CHAPITRE VJI
Occlusion intestinale.
Les causes de l'occlusion intestinale sont très nombreuses. On peut dislinguer (1) :
a) Les causes agissant en dehors de l'intestin : Étranglement par des pseudo-ligaments, par des
fontes ou des trous del'épiploon ou du mésentère;
Étranglement pardesdiverlicules, par l'appendice vermiforme ;
Hernies internes ;
Compression de causes diverses par des tumeurs de nature très variable.
b) Les étranglements de l'intestin par torsions, forma- Lion de nœuds, par coudures ;
c) Obstruction de la lumière de l'intestin : Par calculs biliaires,
Par un calcul intestinal.
Par corps étrangers, Par des matières fécales.
d) Obstruction par V intestin lui-même. Invagination. Intussusception. L'invagination peut être aiguë ou chronique.
e) Occlusion de l' intestin par des lésions de ses j^arois. Rétrécissement cicatriciel.
(i) CouRTOis-SuFKiT. Traité de médecine, t. III, p. 527.
VxVRlÉTÉS CLINIQUES 339
Rétrécissement par lésion cancéreuse.
Quelquefois les phénomènes de l'occlusion intestinale se montrent sans lésion, sans cause matérielle appréciable, par une sorte de paralysie des parois intestinales. Ce sont les pseudo-étranglements.
La simple énumération que nous venons de faire, montre que, d'après leur nature et leur degré, les causes d'occlusion intestinale seront ou non susceptibles de céder à un traitement médical.
Le traitement médical peut faire disparaître l'occlusion lorsqu'il y a oMruction mécanique par présence dans l'intestin de matières fécales, de calculs; il peut exciter le péristaltisme épuisé de telle façon que l'obstacle soit mobilisé, expulsé, et la perméabilité intestinale rétablie. Il peut, par simples mouvements péristaltiques, corriger une coudiire, et même une torsion légère, il peut amener le dégagement d'une anse invaginée quand l'invagination n'est pas poussée trop loin, quand l'inflammation du péritoine n'a pas fixé trop fortement l'une à l'autre les anses intestinales. Lorsqu'il s'agit d'un rétrécissement l'obstruction fécale a pu s'ajouter au rétrécissement organique et l'augmentation des mouvements péristaltiques peut surmonter l'obstacle.
L'intervention médicale est surtout remarquable par ses effets lorsque la cause des accidents est une obstruction due à la faiblesse de contraction des tuniques musculaires de l'intestin.
Elle sera absolument impuissante dans d'autres cas et dans des conditions opposées, avec un obstacle qui ne peut être levé et un intestin épuisé : inutile d'insister. C'est alors d'une façon générale à l'intervention chirurgicale qu'il faut avoir recours.
Les médecins doivent se bien pénétrer de cette
«JO^J OC.CLUSIOiV INTESTINAL1-:
idée aue, tout, en agissant suffisammenl, il ne luui [)as épuiser l'inteslin par des excilalions excessives eL laisser l'organisme s'épuiser de son côté par la douleur, l'inanition, les vomissements, l'auto-intoxication. Il faut savoir se décider assez tôt à l'opération chirurgicale de façon à se trouver dans les meilleures conditions au point de vue de la résistance du sujet et du peu d'étendue et de gravité des lésions de son intestin et de son péritoine.
Le médecin ne doit pas non plus insister sur les moyens médicaux s'il ne se trouve pas dans une des conditions que nous avons données comme favorables : il est vrai de dire qu'il estdiflicile souvent d'arriver à un diagnostic suffisamment précis de la nature, du degré et quelquefois même du siège des lésions.
Ce siégea aussi une grande importance. En effet, d'une façon générale, l'intervention qui porte directement sur le gros intestin (grands lavements, insutïlations, etc.) n'agira guère que lorsque le côlon est le siège de l'occlusion : de là l'utilité de déterminer aussi exactement que possible la situation de l'obstacle.
Nous ne pouvons nous appesantir ici sur celte question de séméiologie : cependant nous rappellerons un certain nombre de principes de diagnostic.
L'invagination est beaucoup plus fréquente chez les enfants, l'obstruction et le cancer chez les vieillards.
Il faut toujours pratiquer le toucher rectal, et le toucher vaginal.
Les vomissements sont d'autant plus précoces et plus fréquents que l'occlusion siège plus haut.
Les selles peuvent se montrer encore après l'oc-
TRAITEMENT •lOl
clusion quand celle-ci siège haut, parce que le bout inférieur peut encore se vider.
Les selles sanglantes, le ténesme rectal, appartiennent surtout il l'invagination.
La suppression absolue de l'émission des gaz a pour le diagnostic de l'occlusion une signification beaucoup plus grande que la persistance des selles.
Les vomissements l'écaloïdes sont un bon signe, sans être un signe absolu de l'occlusion intestinale.
Quand l'occlusion siège sur l'intestin grêle, le ballonnement occupe surtout la partie moyenne de l'abdomen; il occupe surtout la partie périphérique quand elle siège sur le gros intestin. On peut constater alors la dilatation du caîcum (Bouveret).
Quels sont maintenant les moyens médicaux par lesquels on peut chercher à résoudre une occlusion de l'intestin? Ce sont : les purgatifs, les lavements, les injections rectales, liquides ou gazeuses, les applications extérieures et l'électricité. La morphine, capable de soulager la douleur, est quelquefois utile contre l'occlusion elle-même, et cela, dans des conditions que nous indiquerons plus loin.
Nous laisserons ainsi délibérément de côté toute une série de moyens qui ont eu leur heure de célébrité, et qui ne méritent que l'abandon : l'administration d'une certaine quantité de mercure métallique à l'intérieur, les lavements de tabac, le café, etc., etc.
Le massage est bien dangereux dans ces conditions, les ponctions capillaires de l'intestin distendu parles gaz sont d'une exécution assez difficile. Elles ne peuvent guère servir que de moyen palliatif lorsque le tympanisme est extrême ol, en tout cas, de moyen secondaire, adjuvant.