OCCLUSION INTESTINALE
Le& purgatifs employés ne devront pas être trop énergiques. Avec une purgalion d'un efi'el intense, on fait souvent plus de mal que de bien, on provoque des douleurs très grandes, des vomissements, on facilite la dissémination des lésions de péritonite, et on amène même quelquefois brusquement la rupture de l'intestin.
L'huile de ricin est le purgatif de choix dans l'obstruction intestinale ; on y aura recours surtout si l'on a lieu de supposer qu'il existe une obstruction par accumulation, caecale ou colique, de matières fécales, surtout chez les vieillards. On pourra donner l'huile de ricin en bloc, à la dose de 20 à 30 grammes dans du café noir, ou, encore par doses répétées d^ 4 à 5 grammes, jusqu'à effet produit, lorsque les phénomènes d'obstruction sont peu accentués et qu'il n'y a pas de vomissements.
Les purgatifs salins pourront aussi être employés, ils sont à ce point de vue inférieurs à, l'huile de ricin; mais, en tout cas et sous aucun prétexte, on ne devra se servir des drastiques, même à faible dose, pour cette raison qu'on ne sait jamais exactement ce que pourra donner une dose d'eau-de-vic allemande, par -exemple, capable d'amener la purgalion.
Si l'huile de ricin a échoué, s'il y a des vomissements tels que cette huile n'a pas pu être supportée, on pourra avoir recours aux lavements, soit aux lavements purgatifs, soit aux grandes injections coliques.
Comme lavements purgatifs, on se servira alors surtout des lavements additionnés de 25 à 30 grammes de sulfate de soude, soit pour obtenir un effet plus intense, de lavements constitués par une de-
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coclion de 10 à !20 grammes de follicules de séné, auquel on ajoutera 20 à 23 grammes de sulfate de soude.
On pourra utiliser V entéroclyse et, à l'aide de l'appareil que nous avons indiqué, injecter dans le gros intestin la plus grande quantité possible de liquide ; il faut en tout cas éviter la violence dans l'injection.
C'est pour cette raison qu'en principe nous repoussons les injections de mélanges effervescents et les insufflations gazeuses, qui, si elles sont peu énergiques seront sans action, et, si elles sont faites avec force, pourront être dangereuses.
On a souvent obtenu un bon résultat par l'injection d'eau de seltz. Elle s'opère de la façon la plus simple en mettant un siphon d'eau de seltz en communication par un tube en caoutchouc avec une canule à entéroclyse. Cette injection ne devi-apas être faite trop brusquement, mais doucement et par petits coups.
Nous avons, d'une façon générale, condamné les manœuvres extérieures; on pourra avoir recours à. des applications froides et, en particulier, à des applications de glace; mais c'est là un moyen très. secondaire sur lequel il faut fort peu compter.
Après avoir employé l'huile de ricin et les lavements, le mieux est d'avoir recours à Vélectricité par laquelle on a obtenu déjà d'excellents résultats; on administre de véritables lavements électriques, M. Boudet, de Paris, en a donné la formule : se servir, non pas de courants faradiques, mais de courants galvaniques et introduire par l'anus une électrode spéciale constituée par une sonde en caoutchouc, dans laquelle se place un mandrin métallique qui ne peut atteindre l'extrémité de la sonde, de telle sorte que la muqueuse n'est jamais en contact direcl
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avec le maiulrin. On fail aboutir le couraul négalil à l'exlrémilé du mandrin métallique, tandis qu'au contraire le courant positif est appliqué sur rabdcmen. La force du courant ne doit pas dépasser 10 à 15 milliampères, et chaque séance doit durer uinvingtaine de minutes. Il faut avoir soin d'interrompre le courant de temps en temps.
Dans ce procédé, le pôle introduit dans le rectum ne se trouve pas au contact de la muqueuse ; il so trouve renfermé dans une gaine en caoutchouc, et le passage du courant se fait par l'intermédiaire du liquide qu'on a injecté au préalable. Le pôle extérieur est placé au niveau de la région lombaire, ou du creux épigastrique, et mis en communication avec la peau par l'intermédiaire d'un gâteau de terre glaise, ou par une large plaque métallique recouverte d'une peau de chamois que l'on mouille avec de l'eau salée. (Voir iig. 3, p. ii25.)
On s'est servi quelquefois aussi des courants induits, mais ils sont sûrement moins utiles que les courants continus employés comme il vient d'èire
(lil. . ...
helaveinent é/a'/y/^^e est certainement le meilleur
moyen médical de combattre l'occlusion intestinale: il réussit souvent et il a au moins cet avantage de n'être pas nuisible, d'agir vite, de ne pas épuiser les forces du malade, de ne présenter aucun danger pour l'intestin. De cette façon, si le succès n est pas obtenu, on se trouve dans de bonnes conditions pour l'intervention chirurgicale.
Les médecins, on ne saurait trop le repeter, doivent, en effet, se garder de trop tourmenter les malades, de combattre l'occlusion par des moyens trop ao-ressils. X..us avons vu i.lusieurs fois des malades
.Miilll'niNK. — LAl'AIlliTO.MII':
(lu'ou avait largcuiioiiL abreuvés de purgalifs eL de iavemenls, qui avaient des vomissements incessants, des douleurs atroces, un ballonnement marqué, se trouver très bien du repos absolu, de quelques injeci.onsde moqMne, d'applications déglace sur le ventre, et guérir sans autre intervention.
U est certain que la morphine ne guérirait pas tous les cas d'occlusion intestinale; mais il est probable, eu revanche, que, dans certains cas d'occlusion, les mouvements antipéristal tiques prennent une intensité excessive, et qu'ils contribuent à empêcher la ])rogression normale des matières intestinales, à entretenir les vomissements fécaloïdes. Il est possilile (Iiie, la cause de l'occlusion levée, les signes en persistent encore parle fait de cet antipéristallisme, que la morphine vient heureusement calmer. On pourra (loue toujours, les purgatifs et les lavements ayant été donnés comme il convient, si les vomissements et les douleurs persistent, faire une ou deux injecliousde morphine. Elles donneront au malade, en lous cas, un moment de répit, et quelquefois même laguérisonse produira. Cela permettra d'avoir recours dans lescouditions les meilleures au lavement électrique et, si celui-ci échoue, à la laparatomie, l'it/tiinu raiio de la thérapeutique moderne.
Kn procédant, ainsi ou sera dans des conditions aussi bounes que possible, et on n'aura pas nui à son malade, ce que l'on lait en insistant trop et trop longteuijjs sur le traitement médical.
En cas de vomissement excessif, de tendance marquée il l'adynamie,on pouiTa avoir recoursaux injections iiypodermiques de sérum artiiiciel, qu'il conviendrait peut-être d'additionner d'une certaine quantité de phosphate de soude, étant données les
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propriétés toniques, excitantes du système nerveux, que l'on attribue aux injections hypodermiques de ce sel (Crocq fils, Huchard).
Il faut rappeler aussi que le lavage de l'estomac a souvent donné de bons résultats dans l'occlusion intestinale; il procure tout au moins momentanément un repos précieux. Il agirait en évacuant les toxines accumulées dans la cavité stomacale.
Quant au mode de l'intervention chirurgicale, à ses indications plus précises, il ne nous appartient pas de les discuter ici. On trouvera dans un autre volume de cette collection les reuseignemenis vr.ulus sur cette (ju est ion.