‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome premierChapitre 10 sur 70 · C.— Introduction du spéculum · texte numérisé non relu

C.— Introduction du spéculum

Il ne sera ici question que du spéculum tubulaire, le seul .d’usage courant.

Le médecin, après avoir d’abord bien projeté le faisceau lumineux réfléchi sur l’entrée de l'oreille, et fait, comme il a été dit, une exploration préalable de cette région, introduit le spéculum d’une main tandis qu’il redresse le conduit de l’autre main. Pour cela, il saisit le pavillon de Poreille droite, par exemple, entre l’annulaire et le petit doigt gauches placés dans le sillon rétro-auriculaire, et le médius

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appuyé sur sa face externe, et il le porte en haut et en arrière; dans ce mouvement, il entraîne la partie fibrocartilagineuse du conduit, redresse son inflexion normale, et ramène ainsi son axe sur le prolongement direct de l’axe de la portion osseuse. (Dans la première année de la vie, au contraire, il faut attirer le pavillon en bas et en avant ; à cet âge, le conduit osseux manque et le conduit cartilagineux a une direction différente.)

Le spéculum est alors saisi par son bord évasé entre le pouce et l’index droits, introduit entre le tragus et le bord de la conque, et enfoncé doucement, à l’aide de petits mouvements de rotation ; on le pousse un peu en arrière, en suivant le bord supérieur du conduit, et on l’arrête dès qu’une certaine-résistance indique qu’il a atteint le niveau de la portion osseuse. La main droite passe alors le pavillon du spéculum au pouce et à l’index gauches demeurés libres et qui le maintiennent.

D .— Précautions

Il faut éviter de faire pénétrer le spéculum plus profondément: ce qui est inutile, puisque la portion osseuse du conduit donne un libre accès à la vue, et douloureux, car la sensibilité des téguments de- vient deplusen plus vive à mesure qu’on s’approche du tympan.

Il faut manier le spéculum avec la plus grand’e”' douceur chez le jeune enfant ; à cause du très failrte développement de la portion osseuse du conduit à cet âge, une introduction faite sans ménagements exposerait à la blessure du tympan.

Une dernière précaution est souvent négligée. 11

va sans dire que, pour faciliter cet examen, on introduira le plus large spéculum qu’admettra l’oreille ; néanmoins, malgré cela, il sera encore nécessaire, pour explorer tous les points de la membrane et du conduit, de mouvoir le spéculum en différents sens- Or si, comme on est naturellement porté à le faire, on se contente de faire basculer celui-ci en haut, en bas ou en avant, on fera mal au malade ; l’instrument doit rester fixe par rapport à la portion cartilagineuse du conduit; en même temps qu’on cherche à le déplacer, il faut donc entraîner celle-ci dans le même sens, par des tractions exercées sur le pavillon.

Enfin, chez certaines personnes, l’introduction du spéculum provoque des quintes de toux ; elles sont dues à l’irritation des filets du rameau auriculaire que le pneumogastrique envoie à la partie profonde du conduit; il suffit, pour les faire cesser, de retirer un peu le spéculum, de façon à ce qu’il ne louche pas le conduit osseux.

E .— Fautes habituelles

Les débutants commettent généralement deux fautes opposées.

Ou bien ils enfoncent trop le spéculum et font mal -.-au malade.

' „ Ou bien ils ne l’introduisent pas assez profondé* ment et n’exércent pas une traction assez forte sur le pavillon pour redresser le conduit. Ils n’aperçoivent alors que la partie postérieure du tympan, qu’ils prennent pour sa moitié antérieure ; la paroi postérieure du conduit osseux leur fait l’effet d’être le segment postérieur du tympan ; et ils interprè-

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tent l’arc postérieur du cadre tympanal comme étant le manche du marteau.

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