EMPLOI THÉRAPEUTIQUE DE LA DOUCHE D’AIR CHOIX DES PROCÉDÉS
L’aération de l’oreille moyenne par la douche d’air rend d’immenses services au médecin, au triple point de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement.
1° Au point de vue du diagnostic, elle nous renseigne sur le degré de perméabilité de la trompe, sur la présence d’exsudats dans la caisse, etc.
2° Au point de vue du pronostic, elle nous donne de précieux renseignements; car la curabilité des lésions de l’oreille est proportionnelle au degré et à la durée de l’accroissement de l’audition qu’elle réalise.
3° Au point de vue thérapeutique enfin, qui seul . nous intéresse ici, elle vient en aide ou supplée à l’aération physiologique de la caisse, que l’on sait être la condition essentielle du bon fonctionnement de l’oreille. .
Ls mécanisme de l’action thérapeutique de la douche d’air est complexe. 1° Elle écarte mécaniquement les parois de la trompe, chasse les exsudats qui l’obstruent et diminue Thyperhémie de la muqueuse en exerçant sur elle une sorte de massage. 2 e En pénétrant dans la caisse, elle y rétablit la pression normale et repousse en dehors le tympan qui était enfoncé ; il est vrai qu’en agissant de même sur la platine de l’étrier et sur la membrane de la fenêtre ronde, elle amène dans le labyrinthe un excès de pression; mais celui-ci est heureusement compensé parlé jeu des aqueducs. 3° Elle diminue l’hyperhémie de la muqueuse en comprimant ses vaisseaux. 4° Enfin elle chasse les exsudats de la caisse : si le tympan est perforé, elle les pousse vers le conduit auditif ; s’il est intact, elle les ramène vers le pharynx, pourvu que le patient ait soin d’incliner la tête en avant et en bas du côté opposé à l’oreille malade, ce qui permet aux sécrétions de s’accumuler au niveau de l’orifice supérieur de la trompe.
Pour réaliser ces effets, on dispose de trois procédés : le procédé de Valsai va, le procédé de Politzer, le cathétérisme.
Quelles sont les indications de chacun d'eux ?
Le procédé de Valsalva, utilisable pour le diagnostic, doit être absolument rejeté en tant que méthode thérapeutique et cela pour deux raisons : 1° parce que l’air expiré est poussé dans la trompe sous une pression trop faible pour produire un effet utile ; 2° parce que l’effort qu’il nécessite amène une stase sanguine dans toutes les veines de la tête, d’où résultent : a) un danger pour l'oreille , dont cette stase accroit l’hyperhémie et tend à entretenir l’inflammation ; b) un danger pour la vie , far, chez les
gens ayant des lésions latentes des vaisseaux cérébraux, -la répétition du Valsalva peut provoquer l’apoplexie.
Restent le procédé de Politzer et le cathétérisme. D’une façon générale le cathétérisme est supérieur, aère mieux l’oreille et doit être employé de préférence ; le Politzer est plutôt un procédé de suppléance quand le cathétérisme est irréalisable. Néanmoins, chacun possède ses indications propres.
Le cathétérisme est indiqué :
1° Si l'on ne veut soigner qu'une oreille. Le Politzer, en effet, ventile simultanément les deux oreilles, ce qui péut entraîner de graves inconvénients : ainsi, y a-t-il otite suppurée unilatérale, il pourrait projeter dans l’oreille saine le pus qui, par la trompe, descend du côté malade dans le pharynx nasal ; y a-t-il otite catarrhale chronique, il produit à la longue le relâchement du tympan sain, d’autant mieux que l’air a plus de tendance à se porter de ce côté où souvent la trompe intacte lui offre un accès facile. On a vu, il est vrai, plus haut, les moyens de limiter l’effet du Politzer à l’oreille malade : mais ceux-ci ne réussissent qu’imparfaitement.
2° S'il existe un rétrécissement de la trompe et surtout si l’obstruction tubaire est due à l’accollement des lèvres du pavillon, que le bec du cathéter écarte en s’y insinuant.
3° S'il y a une lésion du voile du palais , fissure congénitale, perforation, paralysie, qui rende impossible l’exécution du Politzer ;
4° Quand on veut ausculter Voreille moyenne.
Le Politzer est indiqué s
1° Chez les jeunes enfants qui opposent, en général, au cathétérisme une résistance insurmontable.
-2° Chez les personnes nerveuses, pusillanimes , qu’effraie la vue du cathéter.
3° Chez les affaiblis , les convalescents , Zes umZtoZs, chez qui le cathétérisme est mal supporté et peut causer des accidents réflexes sérieux (syncope, etc.).
4° Quand il existe des lésions nasales ou nasopharyngiennes , inflammation aiguë,, ulcérations, que le frottement du cathéter pourrait aggraver.
5° Quand la sténose nasale est telle que le passage du cathéter est impossible.
En dehors de ces cas précis, les deux procédés peuvent indifféremment être mis en œuvre; Généralement, le cathétérisme réussit là où le. Politzer échoue; mais inversement, le Politzer peut améliorer l’audition après que le cathétérismes été essayé sans succès : car il envoie dans l’oreille: une plus grande masse d’air, et produit sur la membrane tympanique un choc plus brusque. L’air insufflé a en effet plus de force avec le cathétérisme, plus de vitesse avec le Politzer.
La grande qualité du procédé de Politzer est son innocuité, sa facilité d’exécution ; il, eu résulte qu’il peut être pratiqué sans danger : à) par tout médecin, même tout à fait ignorant de la technique otologique, tandis que le cathétérisme n’est applicable que par une petite minorité ; b) par le malade lui-même , qui peut ainsi contribuer à sa guérison, en l’absence de tout secours médical. C’est donc un immense service qu’a rendu Politzer en mettant ainsi, à la portée de tous le moyen le plus efficace que nous possédions encore de combattre la surdité.
NETTOYAGE DE L’OREILLE
NETTOYAGE DE L’OREILLE
Il existe deux méthodes de nettoyage de l’oreille, qui souvent se complètent en s’associant :
1° Le lavage ;
2° Le nettoyage à sec.