TRAITEMENT DE LOCCLUSION AIGUË
ment médical, et de renoncer à l'intervenlion chirurgicale, ou, tout au moins, de la retarder.
Le seul traitement médical aurait, du reste, d'après les statistiques citées par Jalaguier, amené la guérison environ dans le tiers des cas : il n'est donc pas à dédaigner, surtout si Ton songe à la gravité de la laparotomie dans ces conditions.
Trop souvent, les médecins ont été tentés, en présence de phénomènes aigus d'occlusion, de mettre en œuvre des moyens thérapeutiques qui ne peuvent avoir d'utilité que dans les formes chroniques de l'occlusion; certains d'entre eux sont particulièrement dangereux.
La purgation doit être, en tout cas, absolument proscrite ; il ne faudra donner de purgatif sous aucun prétexte. On risque, en effet, en mobilisant l'intestin aveuglément, d'augmenter l'occlusion, de provoquer une perforation et une péritonite d'autant plus graves qu'on aura rompu les adhérences péritonéales qui pouvaient commencer à s'établir.
Ce qu'il faut avant tout, c'est calmer la douleur, immobiliser l'intestin ou, tout au moins, modérer des mouvements péristaltiques qui tendent àde venir excessifs. L'opium et la morphine sont donc particulièrement indiqués.
On peut donner l'opium à la façon de Moulard- Martin : on fait prendre toutes les heures une pilule d'extrait thébaïque de i centigramme jusqu'à 15 ou 20 centigrammes par jour. On peut aussi avoir recours à la morphine, qu'on peut donner à l'intérieur ou en injections hypodermiques; les injections seront surtout de mise lorsque l'abondance des vomissements empêchera l'absorption de l'opium.
On n'usera qu'avec une grande prudence de la
324 TUÉRAPEUTIQUE IlES MALADIES DE L'iNTESTIN
série des manœuvres externes qui ont été conseillées. On repoussera complètement le massage, les injections d'eau à pression élevée ; ces injections sont l'équivalent de l'expérience dite en physique du crève-tonneau, qui peut devenir alors l'expérience du crève-côlon ; il ne faut pas non plus faire l'insufflation de l'intestin avec trop de force. Il serait plu? logique d'essayer de grandes injections d'eau sous une faible pression, comme cela a été indiqué pour les grands lavages de l'intestin, et encore...
On a, à diverses reprises, conseillé la ponction capillaire des anses intestinales distendues; on voulait ainsi diminuer le méléorisme, on espérait même obtenir quelquefois la guérison : ce moyen est rejeté par la grande majorité des auteurs ; il n'a plus que quelques rares défenseurs (1).