FORMES CLINIQUES DE L 'APPENDICITE
Le pus peut s'ouvrir dans le gros intestin; circonstance favorable qui peut amener la guérison. L'ouverture dans la vessie est plus grave. Il est rare que l'ouverture de l'abcès se fasse à la paroi abdominale. La persistance de l'abcès amène souvent l'amaigrissement, la cachexie, la diarrhée, la fièvre hectique ; la mort peut survenir par épuisement.
Péritonite généralisée consécutive à une appendicite. — Elle peut se produire d'emblée ou succéder à une appendicite avec péritonite circonscrite. Dans ce second cas, -le début peut être subaigu, s'il y a propagation progressive de l'inflammation péritonéale, ou au contraire brusqué, s'il y a ouverture d'une collection purulente dans la grande cavité péritonéale.
La péritonite généralisée, au point de vue de la nature du pus, présente deuxgrandes variétés, qui, dans les cas extrêmes tout au moins, se traduisent en clinique par une séméiologie différente : la péritonite purulente proprement dite et la septicémie péritonéale.
Dans ]& péritonite purulente, le début est quelquefois plus brusque que dans les formes communes de l'appendicite : la douleur est beaucoup plus intense, les signes de péritonite apparaissent rapidement. Plus souvent, la rémission habituelle ne succède pas aux phénomènes de début : la persistance et la fréquence des vomissements, la diffusion de la douleur, le ballonnement du ventre, l'absence d'émission des gaz par l'anus, le pouls petit et rapide, indiquent l'entrée enjeu de la péritonite . généralisée.
Dans la septicémie péritonéale, bien étudiée par Jalaguier, le début est plus insidieux, la température
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moins élevée, le ventre moins ballonné, les vomissements sont peu abondants, souvent il y a de la diarrhée; bien que la température soit descendue à 37°, 37°5, le pouls reste à 110-130, les pulsations petites, irrégulières. Le faciès est plombé ou terreux, le ventre peu douloureux à la palpation.
La septicémie péritonéale évolue, en général, d'une façon plus rapide que la péritonite aiguë inflammatoire : elle amène la mort en cinq ou six jours, quelquefois en trente-six à quarante-huit heures ; mais il faut se souvenir qu'il y a des faits de passage de Tune à l'autre forme.
Appendicite chronique. — Les lésions chroniques de l'appendice sont très fréquentes : follicuiite chronique, vascularisation anormale, ulcérations de la muqueuse, lésions cicatricielles, rétrécissement, dilatation, déviation de la cavité, coudures, torsions, présence de calculs, adhérences avec les organes voisins. Les combinaisons et les associations de ces lésions peuvent être très variées.
Appendicites a rechute. — Assez souvent,ily achez la même personne des crises successives d'appendicite à des intervalles plus ou moins éloignés. Parfois certaines crises sont incomplètes et comme avortées. Chacune de ces poussées tend à laisser derrière elle des lésions persistantes et ces lésions sont souvent la cause de sensations et de phénomènes anormaux : endolorissement de la région, sensation de gêne, de pesanteur, augmentant sous l'influence de la fatigue, de la constipation, etc. Par la palpation on peut trouver dans la fosse iliaque droite une masse constituée dans des proportions différentes par des adhérences inflammatoires, une masse épiploïque indurée, le caecum dilaté. Dans certains cas, l'appendicite et
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la péri-appendicite chronique se révéleraient par des troubles dyspeptiques vagues : malaises après le repas, pesanteurs, dilatation de l'estomac, douleurs vagues dans l'abdomen, constipation habituelle, crises de coliques, débâcles diarrhéiques,etc. Walther attribue dans les cas de ce genre un rôle important non seulement h l'inflammation chronique de l'appendice, mais encore et surtout à l'épiploïte chronique, aux brides et aux adhérences qui en résultent. Chez des personnes qui ont eu auparavant une ou . plusieurs crises d'appendicite les accidents abdominaux que nous venons de dire justifieraient une intervention chirurgicale.