C. — Effets de l'instillation
1° Effets physiologiques. — lisse font sentir dans le pharynx et dans l’oreille i
a. Dans le pharynx, c’est, suivant la nature du liquide injecté, une sensation d’ardeur, de brûlure, de picotement, d’engourdissement, etc., souvent accompagnée du besoin de cracher, de racler de la gorge, de tousser, etc.
b. Dans l’oreille, on observe :
1° Des troubles subjectifs de nature et d’intensité variables : surdité, bourdonnements, chatouillement, douleur, d’ordinaire fugaces. La douleur est pourtant
parfois vive et durable. Lorsqu’on veut la prévenir, il faut, avant de pratiquer l’instillation médicamenteuse, faire pénétrer dans la caisse quelques gouttes d’une solution de chlorhydrate de cocaïne au vingtième. Lorsqu’elle est apparue, on arrive le plus souvent à la faire disparaître à l’aide d’une friction sur le pavillon de l’oreille, ou bien en instillant quelques gouttes d’éau tiède dans.le conduit. Lorsqu’elle résiste à ces moyens et persiste au delà de quelques heures, il faut craindre qu’elle ne soit l’indice d’une poussée inflammatoire, d’une otite moyenne aiguë déterminée par un liquide trop irritant ou mal stérilisé; en raison de ce danger, il convient d’être très sobre de ces instillations.
2° Des troubles objectifs consistant : d’une part, dans une hyperhémie de la membrane, tantôt très légère, tantôt très marquée et s’étendant à la partie voisine de la paroi postéro-supérieure du conduit; d’autre part, en la formation d’une ligne de niveau horizontale ou de bulles d'air visibles par transparence lorsque la membrane est suffisamment translucide ; ces deux derniers signes sont l’indicé certain de l’arrivée du liquide dans la caisse. À leur défaut, cette pénétration est rendue évidente par la perception de nombreux râles à petites bulles lorsqu’on pratique l’auscultation pendant la douche d’air, immédiatement après l’instillation.
Le liquide injecté disparaît en partie par résorption, en partie par reflux dans la trompe et le pharynx.
2° Effets thérapeutiques. — Comme celle des insufflations de vapeur, la valeur thérapeutique de ces instillations est fort sujette à contestation. Bon nom-
bre d’auristes les ont abandonnées ; d’autres continuent à s’en servir soit pour modifier l’état de la muqueuse de la trompe et de la caisse chroniquement enflammée (catarrhe chronique, sclérose), soit pour rompre des processus adhésifs. Dans le premier cas, c’est l’action chimique du liquide qu’on cherche à utiliser; dans le second, c’est seulement son action mécanique.
A. — Nature de l’insufflation
' 1° Nature. — Les vapeurs qu’on insuffle dans la caisse sont froides ou chaudes.
Les vapeurs froides sont fournies par des substances volatiles à la température.ordinaire, telles que l’essence de térébenthine rectifiée, l’iodure ou le bromure d’éthyle, l’éther sulfurique ou acétique, le chloroforme, le chlorhydrate d’ammoniaque à l’état naissant, l’iode, le menthol ; on s’est jadis servi du gaz acide carbonique et de l’hydrogène.
Les vapeurs chaudes sont fournies par des substances qui ne s’évaporent rapidement qu’à la condition d’être préalablement chauffées : on a surtout employé l’eau pure ou contenant en dissolution des substances médicamenteuses, telles que le goudron.
2° Quantité. — Les vapeurs ne sont d’ordinaire pas insufflées à l’état de pureté : elles sont plus ou moins mélangées à l’air. Il est inutile de chercher à
fixer la quantité ni le degré de concentration du mélange à insuffler; on se contente de faire passer dans la caisse un courant d’air aussi riche que possible en vapeur active.
3° Température. — Les vapeurs froides sont insufflées à la température ambiante. La température des vapeurs chaudes peut osciller de 35° à 45° sans toutefois dépasser ce dernier chiffre.
B . — Technique de l’insufflation
Elle diffère selon qu’il s’agit de vapeurs froides ou de vapeurs chaudes.
1° Insufflation de vapeurs froides. — Elle peut se faire avec où sans cathéter.
a. a l’aide d’nn cathéter. — La sonde étant eü place comme pour le cathétérisme, on donne une douche d’air pour chasser les sécrétions qui pourraient se trouver dans la trompe et qui s’opposeraient à la pénétration des vapeurs. Celles-ci sont alors insufflées soit avec la poire de Politzer, soit avec un double ballon.
1° Si l’on se sert de la poire de Politzer , qui vient de servir a donner la douche d’air, on peut procéder de deux façons :
a) On aspire dans la poire la vapeur à insuffler : pour cela on la vide en la comprimant et l’on introduit son embout conique dans l’ouverture d’un flacon à moitié rempli de la substance médicamenteuse ; on la laisse alors revenir sur elle-même en ayant soin que l’embout ne plonge pas dans le liquide ;
P) On verse deux ou trois gouttes du liquide volatile dans la poire dont on retire momentanément l’ajutage pour faciliter cette introduction ; on agite celle-ci pour que l’évaporation de ces gouttes s’opère plus vite.
La poire étant chargée de vapeur par l’une ou l’autre de ces méthodes, on pratique une insufflation avec la sonde selon.le procédé ordinaire. On répète la manœuvre autant de fois qu’on le juge nécessaire.
2° Si l’on se sert d’une soufflerie à double ballon , il faut interposer entre elle et le cathéter un réservoir renfermant la vapeur médicamenteuse. Cette capsule a insufflation consiste en une ampoule de verre munie de deux ajutages dont l’un s’adapte à la soufflerie et l’autre à la sonde ; on introduit dans la capsule un tampon de coton trempé dans le liquide volatil ; l’air, insufflé par le double ballon, s’imprègne de vapeurs médicamenteuses à son passage dans l’ampoule.
b. Sans cathéter. — On pratique l’aération de la caisse par le procédé de Politzer, en ayant soin de remplir au préalable la poire de vapeurs médicamenteuses par l’un des procédés indiqués ci-dessus.
Cette méthode est notablement inférieure aux précédentes, parce quelle ne fait pénétrer que très peu de vapeurs dans la caisse, et aussi parce qu’elle ne permet pas de localiser l’insufflation à une seule oreille.
2° Insufflation de vapeurs chaudes. — La substance à évaporer est placée dans un flacon à trois tubulures chauffé par une lampe à alcool ; la tubulure du milieu laisse passer un thermomètre qui
indique la température de la vapeur ; les tubulures latérales sont reliées par des tubes de caoutchouc l’une à l’insufflateur, l’autre au cathéter. Comme insufflateur, on se sert soit d’un double ballon, dont il est bon d’accroître l’action en comprimant de temps en temps le tube d’échappement, soit d’une simple poire munie d’un orifice à soupape permettant la rentrée de l’air pendant la phase de décompression.
Cette méthode de traitement est fort peu employée de nos jours, en raison de son inefficacité et de ses inconvénients. La caisse ne reçoit qu’une infime partie de la vapeur insufflée et cela pour deux raisons : 1° la pression sous laquelle elle sort de l’extrémité du cathéter est insuffisante, car la tension communiquée à l’air par l’insufflateur se perd en partie dans les tubes de communication et le récipient ; 2° chassée dans le cathéter, la vapeur s'y condense en grande partie avant d’arriver dans la caisse. Cette condensation se fait avec un abandon de calorique qui élève la température du cathéter à un degré suffisant pour déterminer une sensation de brûlure dans les points où celui-ci se trouve en contact avec la muqueuse nasale.