II.| — EXAMEN DU CONDUIT ET DU TYMPAN
Chez certaines personnes, dont le conduit auditif - est très large et peu coudé, on peut, sans le secours d’aucun instrument, examiner l’ensemble de l’oreille . externe et du tympan. Il suffit de faire bailler le méat en .attirant d’une main le pavillon en haut et en arrière, ainsi qu’il sera dit plus loin, et en écartant le tragus à l’aide du pouce de l’autre main, qui fait glisser en avant la peau de la région pré-tragienne.
Le plus souvent, cet examen ne peut être fait qu’à l’aide du spéculum auris. Dans tous les cas, il faut toujours faire une exploration préalable du conduit sans spéculum : c’est ainsi que l’on découvrira certains eezémas de l’entrée du conduit, certains .
furoncles qu’on ne manquerait pas de méconnaître en introduisant d’emblée le spéculum.
A .— But du spéculum
Le spéculum auris, sauf dans quelques cas, n’a pas pour but d’élargir le conduit, comme le spéculum du vagin, du nez, etc. ; il a seulement pour office de redresser ses courbures, de façon à donner à la vue un chemin droit jusqu’au tympan. Voilà pourquoi tout le monde donne aujourd’hui la préférence au spéculum plein, au spéculum tubulaire.
B .— Choix du spéculum
Tous les spéculums peuvent être rapportés à quatre types.
a. Le spéculum bivalve est le plus ancien de ces modèles : il fut employé pour la première fois en 1646 par Fabrice de ïïilden. Il est presque abandonné de nos jours ; if est inutile, puisqu’il s’agit de rèdrèsser, non pas de dilater le conduit; il est douloureux, par suite de. la pression excentrique qu’il exerce sur le conduit ; il est dangereux dans la pratique infantile.
Il pourra cependant, dans quelques cas déterminés, rendre des services : ainsi, par exemple, quand, dans les cas d’atrésie aiguë du méat, il importe d’être immédiatement renseigné sur l’état du tympan et de la caisse. Le spéculum dilatateur .de Mahu est le mieux approprié à ce but : il est formé de quatre valves , pouvant prendre un mouvement d’écart en sens parallèle et progressif (fig. 3).
b. Le spéculum tubulaire a la forme d’un petit entonnoir.
EXPLOBATIOX DE L’OBEILLE EXTEBNE ET DU TYMPAN 13
Il en existe un grand nombre de modèles; à la vérité, le meilleur est encore celui dont on a l’habitude de se servir. Cependant, pour les médecins qui n’ont point encore arrêté leur préférence, on peut donner quelques indications.
Fig. 3. • Fig. 4.
Spéculum dilatateur Spéculum tubulaire dePolitzer
de Maliu. en métal.
L’instrument est représenté à son Le spéculum est représenté granmaximum d'ouverture. — A gauche, deur naturelle : à gauche, calibre le spéculum est fermé, tel qu'il doit des quatre spéculums formant un être introduit dans le conduit. ' jeu.
Les meilleurs spéculums sont ceux de Toynbee ou de Politzer, qui se ressemblent beaucoup : cylindriques à leur extrémité auriculaire, ils se terminent en dehors par un large pavillon (fig. 4). Le spéculum de de Wilde, simple cône tronqué, également employé, est moins maniable et laisse pénétrer moins de lumière.
L’extrémité interne du spéculum peut être ronde ou elliptique. Théoriquement, la forme elliptique, conseillée par Gruber, est préférable, puisqu’elle semble mieux s’accommoder à la conformation du conduit. En pratique, le spéculum ovale ne vaut pas
i4 TECHNIQUE ET THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE
le spéculum rond, car il se prête mal aux mouvements de rotation à l’aide desquels on doit l’introduire.
Les spéculums sont faits en métal (argent, aluminium, métal blanc) ou en. caoutchouc durci : les spéculums métalliques sont préférables comme étant plus faciles à stériliser.
Un jeu de quatre spéculums de grandeur différente est nécessaire ; leur diamètre extérieur est respectivement de 2, 3, 5 ut 7 millimètres ; leur longueur commune est de 3 centimètres.
c. Le spéculum grossissant destiné à amplifier l’image tympanique est d’un emploi incommode et rend peu de services. L 'otoscope de Brunton, spéculum tubulaire auquel on a adapté une lentille convexe, et dans lequel une glace inclinée à 45* réfléchit sur le tympan la lumière qui lui arrive latéralement, est justement abandonné. .
d. Le spéculum pneumatique, dont le type est le spéculum de Siegle, est au contraire d’une grande utilité ; nous y reviendrons plus loin.