III. — DIFFICULTÉS DE L’EXAMEN
Elles résultent: a) d 'obstacles naturels, dus à la conformation anormale des parties ; b) A'obstacles accidentels-, résultant de l’obstruction partielle ou totale du conduit.
A .— Obstacles naturels
Les poils du conduit peuvent gêner par leur abondance. Généralement le spéculum les refoule de côté. Si cela ne suffit pas, on pourra soit les couper, soit les coller contre la peau en les frottant avec un petit bâton de cire.
Vaffaissement des. parois du conduit membraneux, fréquent chez le vieillard, transforme le méat en une fente verticale très étroite. On peut se servir du spéculum à valves pour dilater, celle-ci ; toutefois le spéculum tubulaire, bien manié, triomphe assez facilement de cet obstacle.
IA étroitesse du conduit est une difficulté plus sérieuse. Elle est de règle chez l’enfant, dont elle rend l’examen difficile. Elle est assez fréquente chez l’adulte, soit qu’il s’agisse d’une disposition congénitale, soit qu’elle résulte d’une atrésie pathologique. Elle commande alors l’emploi d’un petit spéculum ; dans ce cas, pour bien examiner le tympan, il faut enfoncer l’instrument aussi loin que possible. L’abaissement forcé de la mâchoire inférieure, qui tire on avant la partie antérieure du conduit cartilagineux, agrandit un peu le champ visuel.
L'excès de courbure du conduit est également une condition très désavantageuse ; là encore, l’emploi d’un spéculum étroit s’impose. Chez certains sujets, la voussure de la paroi antérieure du conduit osseux est si accusée, que, même en tirant fortement sur le pavillon et dirigeant le pavillon du spéculum très en arrière, on ne peut jamais parvenir à voir la moitié antérieure du tympan.
B . — Obstacles accibentels
Abstraction faite des affections de l’oreille externe, dont il sera parlé ultérieurement, un conduit, quoiqu’ayant une largeur et une incurvation convenables, peut cependant ne pas permettre l’examen du tympan, parce qu’il est' obstrué en totalité ou en partie par du cérumen, dès squames épidermiques, du pus ou un corps étranger.
Si le conduit est totalement rempli par du pus, par un bouchon cérumineux, etc., on le débarrassera par une injection d'eau tiède. Mais il faut être sobre de ce moyen, qui provoque de la rougeur du manche du marteau et du cadre tympanique, trouble légèrement la transparence de la membrane, et peut faire croire à des altérations pathologiques préexistantes.
S’il existe seulement quelques petits amas cérumineux, quelques squames épidermiques qui gênent la vue, on se contentera de les écarter avec un stylet, ou de les ramener avec un crochet mousse ; on se servira le moins possible de la pince, qui fait aisément saigner la peau du conduit..
S’il se trouve sur le tympan ou dans le sinus prétympanique de petits amas de muco-pus, on les essuiera doucement avec une tige porte-coton.
EXPLORATION de l’oreille externe et du tympan 19
Xles diverses manœuvres, si elles sont faites avec douceur et toujours sous le contrôle de la vue, altèrent moins l’image tympanique que les injections. Toutefois, il ne faut pas oublier que tout attouchement du conduit détermine une hypérémie réflexe de la membrane; de sorte que, pour voir le tympan tel qu’il est, mieux vaut s’abstenir le plus possible de tout nettoyage préalable. Si celui-ci est indispensable, on se rappellera que ces modifications artificielles de l’image tympanique sont très passagères : il suffit d’attendre quelques instants pour les voir disparaître.