peut encore avoir recours à la sonde.

La sonde ne sera introduite qu'avec beaucoup de précautions, après avoir badigeonné au besoin le pharynx à la cocaïne. Il n'est pas nécessaire de la faire pénétrer jusque dans l'estomac ; on peut l'arrêter à mi-chemin de l'œsophage. Il importe en effet

ULCKRE SIMPLK

de n'exciler qu'aussi peu que possible la conlracLililé et la sécrétion de la muqueuse gastrique et, avaiil tout, de ne pas aller l'irriter directement par un corps étranger.

Lorsque la sonde pourra être introduite sans secousse, sans réaction trop vive, on s'en servira ])our faire le gavaga à la poudre de viande alcalinisée une ou deux fois par jour.

Cette méthode de gavage alcalinisé, due à M. L)obove, donne des résultats très bons et très rapides toutes les fois qu'elle peut être employée.

Le rej}OH sécrétoire de l'estomac est obtenu dans une large mesure par l'usage du lait, de la poudre de viande, ou encore de la poudre de lait, qui tend à tomber dans l'oubli ; il s'agit maintenant de satin-fr les acides en excès, surtout l'HCl.

On administrera les alcalins à dose élevée, précisément d'après les principes que nous avons exposés àpropos de l'hyperchlorliydrie. Au début, avec le régime lacté pur, le lait étant ou non additionné d'eau de chaux, il suffira d'une petite quantité de bicarbonate de soude : 10 à 15 grammes par jour. Dans l'administration de ce bicarbonate de soude on peut procéder de façon différente. On peut simplement ajouler le bicarbonate de soude au lait, cela réussit quelquefois, mais l'expérience m'a montré qu'il vaut mieux procéder autrement. Le lait est donné à des intervalles réguliers, toutes les deux ou trois heures par exemple. Le bicarbonate de soude est administré en cachets, dans de l'eau, dans un peu de lait, au moment oti la douleur tend à reparaître, au moment où le lait cesse de saturer l'acidité gastrique.

On peut aussi donner les cachets d'heure en heure d'une façon régulière. M. Debovc fait prendre ainsi

TIIMTICMKNI

les cachots suivants, .lui renfermeat un mélange de bicarbonate de soude et de craie prépare :

, . 0,60 centigi-.

Bicarbonate de sourtc ^^^^ „

Craie préparée

pour un cachet : en prendre 13 à 20 par jour. Le liiélange du bicarbonate de sonde et de craie préparée doit être aussi intime que possib e de façon^à Impècher la craie de s'agglomérer et de former des

concrétions. ,

La dose des alcalins sera augmentée lorsque let, malades commenceront à manger. On devra leur donner alors de 20 à 30 grammes de bicarbonate de soude ou une quantité équivalente d'autres alcalins, d'après les indications .jue nous avons données deja à propos de l'hyperchlorhydrie.

M Debove, pendant les trois heures qui suivent le repas fait prendre un des cachets suivants, de demiheure en demi-heure.

Bicarbonate de soude * S"-'

Craie préparée àâ 20 centigr.

Magnésie calcinée '

Cela fait ainsi U grammes de bicarbonate de soude et 1 gr. 20 de magnésie et de craie après chaque repas. En cas de constipation, on peut donner exclusivement de la magnésie , en cas de diarrhée, exclusivement de la ci-aie.

Par ce régime et ce traitement nous avons amené le malade au moment où il peut commencer à s'alimenter par autre chose que du lait et de la poudre de viande. Quels seront alors les règles de son hygiène? 11 évitera soigneusement les irritations vives de l'es-

ULCIiRK SlMPl.ii

•omac : il se comportera en souune exaclemenl de lu . e-e façon qu'un hyperchlorhydrique. Le vin e alcoo seront bannis de son régime, ainsi que tou los mets fortement assaisonnés, que tous les médica .nents .rntants. Les viandes seront bien cuites divise s avec soin, on rejettera tous les détritus rebelles J la digestion Les légumes seront donnés sous forme de purée, et les légumes verts ne seront permis que très tard. ^

La liste donnée par Leube des aliments d'après leur digestibilité pourra fournir des indications pour 1 établissement d'un régime progressif

11 ne faut jamais oublier que l'ulcère simple récidive avec une grande facilité, sans doute parce que les malades conservent une tendance persistante à I nyperchlorhydrie et à la gastrite.

Il convient de donner maintenant des indications sur le traitement de la douleur.

La douleur est quelquefois extrêmement vive dans l'ulcère rond. Souvent elle cède sous l'inlluence de la saturation du suc gastrique par les alcalins, et il n'est pas besoin de chercher autre chose. Il arrive cependant que cela ne suffit pas complètement, et on peut être forcé d'avoir recours aux calmants directs : à l'opium, à la morphine, à l'eau chloroformée, à la cocaïne, à l'extrait gras de cannabis indica. Pour les doses et le mode d'administration, nous renverrons au chapitre où se trouve exposée la médication de la douleur.

Il faudra, avec les malades atteints d'ulcère rond, se défier beaucoup des injections hypodermiques de morphine, à cause de la facilité extrême qu'ont ces malades à tomber dans la morphiomanie.

Vomissements. — Les vomissements prennent chez

VOMISSEMIÎNTS "^'"^

eux quelquefois une fréquence el une violence telles que le traitement général de la maladie, le régime lacté, les alcalins, ne suiïisent pas pour les arrêter. U faut alors diriger contre eux une médication particulière.

La potion de Rivière n'est pas de mise ici. La raison, c'est que le développement du gaz acide carbonique pourrait amener la distension de l'estomac, et faciliter ainsi une perforation. Il en résulte que toutes les boissons gazeuses doivent être proscrites au même titre. On ne pourra donc y avoir recours pour combattre les vomissements.

On ne pourra non plus avoir recours au lavage de l'estomac^ qui pourrait provoquer une gastrorrhagie et même une perforation. Toutefois, dans les cas déjà anciens, lorsqu'il n'y a eu depuis longtemps aucune hématémèse, on pourra utiliser le gavage qui est un si bon moyen de combattre les vomissements incoercibles de tout ordre.

Un des moyens les plus simples de calmer les vomissements est de faire avaler de la glace, et de donner des boissons glacées. La glace sera donnée par petits fragments el non pas sucée, mais avalée en bloc.

Si cela ne suffit pas, on aura recours à la série des calmants de la douleur : inutile de lesénumérer une fois de plus.

La liste des substances employées pour combattre les vomissements incoercibles est des plus riches et des plus variées. On a réussi avec les médicaments les plus imprévus.

Lasègue a donné la teinture d'iode, à raison de 15 gouttes dans 150 grammes d'une potion sucrée à prendre par cuillerée à bouches de 2 en 2 heures.

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MM. Debove eLRenaut vecommandenl l'acide cyaiihydrique (5 à 15 gouttes d'une solution à 1 pouv lOUj.

Rosenheim recommande le nilrale d'argent contre; l'hyperesthésie de la muqueuse; il nous a semblé plusieurs fois en obtenir de bons effets dans le Iraitement des vomissements incoercibles. On donne 3 fois par jour 2 cuillerées à café d'une solution de nitrate d'argent à 0,20 ou 0,30 pour 100 d'eau distillée. Ce qui fait 2 ou 3 centigrammes de nitrate d'argent à chaque prise. Rappelons à. ce propos qu'on a recommandé le nitrate d'argent directement, comme topique dans le traitement de l'ulcère simple.

Ceci nous amène à parler de la médication ricatrisante de l'ulcère simple. C'est au nitrate d'argent dont il vient d'être question qu'on a surloiil attribué la propriété, en cautérisant l'ulcération, d'en favoriser la réparation. Ce mode d'action est assez difficile à admettre. En effet, il est probable que le nitrate d'argent se décompose immédiatement en présence de l'HCl et des chlorures. Son seul avantage serait donc d'avoir saturé une certaine quantité d'HCl ; cet aA'antage est tout à fait négligeable.

Les autres substances proposées dans le même but, n'ont pas plus de valeur; il n'y a donc pas lieu d'administrer des médicaments cicatrisants, on peut avec MM. Debove et Renaut passer en bloc condamnation sur eux.

Complications. Parmi les complications de l'ulcère simple, les unes sont immédiates, commeï lièmatèmèsc et la, perforation., les autres éloignées, comme la dilntation de l'estomac par cicatrice pylorique.

Pour le traitement de l'hématémèse, nous renverrons au chapitre qui a pour titre : Traitement des hémorrhagies gastro-intestinales.

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