TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ
abdominale s'abaisse et cela suffit pour produire tout le mal.
M. Sigaud a sans doute rencontré comme nous chez beaucoup de ses malades le boudin caecal signalé par Glénard ; mais si l'obstacle mécanique à la circulation des matières est un élément qu'il ne faut pas négliger, il n'en résulte pas qu'il faille tout lui subordonner. La constipation, on le sait depuis longtemps, est fréquente chez les dyspeptiques; depuis longtemps aussi, on sait qu'ils ne guérissent guère s'ils ne cessent d'être constipés ; mais il y a autre chose dans la dyspepsie intestinale que la constipation et la diminution de la tension abdominale.
De la connaissance du spasme du gros intestin, Fleiner (1) a, à notre sens, tiré une conclusion plus exacte. Cela l'a amené à distinguer la constipation par atonie de la constipation par spasme colique.
Nous ne voulons pas insister davantage ici sur ce point particulier; nous aurons plus tard l'occasion d'y revenir en faisant l'histoire de la constipation et de la colite muco-membraneuse.
Troubles de la sensibilité. — Ils Sont souvent liés de la façou la plus manifeste aux troubles de la motricité, au mélange ou à la succession de spasme et d'atonie que nous avons précédemment examinés.
Quand prédominent V atonie et la flatulence, il y a quelquefois une sensation de gonflement et de tension qui devient très pénible et même réellement douloureuse. Quelquefois, les malades ont l'impres-
(1) Fleiner, Berlin, klin. Wochenschr., n« 3 et 4, 1893. INTESTIN. — 3 ê ÉDIT. 2
sion de gaz emprisonnés dans les anses intestinales qui se déplacent plus ou moins lentement.
Les coliques représentent les plus communes et les mieux connues des douleurs d'origine intestinale. Elles siègent au niveau ou au-dessous de l'ombilic lorsqu'elles dépendent de l'intestin grêle; elles sont transversales, au-dessous de la région épigastrique, au niveau de l'ombilic, lorsqu'elles dépendent du côlon transverse. Parfois encore, elles suivent le trajet du gros intestin sur une grande partie de son étendue et encadrent comme lui l'abdomen. H est assez difficile de définir la douleur qui caractérise la colique; elle a quelque chose de tout à fait spécial, sui generis. Souvent elle donne l'idée d'un tortillement pénible, douloureux. Quand les coliques deviennent plus intenses, elles amènent le malade à se courber en deux, à presser fortement l'abdomen avec les mains ou avec les avant-bras, comme pour immobiliser les anses intestinales. Cette large pression procure du reste un certain degré d'amélioration.
Dès que les coliques prennent un certain degré d'intensité, elles s'accompagnent d'un sentiment marqué de malaise général et d'angoisse.
D'après Nolhnagel, les coliques seraient dues non à l'exagération du péristaltisme intestinal, mais à une sorte de crampe des tuniques musculaires de l'intestin. Toutefois, il est commun de les rencontrer alors qu'il existe une exagération évidente des mouvements péristalliques.
Elles vont aussi assez souvent avec la diarrhée ; elles accompagnent fréquemment la purgation volontaire,et on se représente très bien que le péristaltisme exagéré et douloureux des anses intestinales