‹ Thérapeutique des maladies de l'intestinChapitre 21 sur 55 · INTESTIN. — 3 # ÉDIT · texte numérisé non relu

INTESTIN. — 3 # ÉDIT

Fiff. 1.

puis on le porte sur le caecum où on exerce une vibration plus lente ; après un repos dé deux minutes on glisse le concuteur lentement le long du côlon en parcourant 2 à 3 centimètres par seconde, enfin on se reporte à la fosse iliaque droite.

A la fin delà séance, on fait passer une ou deux fois le disque vibrateur sur la colonne vertébrale. Il est bon de faire reposer le malade après le traitement, qui du reste ne l'empêche aucunement de vaquer à ses occupations ordinaires.

Herschell a obtenu des résultats satisfaisants, mais il conseille, dans le cas de constipation habituelle, d'adjoindre au traitement vibrateur le courant galvanique que Ton fait agir sur le splanchnique et le plexus solaire. Jayle, sur 19 femmes atteintes de constipation opiniâtre et d'affections génitales diverses, a eu seulement une fois un insuccès complet. Mais les résultats ne se sont jamais maintenus très longtemps.

Traitement électrique. — Comme les autres médications, du reste, le traitement électrique de la constipation doit autant que possible s'attaquer à l'élément étiologique lui-même.

*Par exemple, dans la constipation due à la fissure à l'anus ou aux hémorrhoïdes, c'est le traitement des hémorrhoïdes et de la fissure tel que nous l'exposerons plus loin qu'il conviendra de mettre en œuvre.

Dans les maladies des organes génitaux de la femme, la constipation est un phénomène fréquent, une cause d'aggravation et quelquefois de complication. C'est ainsi que la colite muco-membraneuse est commune dans ces conditions. Un des avantages de la méthode d'Apostoli dans le traitement électrique du fibrome utérin est de faire souvent dispa-

raître la constipation. Il en est de même dans le traitement de certaines lésions annexielles et de la cellulite pelvienne par le courant ondulatoire ou le courant faradique.

Nous ne nous occuperons ici que de la constipation habituelle dont la forme atonique peut être efficacement combattue par l'électrisation faradique, galvanique et statique.

Courants faradique et galvanique. — Les courants faradique et galvanique ont été employés par Duchenne (de Boulogne), Erb, Benedikt, Rockwell, Onimus, Nothnagel, Leubuscher, etc. Certains auteurs préféraient le courant galvanique, les autres le courant faradique.

Ces courants sont employés de deux manières :

Par la vole percutanée. — Les deux électrodes sont placées sur la surface extérieure du corps.

Par la voie enta néo-Intestinale. — Une des deu électrodes est introduite dans le rectum, l'autre es appliquée sur la peau.

Courant faradique. — Voie percutanée : Méthode dite de Bmedickt, — Le Prof. Benedickt (de Vienne) place au niveau des vertèbres lombaires une large électrode qu'il relie au pôle positif. L'électrode négative, de plus petite dimension, est promenée sur la paroi abdominale. On déplace lentement l'électrode négative sur le ventre; dans la région du caecum on l'enfonce plus profondément et on l'y laisse pendant quelques instants, puis on suit le côlon ascendant, le côlon transverse, puis l'S iliaque où Ton arrête encore pendant quelque temps l'électrode. On décrit ensuite des spirales autour de l'ombilic. La contraction des muscles de l'abdomen doit être très énergique. Erb pense que cette contraction n'est pas

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nécessaire; il dît qu'il vaut mieux enfoncer profondément les électrodes dans la paroi abdominale loin des points moteurs, aux aines par exemple. La durée de l'application doit être de 3 h 10 minutes. Enfin Erb ajoute encore un courant transversal d'un hypocondre à l'autre.

De très nombreuses modifications de détail ont été apportées par divers auteurs au procédé Benedickt- Erb; nous nous abstiendrons de les mentionner ici.

Voie cutanèo-intêstinale : Procédé de Erb. — Erb combinait avec la méthode précédente le procédé suivant. 11 plaçait une large électrode sur l'abdomen, il introduisait ensuite une autre électrode en forme d'olive jusqu'à 6 et 8 centimètres dans le rectum. Il déterminait des contractions énergiques de l'intestin pendant une durée de 3 à 10 minutes.

Les indications que nous venons de donner demandent à être précisées. La faradisation devra toujours être effectuée avec la bobine à gros fil permettant d'utiliser une plus grande quantité d'électricité que la bobine à petit fil, et donnant ainsi de plus fortes contractions des muscles. En outre, il est préférable de ne pas employer un courant à interruptions trop rapides, car les fibres musculaires lisses de l'intestin se contractant lentement entreraient en tétanos dès le début. Avec des interruptions assez lentes (une par seconde environ), on peut avoir le maximum d'effet du courant faradique.

Galvanisation. — Voie percutanée : Procédé de Erb. — Quand la faradisation avait échoué, Erb recommandait d'utiliser le courant galvanique. 11 plaçait une large électrode reliée au pôle positif sur la région dorsale. Le pôle négatif, mobile ou fixe, était appliqué sur la paroi abdominale. Il pratiquait de nombreuses

inversions de courant. On applique dans chaque fosse iliaque une électrode de 100 centimètres carrés environ, en ayant soin de placer la cathode à gauche. Le courant est rythmé par un métronome. Il faut arriver jusqu'à provoquer des contractions énergiques des muscles de la paroi abdominale.

Méthode eatanéo-lntestinale. — Cette méthode, excellente en tous points, diffère très peu du procédé de Boudet, de Paris, qui sera décrit au chapitre de l'occlusion intestinale.

Gaivano-faradisation. — De Watleville a préconisé ce mode de traitement. Les deux électrodes, chargées de courant galvanique etfaradique, sont disposées de la môme façon que dans le procédé de galvanisation de Erb.

Méthode de Courtade. — Gourtade pratique d'abord un traitement préparatoire destiné à agir sur l'état général (bain statique). Ensuite il pratique la galvanofaradisation. Pour cela il utilise : 1°) une pile avec un collecteur, un galvanomètre et un renverseur de courant ; 2°) une plaque munie d'une peau de chamois; 3°) une électrode cylindrique en charbon fixée à l'extrémité d'un conducteur semi-rigide; 4°) une électrode circulaire de 0.04 de diamètre; 5°) un appareil faradique.

L'électrode en charbon est introduite dans le rectum aussi haut que possible ; on place ensuite la large plaque mouillée sur la région abdominale gauche au niveau de ÏS iliaque, on fait passer le courant fara«* dique pendant 3 à 4 minutes. On fait ensuite passer le courant galvanique sous forme d'onde rapide qu'on produit en pratiquant des interruptions.

Il est inutile de dépasser 40 milliampères. La durée de l'électrisation galvanique doit être de dix

minutes. On pourra enfin achever la séance en promenant sur tout l'abdomen le tampon circulaire mouillé.

Électricité statique. — C'est Vigouroux qui le premier semble avoir préconisé l'électricité statique dans le traitement de la constipation. Ce mode de traitement a dernièrement été remis en honneur par Doumer et Musin. Les auteurs insistent surtout sur ce fait qu'il est absolument indispensable d'avoir une machine statique d'un très bon débit, de type Wimshurstà 2 ou 4 plateaux, capable de donner sans condensateur trois ou quatre étincelles de 12 centimètres par seconde. On place le malade sur le tabouret isolant, on approche du plateau un pied en contact direct avec le sol et portant un balai que Ton dirige vers Tune des fosses iliaques : il n'est pas indispensable que le malade soit déshabillé. La durée de chaque séance est de dix minutes à un quart d'heure environ. Il est très probable que le souffle électrique agit ici par voie réflexe en provoquant un réflexe à point de départ cutané.

C'est surtout dans les cas où la constipation est due à l'atonie des fibres intestinales et à l'hyposécrétion des glandes de l'intestin que ce mode d'électrisation doit être utilisé. Ce traitement, (fui a été employé dans différentes formes de constipation, a donné d'excellents résultats chez les neurasthéniques, en agissant à la fois sur l'état général et sur l'état local.

Hydrothérapie. — Les pratiques d'hydrothérapie applicables au traitement de la constipation sont très variées. Elles peuvent d'une façon générale être distinguées en pratiques générales et locales. . Par pratiques générales d'hydrothérapie, nous enten-

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dons celles qui portent sur l'ensemble du corps, comme les bains, les douches, les enveloppements dans le drap mouillé. Elles peuvent être excitantes ou calmantes.

Les douches en jet froides, les enveloppements froids, représentent les principales modalités de l'hydrothérapie stimulante ; elles conviennent surtout dans le traitement des états de dépression nerveuse. Plus les douches sont froides, plus elles sont rapides, plus la percussion du jet est intense, plus l'effet excitant est marqué.

Les bains salés, les bains sulfureux, les bains d'eau de mer naturelle ou d'eau de mer artificielle préparée à l'aide des sels obtenus par évaporation, ont une action stimulante et tonique utilisable dans des conditions analogues.

Les douches enjettièdes ou modérément chaudes, les bains chauds plus ou moins prolongés, trouvent leur indication dans le traitement des différents mpdes de l'éréthisme nerveux.

La constipation par atonie ou par spasme étant souvent sous la dépendance directe ou indirecte d'un état de névrose généralisé, l'hydrothérapie générale pourra souvent servir à sa guérison.

Plus directement utiles paraissent souvent les applications localisées : douches abdominales, enveloppement mouillé, douches froides de la colonne vertébrale, etc.

Les applications chaudes sont plus particulièrement indiquées dans les cas où prédominent le spasme et la douleur, les applications froides dans ceux où prédomine le relâchement atonique.

Lavements. — Les lavements peuvent agir d'une façon purement mécanique ; mais on peut y ajouter

aussi des substances purgatives ou des substances qui, sans être à proprement parler des purgatifs, exercent sur la muqueuse rectale une irritation susceptible d'amener la contraction exagérée des tuniques musculaires du côlon et une sécrétion glandulaire plus active.

Les lavements ont joui autrefois d'une réputation tout à fait extraordinaire ; on sait combien on en a usé et abusé à l'époque de Louis XIV. Les médecins et les apothicaires se sont ingéniés à en varier la formule. De notre temps, après un discrédit total, auquel des railleries de Molière ont beaucoup contribué, le lavement a repris une juste faveur. Sans avoir comme autrefois la folie du lavement, on y a souvent recours avec avantage, car c'est un des moyens les meilleurs et les plus inoffensifs de combattre la constipation. Sa formule s'est beaucoup simplifiée.

Technique des lavements. — Si de nos jours le lavement, injustement abandonné à cause des abus d'autrefois, a repris une partie de son crédit perdu, cela tient en grande partie à l'amélioration de sa technique. A la seringue — accessoire obligé des pièces médicales de Molière — a succédé Tirrigateur à ressort, le clysopompe inventé par Eguisier. 11 a le grand avantage de permettre de prendre seul un lavement et de rendre inutile le concours indiscret d'une autre personne.

Toutefois cet instrument a des inconvénients : le modèle commun est d'une contenance trop restreinte et son nettoyage présente une certaine difficulté; enfin il se prête assez mal à l'introduction très lente du liquide dans le rectum.

On a cherché à réduire encore le volume de Tins-

trument et on a inventé des injecteurs dans lesquels le réservoir est supprimé ; l'aspiration et la projection du liquide sont obtenues à l'aide soit d'une poire en caoutchouc, soit d'un petit corps de pompe. Ces appareils se nettoient moins bien encore que le clysopompe ; il est plus difficile de graduer la pression du liquide ; assez souvent il y a injection d'air en même temps que de liquide.

Ce qu'il faut préférer pour la prise des lavements, c'est le bock à injection, ou plus simplement encore une bouteille quelconque munie du vide-bouteille de Galante. Ces appareils ont le grand avantage de ne renfermer aucun piston, aucune poire en caoutchouc, et d'être ainsi d'un nettoyage facile (i).

Les lavements doivent être pris dans la situation horizontale, ce qui diminue la résistance du sphincter anal et rend la pénétration du liquide plus facile; ils doivent être pris lentement sous une faible pression. Nous dirons plus loin que MM. Dauriac et Lesage arrivent à remplir complètement le gros intestin grâce à l'introduction fort lente du liquide sous une faible pression. Il convient de s'inspirer de cette idée pour la prise des lavements laxatifs.

Il est bon de reconnaître cependant que le lavement donné avec une pression un peu forte, rapidement, comme cela se fait avec le clysopompe d'Égui-

(1). Le vide -bouteille de Galante est un tube en caoutchouc terminé par une sorte d'entonnoir qui peut coiffer le goulot d'une bouteille ou d'un litre. Grâce à une soupape placée dans l'entonnoir, lorsqu'on élève la bouteille après l'avoir renversée, le liquide qu'elle renferme s'écoule par le tuyau. Il est beaucoup plus facile de régler l'écoulement du liquide contenu dans un récipient muni du vide-bouteille que l'écoulement du liquide contenu dans un bock, et d'élever ou d'abaisser le récipient de façon à obtenir un débit constant.

sier, réussit bien à certaines personnes ; c'est une sorte de douche rectale limitée, de douche ascendante restreinte. Toutefois l'excitation ainsi produite s'épuise assez rapidement chez beaucoup de personnes, et il vaut mieux avoir recours au lavement pris sous pression faible, lentement et pénétrant, en conséquence, beaucoup plus profondément.

Le lavement est avant tout un laxatif mécanique; maison peut y ajouter, pour augmenter son action, de la glycérine, de l'huile ou des substances purgatives.

Lavements simples. — On peut donner des lavements simples, à l'eau chaude ou froide, — ceux-ci sont plus actifs, — ou des lavements éinollients, à l'eau de son, à la racine de guimauve, à la décoction de farine de lin ou de psyllium, etc.

Les lavements aqueux agissent d'autant plusactivement qu'ils sont plus volumineux. Pour un adulte, il faut employer au moins 400 à 500 grammes de liquide.

On peut, pour rendre l'action laxative des lavements plus marquée, y ajouter du sel marin, du miel, du miel de mercuriale, du savon ; la substance la plus employée est la glycérine. Elle tend à détrôner toutes les autres.

Lavements glycémies. — La glycérine est souvent ajoutée à l'eau des lavements, et avec beaucoup de succès. On peut simplement mélanger une à trois cuillerées à bouche de glycérine neutre à la quantité d'eau voulue pour un lavement.

On rend ces lavements plus actifs en les prenant de la façon suivante : la glycérine (2 à 3 cuillerées à bouche) est délayée dans une petite quantité d'eau (100 à 120 grammes, un demi- verre) et cette eau est

prise en lavement. Ce petit lavement est gardé pendant 25 à 30 minutes. On donne alors un grand lavement d'eau tiède. Le" premier lavement a provoqué une sécrétion plus ou moins abondante, les matières se sont délayées, et le grand lavement n'a plus qu'à les entraîner, mécaniquement en quelque sorte.

Lavements htiileux. — L'huile peut remplacer la glycérine. On émulsionne, à l'aide d'un jaune d œuf, 2 à 3 cuillerées à bouche d'huile, et cette huile peut être prise, soit dans un grand lavemenl, soit, comme il vient d'être dit pour la glycérine, dans un petit lavement, suivi au bout d'une demi-heure d'un grand lavement évacuateur.

Grands lavements d'huile pure. — Fleiner a recommandé vivement les grands lavements d'huile (1) que conseillait déjà Kussmaul. Le malade étant couché sur le dos, le bassin élevé par un coussin, on injecte lentement dans le rectum, à l'aide d'un irrigateur, 400 à 500 grammes d'huile chauffée à la température de 37° ou 38°. Il faut 20 minutes et plus pour faire pénétrer la quantité d'huile indiquée. Le malade, pour en favoriser la pénétration, se couchera d'abord sur le côté gauche, puis sur le côté droit, de façon que l'huile coule dans le gro3 intestin, par le fait de la déclivité. Rarement le premier lavement pénètre jusqu'au caecum, et, dans la première séance, on ne peut guère faire entrerplus de 100 à 250 grammes d'huile. Après chaque lavement, on n'obtient de selles qu'assez tardivement, au bout de plusieurs heures. Il faut plusieurs lavements semblables, pour que le gros intestin soit complètement débarrassé des matières fécales ; on voit alors apparaître des

(1) W. Fleiner. Berlin. klin.Wochenschr., 1893.

selles liquides colorées par la bile. 11 importe d'employer de l'huile bien pure. M. Fleiner recommande l'huile d'olive vierge. Depuis quelques années, nous avons souvent employé les lavements d'huile pure et nous en avons été très satisfait. Nous n'avons qu'exceptionnellement recours à desdosesélevées. Le plus souvent, nous nous contentons de faire prendre le soir en se couchant un lavement de 100 à 150 grammes d'huile qui est gardé toute la nuit. Cette quantité d'huile est introduite lentement à 10 centimètres environ dans le rectum, à l'aide d'une canule en caoutchouc rouge. Elle est presque toujours gardée sans aucune difficulté. Le lendemain matin, on donne au besoin un lavement d'eau pure, à faible pression.

Cette méthode, ainsi que l'a indiqué Fleiner, s'applique plus particulièrementautraitementde la constipation spasmodique. Or la constipation spasmodique s'accompagne facilement de colite muco-membraneuse et réciproquement. Aussi les lavements d'huile pure sont-ils souvent d'une grande utilité dans le traitement de la colite muco-membraneuse, ainsi que nous le dirons plus loin.

Lavements purgatifs. — On peut ajouter à l'eau nécessaire pour un lavement ordinaire 15 à 20 grammes de sulfate de soude.

Ce lavement n'est guère plus actif, à la vérité, qu'un lavement à la glycérine. On en augmente beaucoup l'action en ajoutant le séné au sulfate de soude. On ajoute 15 à 20 grammes de sulfate de soude à une décoction de 15 à 20 grammes de follicules de séné dans 400 gr. d'eau. Les lavements au miel de mercuriale sont aussi assez souvent usités.

Douches ascendantes et grands lavages. — Les

doucf m ascendantes, très usitées dans certaines stations d'eaux thermales, sont des lavements donnés en jet; à l'action du lavement ordinaire, ils joignent celle de la percussion de la muqueuse, comme dans la douche extérieure. Ces douches combattent la constipation, l'atonie du côlon, dont elles réalisent dans une certaine mesure l'antisepsie.

On a assez souvent abusé des douches ascendantes dans le traitement de la constipation et surtout, à. certaines stations thermales, dans le traitement de la colite muco-membraneuse.

Elles sont mal supportées lorsqu'il y a hyperesthésie du côlon et tendance au spasme. Il n'est pas rare alors qu'elles aggravent le mal. Elles doivent être réservées aux cas dans lesquels la constipation est purement atonique et la tolérance de l'intestin parfaite. Jamais, du reste, les lavages de V intestin m doivent provoquer de douleurs soit pendant soit après leur exécution.

Sous le nom de grands lavages de l'intestin, on peut comprendre deux manœuvres différentes :

V irrigation continue et le grand lavage propmnent dit, tel que nous le décrirons plus loin au chapitre de l'antisepsie intestinale.

Irrigation continue. — L'irrigation continue du rectum et du côlon est particulièrement indiquée lorsqu'il existe une véritable obstruction par les amas stercoraux dans le rectum et le côlon.

Pour l'exécuter, on pourra se servir d'une sonde à double courant à irrigation rectale, et mieux encore de l'appareil simple et ingénieux employé par G. Herschell et que représente la figure ci-contre.

On adapte un tuyau de caoutchouc B à un petit spéculum de Fergusson en caoutchouc vulcanisé. Sur ce gros tuyau on pratique une fente en X. Par

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cette fente on pourra introduire un embout D. Une fois que le spéculum est en place dans l'anus, on retire l'embout et par la fente X on introduit dans le rectum une sonde en caoutchouc rouge C, qui peut être constituée par un tube œsophagien.

La sonde C est mise en communication avec un

Fig. 2.

réservoir à laide d'un tube en caoutchouc de i m 50 de long environ. Un robinet est placé à la sortie du réservoir, un autre à l'extrémité inférieure du raccord en caoutchouc.

Pour le lavage, le malade sera placé dans la position le plus habituellement usitée pour l'examen au spéculum. Il est bon d'anesthésier l'anus avec un peu de cocaïne avant l'opération.

Le réservoir pourra être plus ou moins élevé. Il pourra être plus élevé sans inconvénient sile lavage

se fait le tube B restant ouvert. Il s'agit alors d'une sorte de douche rectale. Si, au contraire, ce tube est bouché, la pression devra être plus modérée ; elle ne dépassera jamais l m 20. Dans aucun cas l'injection d'eau ne devra être douloureuse. On se servira d'eau bouillie à une température de 38 à 40°.

L'opération pourra donc comprendre une série de lavages. On introduit dans le rectum et le côlon un 1/2 litre, 1 litre 1/2 d'eau suivant les cas, puis on la laisse s'écouler et l'on "recommence ainsi plusieurs fois de suite. G. Herschell emploie 5 litres d'eau à chaque lavage. D'après cet auteur, la série des irrigations doit être recommencée tous les jours jusqu'à ce qu'on ait obtenu l'effet voulu.

Nous ferons pour cette manœuvre les mêmes réflexions que pour la douche ascendante. 11 convient de s'en servir avec modération, d'éviter les pressions trop forles, et de ne jamais provoquer de douleur. Ce procédé, du reste, convient plus particulièrement aux cas dans lesquels il existe une véritable obstruction stercorale du gros intestin. Dans les autres cas, on aura plutôt recours au lavage simple, dont la technique sera indiquée plus loin à propos de l'antisepsie mécanique de l'intestin.

Suppositoires. — Les suppositoires agissent quelquefois alors qu'échouent les lavements : c'est surtout lorsque les matières obstruant l'S iliaque et l'ampoule rectale empêchent la pénétration dans le gros intestin d'une quantité suffisante de liquide. Les suppositoires provoquent une sécrétion plus ou moins abondante, qui ramollit et lubréfie les matières et amène leur expulsion.

Les suppositoires au beurre de cacao peuvent être utilisés dans ce sens. Lorsqu'il y a des douleurs

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anales, du ténesme, comme cela est fréquent chez les hémorrhoïdaires, on peut les additionner de 1 à 2 centigrammes de belladone.

Les suppositoires à la glycérine sont beaucoup plus actifs. On a fait d'abord des cônes creux de beurre de cacao remplis de glycérine liquide. Plus récemment, on a eu l'idée de solidifier la glycérine en l'incorporant à la gélose, et Ton a obtenu ainsi des suppositoires très faciles à manier, et d'un bon effet.

Médication laxalive. — La première recommandation qui doive suivre ce titre est encore une fois de n'user que le moins possible des médicaments dans le traitement de la constipation. Il vaut beaucoup mieux, toutes les fois que la chose est possible, en venir à bout par de simples moyens hygiéniques.

Un autre principe essentiel, c'est que, pour combattre la constipation habituelle, il ne faut pas avoir recours aux purgatifs agressifs. Les drastiques doivent donc être proscrits d'une façon générale. Ils doivent être réservés à d'autres cas, et ils ont leur indication spéciale.

Les purgatifs salins ont aussi leur inconvénient : la purgation qu'ils provoquent est suivie d'une constipation d'autant plus marquée que leur effet a été plus accentué. La chose est si vraie qu'on utilise souvent cette particularité en thérapeutique et que les purgatifs salins, artificiels ou naturels, sont un des meilleurs moyens de combattre certaines diarrhées. Lorsqu'on fait usage des sels contre la constipation habituelle, il faut donc en prendre sans cesse de nouveaux, et il n'y a pas de raison pour que l'on puisse sortir de ce cercle vicieux. A notre avis, les purgatifs salins, représentés par les sels eux-mêmes,

par les préparations plus ou moins ingénieuses qu'en fait la pharmacie, ou encore par les eaux minérales, ne doivent être utilisés contre la constipation habituelle que d'une façon passagère. Lorsque les selles ont fait défaut depuis plusieurs jours déjà, on pourra avoir recours aux purgatifs salins, pour obtenir une évacuation première que les autres moyens amèneraient plus difficilement. Cette première évacuation pourra être facilitée par l'usage simultané des lavements ou des suppositoires, si les lavements ne peuvent pas être pris. Quand on aura obtenu cette désobstrue! ion préalable, c'est à l'hygiène, aux lavements et, au besoin, aux divers laxatifs que nous allons passer en revue, qu'il faudra avoir recours.

Dans certaines conditions cependant, il peut être utile de donner pendant quelque temps les purgatifs salins tous les jours, de façon à obtenir une ou deux selles faciles. C'est un des meilleurs moyens de faire disparaître les maux de tête, l'inappétence, le malaise général que Ton constate assez souvent chez les constipés de vieille date. Cette méthode agit-elle en partie en amenant la désinfection de l'intestin et la diminution de l'auto-intoxi cation? C'est chose possible et probable. La purgation saline est encore très utile lorsqu'il y a fausse diarrhée avec selles fétides. Une cure à Châtel-Guyon ou dans une station similaire donne alors d'excellents résultats.

On fait aussi de la même façon disparaître la colite muco-membraneuse lorsque celle-ci est peu prononcée. Dans les cas intenses avec tendance à l'entéralgie, les purgations salines répétées donnent des résultats beaucoup moins satisfaisants; ils sont souvent mal tolérés.

11 est un ordre de faits assez commun dans les-

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quels lapurgation saline à jet continu est (Tune utilité très grande , c'est lorsqu'il y a des signes d'urémie fruste. M. Dieulafoy, dans une série de publications et de leçons, a insisté avec raison sur la fréquence de l'urémie fruste, du brightisme sans albuminurie. Un assez grand nombre de personnes déjà d'un certain âge, aux environs et au delà de 50 ans, plus ou moins arthritiques, plus ou moins artérioscléreuses , présentent des phénomènes que l'on attribue volontiers à la dyspepsie ou à la neurasthénie : ils ont de la fatigue générale, de la paresse cérébrale, un peu de céphalée, de l'inappétence, quelquefois des vertiges, des étourdissements, parfois de petites attaques répétées d'angine de poitrine ou mieux de faussse angine de poitrine, parfois encore des intermittences cardiaques. Tout cela est probablement le fait d'une auto-intoxication, d'une petite urémie. Ils sont en même temps dyspeptiques et constipés. On fait disparaître tous ces accidents en les soumettant au régime lacté complet ou mixte et aux purgatifs salins répétés à petite dose quotidienne.

Relèvent encore de la même médication les faits de migraine aggravée vers 40 à 45 ans, à l'époque où cette affection disparaît habituellement, la petite urémie chronique à forme nauséeuse qui simule souvent le cancer de l'estomac, l'urémie à forme d'angine de poitrine. Dans les formes sévères d'auto-intoxication, comme dans l'urémie commune, le régime lacté sera de rigueur.

D'une façon générale, la médication purgative par les sels salins doit procéder par petites cures successives de 15 à 30 jours.

En dehors de ces conditions particulières, c'est à la série des formules laxalives, augmentée, accrue

incessamment par des substances ou des préparations nouvelles, que l'on aura recours.

Comme l'accoutumance se fait assez facilement, il est bon de changer de temps à autre les moyens employés, en restant toujours dans la ligne générale de conduite que nous venons d'indiquer,

Il est bon de savoir aussi que, pour les purgatifs légers, il existe de véritables prédispositions personnelles; l'expérience seule peut les apprendre. Telle personne se trouve bien de l'usage d'une substance qui donne à telle autre des effets insuffisants ou des coliques insupportables. Il faut donc toujours tâter le terrain, au début d'un traitement de ce genre, et chercher souvent par tâtonnement ce qui convient le mieux dans un cas donné.

PRINCIPAUX LAXATIFS

Nous allons énumérer les substances laxatives les plus communément usitées et en indiquer la posologie. Nous donnerons ensuite les indications les plus importantes pour le traitement méthodique des principales formes cliniques de la constipation.

Magnésie. — La magnésie a, d'une façon générale, l'avantage d'être un laxatif doux, facile à prendre à cause de son absence à peu près complète de saveur. Elle est surtout indiquée lorsque conviennent les alcalins, et nous avons dit déjà, dans un autre endroit, qu'elle sature, à poids égal, deux fois plus d'acide que le bicarbonate de soude. Ses inconvénients sont son insolubilité et la facilité avec laquelle, au bout d'un certain temps, on s'accoutume à son action.

La magnésie est employée sous quatre formes :

magnésie calcinée ordinaire, magnésie anglaise, hydrate de magnésie et hydrocarbonate ou magnésie blanche.

La magnésie calcinée convient surtout lorsqu'on cherche une action anti-acide autant qu'une action iaxative.

La magnésie anglaise, ou magnésie lourde, s'obtient soit en tassant fortement Thydrocarbonate avant de le calciner, soit en se servant pour sa préparation d'un carbonate obtenu par précipitation dans l'eau bouillante. La magnésie anglaise « est certainement inférieure à la magnésie légère, dont elle n'a ni le pouvoir absorbant ni la facile solubilité dans les acides (Patein) ». En revanche, elle a l'avantage de présenter à poids égal un beaucoup plus petit volume.

V hydraté de magnésie est obtenu en faisant bouillir la magnésie calcinée avec vingt fois son poids d'eau; elle renferme 37 0/0 d'eau. Son action est un peu plus douce que celle de la magnésie calcinée. Elle est peu employée.

La magnésie blanche, souvent prescrite, est chim quement de l' hydrocarbonate de magnésie. Elle se présente sous la forme d'une poudre blanche, très légère, à peu près insoluble dans l'eau. Elle se dissout dans l'eau chargée d'acide carbonique en vertu de la production d'un bicarbonate.

Elle se donne à doses plus élevées que la magnésie calcinée, le double environ; on s'en sert de préférence lorsqu'on recherche l'effet laxatif ou purgatif, plus que l'action anti-acide.

La magnésie est souvent mélangée à d'autres substances, au bicarbonate de soude, à la craie, au sousnitrate de bismuth, lorsqu'on vise surtout la saturation des acides ; au salicylate de bismuth, au benzo-

naphtol, lorsqu'on veut obtenir en même temps une action antiseptique; à d'autres laxatifs, le séné, le soufre, le cascara-sagrada, dans la composition des poudres purgatives. On trouvera à l'appendice quelques formules souvent usitées; nous nous contenterons d'indiquer ici l'emploi isolé de la magnésie; étant données ses qualités, il sera facile de la combiner à son gré de façon à obtenir des nuances thérapeutiques.

La magnésie calcinée produit des effets purgatifs chez l'adulte à la dose de 10 à 20 grammes. Pour obtenir des effets laxatifs, il en faut de 2 à 5 grammes. On pourra la donner au début à la dose d'une demicuillerée à café et élever ensuite cette quantité jusqu'à ce qu'on ail obtenu l'effet désiré. Chez les enfants au-dessous d'un an, on en donnera 25 à 30 centigrammes deux fois par jour, 50 centigrammes à 2 grammes au-dessus de cet âge, en commençant par les doses les plus faibles.

L'effet purgatif de la magnésie est assez lent à se produire, comme du reste l'effet de presque tous les laxatifs que nous allons étudier; aussi convient-il, d'une façon générale, de les faire prendre aux repas, ou le soir en se couchant pour obtenir une selle le lendemain matin. Cette dernière façon de procéder a l'avantage de produire l'effet voulu précisément au moment où il convient le mieux d'engager les malades à se présenter à la garde-robe.

Nous employons souvent avec avantage une poudre à base de magnésie, dont la formule est due à G. Sée et qui donne d'excellents résultats :

Magnésie calcinée ) ^

Crème de tartre ; aa i5 gr.

Soufre précipité '

82 THÉRAPEUTIQUE DES MALADIES DE i/lNTESTIN

De 1 à 3 cuillerées à café par jour dans un peu d'eau aux repas. L'insolubilité de cette poudre est son seul inconvénient.

La magnésie liquide du Codex contient 20 grammes d'hydrocarbonate de magnésie pour 650 grammes d'eau saturée d'acide carbonique, c'est-à-dire 1 gr. pour 32 grammes de liquide.

Il existe dans le commerce des tablettes de chocolat à la magnésie, qui renferment 4 grammes de magnésie calcinée et 20 centigrammes de scammonée (prendre une ou deux tablettes), et de la magnésie granulée, qui contient un quart de son poids de magnésie (4 cuillerées à café comme purgatif, 1/2 à une cuillerée comme laxatif et anti-acide).

On prépare aussi des tablettes qui renferment chacune gr. 50 de carbonate de magnésie, et une poudre de magnésie effervescente, dont on fait prendre, à titre laxatif, une cuillerée à café dans un verre d'eau.

Podophyiiin. — C'est le calomel végétal des Anglais, dénomination que lui a value son action cholagogue.

Lepodophyllin est un bon laxatif, surtout associé à la belladone. On le donnera de préférence en pilules :

Podophy llin ) ~ ^„

Extrait de belladone ! aa 25 cenU « r '

pour 20 pilules.

En prendre de 1 à 3 le soir en se couchant, 1 le premier jour, 2 le lendemain si l'effet laxatif ne s'est pas produit, 3 au besoin le surlendemain; les selles obtenues, il faut toujours revenir à une pilule, et recommencer la série, s'il y a lieu.

Ou encore :

Podophyllin 3 centigr.

Extrait de belladone 1 . —

Extrait de réglisse Q. S.

pour une pilule.

Une par jour, deux au besoin.

Belladone. — La belladone, que nous venons de montrer associée au podophyllin, est iaxative par elle-même. Trousseau la recommandait vivement; il en donnait progressivement de 1 à 5 centigrammes, en pilules.

Extrait de belladone ) ~ .

Poudre de belladone j aa 1 S enli e r -

pour une pilule.

Comme nous le verrons plus loin, la belladone est le type des laxatifs indiqués contre la constipation spasmodique, parce qu'elle tend en cas semblable à détendre et à résoudre le spasme des tuniques musculaires de l'intestin.

Cascara sagrada. — La poudre d'écorce de cascara sagradaest un excellent laxatif; elle a l'avantage de ne pas donner de coliques, en général, et son usage peut être longtemps continué sans inconvénient. On la donne en cachets de 25 centigrammes. Un cachet le soir en se couchant, un cachet matin et soir si cela ne suffit pas.

Nous employons souvent les cachets suivants :

Poudre de cascara sagrada ) ~ OK

Magnésie calcinée. ... J aa 25 Cen *'8 r -

Bicarbonate de soude 50 —

En prendre un à trois cachets espacés aux repas.

On emploie quelquefois aussi Y extrait fluide, qui correspond à son poids d'écorce : 10 à 50 ou 60 gouttes dans du vin de Lunel, qui masque assez bien le goût nauséeux de la cascara.

84 THÉRAPEUTIQUE DES MALADIES DE i/lNTESTIN

On trouve dans le commerce des préparations nombreuses à base de cascara ou dérivés de la cascara.

Bourdaine. — L'écorce de bourdaine, non usitée en France, très usitée en Allemagne, serait un excellent laxatif (Patein) qui ne causerait pas de coliques.

En Allemagne on donne à titre de purgatif un décodé à la dose de 20 à 30 grammes d'écorce. sèche pour un litre. On peut donner la poudre d'écorce sèche en cachets, à raison de 1 gramme à 1 gr. 50, le soir, en se couchant.

Nous avons essayé de la poudre de bourdaine ; elle s'est montrée très infidèle.

Tamar. — De la gousse du Tamarindus indiea on extrait une pulpe qui jouit de propriétés laxatives, et qu'on emploie soit en conserve, à la dose de 20 à 50 grammes (comme purgatif, à une dose plus faible comme laxatif), soit en tisane (20 grammes pour 1,000 grammes d'eau).

On trouve dans le commerce des bonbons de tamar qui sont d'un usage commode (un demi-bonbon ou un bonbon entier).

Rhubarbe. — Elle est purgative à la dose de 1 à 4 grammes de poudre, laxative à des doses moindres. On lui attribue, à faible dose, des propriétés stimulantes stomachiques, et on la donne surtout au commebcement du repas, seule ou combinée à d'autres poudres : poudre de quinquina,de colombe

On pourrait aussi, dans le même but, se servir du vin de rhubarbe et faire prendre, pur ou additionné de 5 à 10 gouttes de teinture d'ipéca, un verre à liqueur après le repas, chez les dyspeptiques, atoniques, flatulents et constipés.

La rhubarbe serait un excellent laxatif si elle

n'avait pas l'inconvénient de provoquer des coliques chez beaucoup de personnes. La poudre de rhubarbe entre dans la composition d'un grand nombre de poudres laxatives ou antidyspepti ques : nous considérons comme inutile d'en donner la formule ici. Elles sont du reste un peu en discrédit.

Manne. — C'est un purgatif doux } que sa saveur sucrée rend d'un usage commode chez les enfants. On la leur donne à la dose de 20 à 40 grammes dissoute dans de l'eau ou du lait; pour les adultes, il en faut de 40 à 100 grammes.

Pour la donner dans du lait ou de l'eau, faire dissoudre à chaud.

Séné. — On emploie les follicules et les folioles ; les premiers sont plus actifs; ils purgent à la dose de 3 à 5 grammes en provoquant des coliques. A une dose plus élevée (10 à 15 gr.), il y a des coliques plus vives et même des vomissements.

Le séné a été beaucoup plus usité autrefois qu'il ne l'est aujourd'hui; il entrait dans la composition d'un grand nombre de médecines et de lavements purgatifs. Les coliques qu'il détermine ont fait quelque peu délaisser son emploi; elles sont moins vives lorsque les follicules ont été préalablement passés à l'alcool, comme il est indiqué dans la formule de la poudre de réglisse composée que nous reproduisons plus loin.

Tous les thés purgatifs sont à base de séné. Voici la composition des espèces purgatives, d'après le Codex :

Feuilles de séné 2 gr.

Fleurs de sureau 1 —

Fruits d'anis vert 1 —

— de fenouil 50 centigr.

Bitartrate de potasse 50 —

Mêlez. — Pour une tasse d'infusion.

86 THÉRAPEUTIQUE DES MALADIES DE i/lNTESTIN

D'après Dujardin-Beaumetz, la tisane purgative de l'hôpital Saint-Louis, souvent prescrite par Hardy, est une très bonne préparation.

Séné } ~ Q „„

ii [ aa » gr.

Pensées sauvages ) °

Faire infuser pendant une heure dans un litre d'eau bouillante, passer et édulcorer avec du miel. — Un grand verre le matin.

Le café masque très bien le goût du séné, on peut donc faire infuser les follicules de séné en même temps que le café, de façon à obtenir un café purgatif.

Voici, d'après Dujardin-Beaumetz, la formule de la poudre de réglisse composée, qui est une excellente préparation :

Follicules de séné passés à l'alcool en poudre. ) ~ « or ... . r aa 6 gr,

ooufre sublime \ °

Fenouil en poudre ) ~ q

Anis étoile en poudre )

Crème de tartre pulvérisée 2 —

Réglisse en poudre 2 —

Sucre en poudre 25 —

Cette poudre se prend par cuillerées à café (1 à 2) dans un peu d'eau, le soir en se couchant, ou encore à la fin du repas.

Scammonée. — La scammonée est un purgatif drastique ; à dose élevée elle détermine parfois des coliques assez vives; cependant elle entre à dose faible dans la composition de diverses préparations iaxatives : chocolat, anisette, etc. On peut aussi donner directement la scammonée en poudre dans du lait : la dose moyenne est de gr. 50 à titre de purgatif.

Aïoès. — L'aloès est la base d'un grand nombre

de pilules ou cTélixîrs laxatifs. Sou avantage est de purger sous un petit volume et surtout sous la forme pilulaire, particulièrement commode. Il a l'inconvénient de provoquer le gonflement des hémorrhoïdes : aussi l'a-t-on employé souvent dans un but thérapeutique pour rappeler le flux hémorrhoïdaire lorsque, celui-ci ayant disparu, certains accidents congestifs paraissaient s'être produits.

L'aloès congestionne du resle à peu près au même titre les organes du petit bassin; de là une contreindication particulière lorsqu'il existe quelque maladie inflammatoire de ces organes, lorsqu'il y a chez le vieillard, par exemple, des accidents prostatiques ou chez la femme des lésions des annexes.

La dose laxative est de 5 à 15 centigrammes. L'effet ne se produit qu'assez tardivement, au bout de dix à vingt heures. Les coliques sont en général peu marquées. Avec 30 à 60 centigrammes on obtient une purgation plus énergique, qui peut aller, avec des doses plus élevées encore, jusqu'à produire des effets véritablement drastiques.

On attribue à l'aloès à faible dose une action apéritive et excitante de l'estomac, qui semble être très réelle ; de là son emploi presque traditionnel dans la dyspepsie. Son action irritante, congestionnante vers le rectum, fait toutefois qu'on tend souvent à donner la préférence à des laxatifs qui n'ont pas cet inconvénient.

L'aloès est pris surtout sous forme de pilules, le nom de certaines d'entre elles est bien connu.

Les pilules ante cibum renferment 10 centigrammes d'aloès pulvérisé et 5 centigrammes d'extrait de quinquina/ On en donne une ou deux au commencement du repas.

Les pilules écossaises ou pilules cTAnderson renferment à la fois 10 centigrammes d'aloès et 10 centigrammes de gomme-gutte. La présence de la gommegutte, substance drastique, les rend notablement plus actives que les précédentes.

Le savon médicinal est un bon véhicule pour l'aloès :

Aloès pulvérisé 1 gv .

Savon médicinal 1 —

pour 10 pilules.

M. Lutz a donné la formule de pilules qui sont d'une excellente action et que nous recommandons :

Résine d'aloès i

— de scammonée ( ~ .

- dej.lap ( aa * * r -

Lessive des savonniers i

Glycérine 50 centigr .

pour 20 ou 25 pilules; en prendre une le soir en se couchant. Nous savons qu'un certain nombre de personnes ont fait usage de ces pilules pendant de longues années à leur entière satisfaction, et sans en éprouver le moindre inconvénient.

Halle de ricin. — L'huile de ricin donnée à faible dose, par cuillerées et même par demi-cuillerées à café, est un des meilleurs laxatifs que nous connaissions. Elle peut être prise pendant très longtemps sans inconvénient, elle n'amène pas de constipation consécutive.

Son goût désagréable peut être masqué par du café noir, du cassis, du jus d'orange. On peut aussi la prendre en capsules le matin. On trouve dans le commerce des capsules d'huile de ricin, de dimensions très variables.

Huile d'olives on d'amandes douces. — L'huile

d'olives et l'huile d'amandes douces, souvent conseillées dans le traitement de la lithiase hépatique, ont une action laxative plus ou moins marquée suivant les personnes. Elles peuvent être utilisées au même titre que l'huile de ricin. Malheureusement beaucoup de personnes ne les prennent qu'avec une grande difficulté. Des observations de Strauss, de J. Cohnheim et des nôtres, il résulte qu'on peut considérer l'huile comme un bon calmant de l'estomac, en particulier dans l'hypersécrétion chlorhydrique avec sténose ou spasme du pylore. Dans ces conditions, on peut attendre de son usage la disparition de la constipation en même temps que la disparition des douleurs stomacales.

L'huile sera donnée par cuillerées à bouche, le matin à jeun ou à la fin du repas.

Indications particulières tnx principales formes

cliniques de la constipation. — Les indications thérapeutiques dans le traitement de la constipation atonique et de la constipation spasmodique sont très différentes et quelquefois même complètement opposées, comme il résulte de l'étude que nous avons faite de leur mécanisme pathogénique et de leur séméiologie.

Constipation atonique. — C'était autrefois la seule forme de constipation connue, et les traitements de la constipation habituelle se proposaient toujours et dans tous les cas d'exciter la sécrétion de l'intestin et de combattre son atonie molrice. Si la belladone, le médicament par excellence du spasme de l'intestin, était quelquefois conseillée, c'était au hasard, sans idée théorique sur son mode d'action.

A la constipation atonique s'appliquent d'une façon générale les indications données plus haut relati-

vement à l'hygiène générale et à l'hygiène alimentaire du constipé. A elle s'appliquent aussi l'hydrothérapie froide, la gymnastique suédoise, le massage, l'électricité, et, en dehors de la belladone et de Thuile d'olives, les substances laxatives dont nous avons sommairement étudié plus haut la matière médicale et la posologie.

Voulant agir sur la musculature intestinale et exciter sa motricité, on s'est adressé non à des substances à proprement parler laxatives, mais connues pour leur action excitante sur les fibres musculaires lisses : la noix vomique, la strychnine, la fève de Galabar, l'ésérine, l'ergot de seigle. On les a employées isolément ou combinées dans des formules plus ou moins complexes.

La posologie de la noix vomique, de la fève de Saint- Ignace est assez connue pour que nous n'ayons pas à y insister.

La, fève de Cdlahar est surtout prescrite sous forme d'extrait ou de teinture. L'extrait est donné en pilules de gr. 01 centigr., à raison d'une ou deux le soir; la teinture se prescrit à la dose de dix gouttes deux ou trois fois par jour. Illoway indique comme dose de début cinq gouttes trois fois par jour.

On a aussi employé quelquefois l'ésérine et la physostigmine, alcaloïdes peut-être identiques de la fève de Calabar. Leur maniement nous paraît trop délicat; il semble du reste que l'extrait et la teinture de fève aient une action plus active sur l'intestin.

Constipation spasmodiqne. — Ici il faut éloigner tout ce qui serait de nature à exciter la contraction spasmodique de l'intestin et son hyperesthésie. Ce

sont des calmants qui conviennent et non des excitants. Les irritations quelque peu énergiques, tant internes qu'externes, les agents capables d'exciter la contractiiité de la musculature de l'intestin sont formellement à rejeter.

On usera de l'hydrothérapie chaude sous toutes ses formes : grands bains chauds, applications chaudes sur l'abdomen, douches eh jet modérément chaudes.

Les injections rectales seront faites à faible pression à la température neutre et calmante de 38 à 40°. On ne se servira pas des douches ascendantes.

Les grands lavements d'huile d'olive ont été tout particulièrement recommandés par Fleiner dans cette forme de constipation ; il est incontestable qu'ils y sont très utiles.

Le massage sera fait avec une grande prudence; il devra être calmant ou ne pas être. Dans aucun cas il ne devra provoquer de douleurs.

La belladone est le médicament par excellence de la constipation spasmodique. Nous employons habituellement les pilules de Trousseau qui renferment un centigramme de poudre et un centigramme d'extrait. On peut aussi se servir de la teinture à raison de cinq à dix gouttes trois ou quatre fois par jour.

La jusquiame peut être employée isolément ou associée à la belladone.

On a aussi conseillé dans les mêmes conditions et à titre d'antispasmodiques : la valériane, le valérianate de zinc et Tassa fœtida.

Dans certains cas de spasme très serré avec hyperesthésie marquée, on pourra avoir recours momentanément à l'opium ou à la morphine. Nous

92 TflÉRAPEUTlOUE DES MALADIES DE L INTESTIN

employons volontiers la codéine sons la forme suivante :

Codéine 20 centigr.

Eau de laurier cerise 25 gr.

Eau distillée 75 —

Quatre à six cuillerées à café espacées dans la journée.

Nous allons maintenant examiner brièvement les principales indications des formes suivantes de la constipation :

Constipation par hygiène vicieuse;

Constipation chez les enfants ;

Constipation chez les dyspeptiques gastro-intestinaux ;

Constipation dans l'enté roptose;

Constipation chez les obèses ;

Constipation chez les vieillards;

Constipation avec débâcles et fausse diarrhée.

1° Constipation par hygiène vicieuse. — C'est celle qu'amènent chez les prédisposés l'abus des aliments azotés, l'insuffisance de l'alimentation végétale, l'absence, d'exercice physique, la vie sédentaire en milieu confiné et quelquefois surchauffé. C'est surtout au régime et aux moyens hygiéniques qu'il faut avoir recours. Il faut réformer l'alimentation dans le sens précédemment indiqué. On pourra aussi recommander l'emploi de la graine de lin ou du psyllium qui agit à la façon des végétaux à résidu alimentaire plus ou moins abondant. On conseillera l'exercice au grand air, la gymnastique suédoise, l'hydrothérapie froide, surtout chez les malades plus ou moins entachés de neurasthénie.

Si tout cela ne suffit pas, on aura recours aux lavements et aux laxatifs faibles. Leur emploi ne

sera continué que le moins longtemps possible et on essaiera toujours d'en revenir aux simples moyens hygiéniques.

2° Constipation chez les enfants. — Chez les tout jeunes enfants, la constipation est fréquente. Ces jeunes êtres ne pensent pas à aller à la selle, naturellement, et, pour peu que le besoin s'émousse, ils sont constipés. Certains moyens populaires agissent simplement en réveillant ce besoin émoussé. On introduit dans l'anus un corps uni, une petite tige de persil ou de cerfeuil, et le résultat cherché est obtenu. Les suppositoires au savon sont aussi très en faveur près des nourrices : on peut leur substituer avec avantage de petits suppositoires au beurre de cacao ou à la glycérine solidifiée. Quelquefois on devra donner de petits lavements, soit à l'eau bouillie, soit à la glycérine ou à l'huile émulsionnée.

Chez les enfants plus âgés, la constipation est également fréquente, surtout dans les villes. Il n'est pas très rare encore qu'elle amène des poussées de colite muco-membraneuse, avec débâcles pseudodiarrhéiques. Il est bon de remarquer que, à cause des débâcles ou de la fréquence des selles muqueuses insuffisantes au point de vue de la quantité de matière stercorale éliminée, la constipation est souvent méconnue. Ainsi s'établissent à l'état chronique des colites muqueuses ou muco-membraneusesdont laguérison se fait ensuite attendre pendant bien longtemps. C'est la diarrhée que craint et que combat la famille, et quelquefois le médecin, c'est en réalité la constipation qu'il faudrait viser. Il est bon aussi de surveiller avec soin l'apparition . du mucus dans les selles chez les enfants.

C'est encore aux lavements, c'est à Ja manne, à la magnésie, à l'huile de ricin à faible dose qu'on aura recours. On fera naturellement tout, son possible pour que l'hygiène suffise pour faire disparaître la constipation.

Le massage est souvent fort utile.

Lorsque les débâcles se produisent, elles sont assez souvent suivies d'une diarrhée qui dure plusieurs jours. Le calomel est alors indiqué. Quand elles se répètent et lorsqu'il existe de la fausse diarrhée avec selles fétides, ce qui n'est pas très rare, il faut avoir recours aux purgations salines et même aux petites cures par le sulfate de soude, le sel de Carlsbad, les eaux minérales.

3° Dyspepsie gastro-intestinale. — La constipation est fréquente dans les différentes formes de la dyspepsie. Les indications sont, d'une façon générale, celles que nous avons données à propos de la constipation par hygiène vicieuse. Cependant il y a quelques remarques particulières à faire. Chez les hyperchlorhydriques, il faudra réduire au minimum l'irritation de l'estomac; aussi l'aloès, le séné, la scamonnée et même des laxatifs végétaux plus doux comme la rhubarbe, le cascara, ne leur conviennent-ils guère. On ne peut pas non plus leur laisser manger une quantité considérable de légumes verts, à cause de la stase qui existe ou tend à exister chez eux, et de l'excitation sécrétoire que produisent les résidus alimentaires.

Les dilatés avec stase permanente ne peuvent pas, pour la même raison, prendre de légumes verts ni de graines inertes.

Les applications froides, le massage pourront être employés dans ces conditions. S'ils sont imprati-

cables ou s'ils n'agissent pas, on donnera de grands lavements et des lavements d'huile.

La magnésie à dose élevée peut être employée momentanément dans le traitement des paroxysmes douloureux de l'hyperchlorhydrie : il ne devra pas en être fait un usage prolongé. Les alcalins sont en effet des excitants de la sécrétion chlorhydrique.

D'après M. Hayem, l'usage prolongé du sulfate de soude amènerait une hypochlorhydrie et même une anachlorhydrie prolongées, sinon définitives; ce serait une raison particulière de ne pas abuser des purgations salines chez les hypochlorhydriques; par contre, les cures salines seraient indiquées contre rhyperchlorhydrie. Nous avons tendance à croire que la motricité est, dans ces conditions, influencée plus heureusement que la sécrétion; mais nous reconnaissons que beaucoup d'hyperchlorhydriques sans stase marquée se trouvent soulagés par ce traitement.

4° Constipation dans Ventèroptose. — Elle peut être atonique ou spasmodique. M. Glénard considère que le sulfate de soude à petites doses en est le traitement par excellence. Par le port d'une sangle, d'une ceinture ou d'un corset spécial, on s'efforcera de remédier aux ptôses viscérales, et, je ne dirai pas de les réduire, mais de limiter le déplacement des organes et les tiraillements qu'ils exercent sur les extrémités nerveuses des plexus abdominaux.

En cas de douleurs, de crises paroxystiques, de névralgie cœliaque, il faut immobiliser les malades, leur faire faire une cure d'horizontalité.

5° Constipation chez les obèses. — Chez les obèses à gros ventre, exposés à ce que les Allemands appellent la pléthore abdominale, les cures salines sont

d'un emploi classique. A Marienbad, à Brides, à Châtel-Guyon et dans les stations similaires, les purgations répétées, quotidienne, sont un des facteurs les plus importants de la cure de l'obésité.

Malheureusement, il est fréquent qu'une constipation plus rebelle succède à ces cures. D'une façon générale, la constipation des obèses devra être traitée de préférence par les moyens hygiéniques et mécaniques; la prophylaxie de l'obésité et de la constipation devront se combiner intimement.

Lorsqu'il y aura des signes de dépression circulatoire, de la dyspnée, de la congestion du foie, les purgations répétées, les cures purgatives seront alors formellement indiquées.

6° Constipation chez les vieillards. — Les vieillards, on le sait, sont très sujets à la constipation. C'est chez eux, surtout chez les femmes, qu'on observe le plus souvent des scybales échelonnées le long du côlon, l'obstruction du cœcum, de l'S iliaque, du rectum. On trouvera les indications relatives au traitement de ces complications plus loin, au chapitre consacré à l'occlusion intestinale.

Il y a donc une importance toute particulière à surveiller la constipation des vieillards. Lorsque l'hygiène ne suffît pas à la prévenir, il faut leur recommander le massage, l'électricité, les graines de psyllium ou de lin, les lavements, les suppositoires, l'huile de ricin à petites doses répétées et, passagèrement, les purgatifs salins, s'il en existe une indication particulière.

7° Constipation avec débâcles et fausse diarrJiêe. — Pour éviter les débâcles, il faut éviter la constipation. Elles n'appellent pas de traitement particulier lorsqu'elles sont rares et de courte durée ; mais quel-

quefois les débâcles tendent à se prolonger; elles durent plusieurs jours. Elles doivent alors être traitées de la même façon que la fausse diarrhée.

La fausse diarrhée est souvent méconnue; trop souvent on ne fait que perpétuer le mal en administrant intempestivement des médicaments constipants. A notre avis, ce sont les cures de purgation saline qui conviennent le mieux, surtout lorsque les selles sont fétides et qu'il y a des signes d'autointoxication d'origine intestinale. Quand la fausse diarrhée a disparu, on en revient au traitement habituel de la constipation.

IMESTIN. — 3° rêDIT.

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