CHAPITRE II
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La dysenterie est une maladie infectieuse et contagieuse, souvent épidémique, d'une fréquence et d'une gravité particulières dans les pays chauds et dans les armées en campagne. Elle est caractérisée au point de vue anatomique par une inflammation intense, ulcéreuse, du gros intestin, cliniquement par des coliques violentes, des épreintes, du ténesme rectal, des selles glaireuses et sanglantes et, dans les cas graves, par des selles dans lesquelles on rencontre des lambeaux plus ou moins étendus de muqueuse sphacélée.
Suivant sa gravité, suivant l'intensité des phénomènes généraux, on distingue des formes cliniques différentes. Actuellement on ne considéré plus la dysenterie sporadique comme une véritable espèce, mais seulement comme une forme moins grave.
La dysenterie peut passer à l'état chronique.
Certains médecins de l'armée et de la marine tendent à considérer la diarrhée des pays chauds (diarrhée de Cochinchine) comme une forme de la dysenterie chronique.
Nous devons nous borner à donner ici un tableau succinct de cette maladie.
La dysenterie aiguë débute dans la majorité des cas par une période prodromique caractérisée soit
par delà diarrhée bilieuse, sans douleur et sans fièvre, soit par des phénomènes d'embarras gastrique avec fièvre légère.
Les prodromes fout défaut, en général, chez les sujets affaiblis déjà par d'autres maladies et fortement anémiés. Ils manquent aussi dans certaines régions intertropicales et au cours de certaines épidémies graves : les phénomènes dysentériques se montrent alors d'emblée avec des caractères nettement accentués.
Après que la diarrhée simple, bilieuse, a duré plus ou moins longtemps, quelques jours, deux ou trois semaines, suivant les cas, le ventre commence à devenir douloureux, les selles tendent à prendre le caractère dysentérique. Elles sont visqueuses, glaireuses; leur coloration normale tend à disparaître, elles deviennent sanglantes, comparables tout d'abord à des crachats pneumoniques par leur couleur et leur aspect.
Les douleurs sont de plus en plus vives; les coliques prennent le caractère tormineux. Les malades ont la sensation constante d'un corps étranger dans le gros intestin : ils s'épuisent en efforts inutiles pour l'expulser. Ils ne réussissent qu'à rejeter péniblement quelques cuillerées à bouche de mucus sanguinolent. Ces fausses envies constituent les épreintes, auxquelles se joignent assez souvent, dans les cas graves, de la dysurie et des épreintes vésicales. Les malades éprouvent une vive sensation de douleur, de brûlure, de ténesme au niveau de l'anus. Les efforts de défécation se répètent quinze à vingt fois dans les cas légers, un nombre infini de fois dans les cas graves. Les malades sont complètement épuisés par ces douleurs incessantes ; ils dépé-