‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome premierChapitre 32 sur 70 · A. - MASSAGE DIGITAL · texte numérisé non relu

A. - MASSAGE DIGITAL

C’est le moyen le plus simple et aussi le plus anciennement connu ; c’est celui que nous voyons nombre de malades imaginer d’eux-mêmes, en quelque sorte instinctivement.

Il consiste : 1° à obturer le méat, soit avec l’extrémité du petit doigt (doigt auriculaire).introduit aussi profondément que possible dans le conduit; soit avec

l’index appuyé sur le tragus qu’il refoule en dedans ;

2° à imprimer au doigt obturateur un mouvement de ' va-et-vient plus ou moins rapide.

B. - MASSAGE INSTRUMENTAL I. — Instruments

1° Obturation du conduit. — On l’obtient en introduisant dans le méat un embout creux qui sera mis ensuite en communication avec l’appareil pneumatique par un tube de caoutchouc.

En théorie, la forme de l’embout devrait, pour réaliser une occlusion parfaite, reproduire exactement le moule de l’entrée du conduit : c’est-à-dire que sa surface de section transversale devrait représenter une ellipse à grand axe dirigé en bas et en arrière. On a fait des embouts conformes à ces données : mais, en pratique, on réussit d’ordinaire à obturer exacte- ' ment le conduit avec des embouts à surface de section circulaire. Ce sont alors les parois du conduit cartilagineux, souples et flexibles, qui se moulent et s’appliquent sur l’embout. On rend l’occlusion plus parfaite en engainant l’extrémité de l’embout d’un fragment de tube de caoutchouc zl au besoin en recouvrant ce dernier d’une couche de vaseline.

L’embout peut être indifféremment cylindrique ou ovalaire ; il est bon d’en avoir plusieurs de grosseurs différentes.

Au lieu d’un simple embout, onpeutse servir, pour obturer le conduit, d’un spéculum de Siegle.

2° Raréfaction et condensation de l’air. — La raréfaction étant plus souvent utilisée en otologie, on

s’est surtout attaché à imaginer des instruments susceptibles d’aspirer l’air du conduit. La plupart de ces instruments peuvent, d’ailleurs, à volonté d’aspirateurs devenir compresseurs.

Quel qu’il soit, l’appareil doit être relié à l’embout auriculaire ou au spéculum de Siegle par un tube de caoutchouc d’une longueur de 20 à 30 centimètres, à parois suffisamment épaisses et rigides pour qu’elles ne s’affaissent pas sous l’influence de la pression atmosphérique.

a. La bouche peut suppléer à tout instrument. Il suffit d’exécuter avec elle des mouvements de succion, d’aspiration sur l’extrémité libre du tube, pour provoquer une diminution de pression dans le conduit : mais la raréfaction ainsi produite n’est pas toujours suffisante. De plus, si l’on se sert d’un spéculum, de Siegle, la glace de ce dernier est immédiatement ternie par une couche de buée ;: on peut toutefois prévenir cette condensation de vapeur d’eau en chauffant la lame de verre au-dessus d’une lampe avant la mise en place du spéculum.

b. Une seringue vulgaire constitue un appareil aspirateur et compresseur assez énergique ; avec elle on aspire l’air du conduit, comme on aspirerait un liquide ; on y refoule celui qu’elle renferme, si on l’en a préalablement remplie.

L’effet produit varie : 1° selon la capacité de la seringue ; le volume du corps de pompe ne doit pas dépasser 25 centimètres cubes ; une seringue plus volumineuse est un instrument aveugle, d’une puissance aspiràtrice et condensatrice excessive, et dont l’emploi exige une grande prudence ; 2° selon le degré à!excursion donné au piston.

c. Une poire en caoutchouc peut rendre le même service qu’une seringue. L’aspiration qu’elle produit lorsque, après l’avoir comprimée et vidée d’air, on la laisse revenir sur elle-même, est moins violente que l’aspiration en quelque sorte forcée d’un piston mû par une main énergique ; c’est donc un instrument moins brutal.

Si l’on désire obtenir un effet marqué, on se sert d’une poire volumineuse, telle que celle de Politzer ; mais, en général, un petit ballon sphérique de 8 centimètres de diamètre est suffisant : c’est celui qu’on adapte d’ordinaire au spéculum de Siegle. ; :

d. Raréfacteur et masseur de Delstanelie. -— Ce sont des instruments métalliques fonctionnant à la façon d’une pompe aspirante ou foulante

L’un et l’autre se composent d’un corps de pompe cylindrique de 2 centimètres à 2 centimètres et demi de diamètre sur 3 à 4 centimètres de longueur, dans l’intérieur duquel se meut un piston qu’un ressort ramène automatiquement à la position de repos ; c’est dire que dans le raréfacteur le ressort maintient le piston complètement enfoncé, tandis que dans le masseur, qui est surtout un.compresseur, il le maintient à l’extrémité opposée de sa course.

Dans le raréfacteur (fig. 30), le piston est mis en mouvement à l’aide d’un levier qui prend son point d’appui sur un long manche à l’extrémité duquel, le corps de pompe est fixé à angle droit : le manche et la partie libre du levier sont saisis dans la main entr’ouverte, le manche du corps de pompe en rap-' port avec les derniers doigts, celui du levier en contact avec l’éminence thénar ; il suffit d’exécuter des mouvements d’adduction de cette dernière pour faire mouvoir le piston.

MASSAGE DE L’oREILLE MOYENNE 141

Dans le masseur (fig. 31) le piston est mû avec le pouce ou mieux encore avec l’éminence thénar, 1

Fig. 30.

Raréfacteur de Delstançhe.

corps de pompe étant fixé à l’aide de l’index et du médius engagés dans deux anneaux ou deux ailettes fixés sur les parties latérales de l’instrument.

Un arrêt mû par un pas de vis, permet de faire varier l’étendue des mouvements du piston. A cet effet, la tige de ce dernier présente une graduation

qui permet de régler sa course au degré voulu.

Dans l’appareil, tel que l’a imaginé Delstanche, la vis régulatrice est commandée par une clef indépendante du masseur, disposition qui a l’avantage de prévenir tout dérèglement de l’appareil, lorsqu’il est confié au malade. Mais on construit également des modèles plus simples où le piston lui-même sert de vis régulatrice : il suffit de le faire tourner sur son axe à droite ou à gauche pour augmenter ou diminuer l’étendue de son excursion.

Chacun de ces instruments peut fonctionner à la fois comme raréfacteur et condensateur. C’est ainsi que, par une 'combinaison de robinets et de i soupapes, le raréfacteur peut ' à volonté servir à faire la raréfaction seule ou le massage (raréfacteur à double I effet). Le masseur, de son côté, peut être transformé en un instrument à triple effet produisant isolément et à volonté la condensation, la raréfaction ou l’une et l’autre alternativement. Il suffit pour cela d’y adapter un tube en forme d’Y ; la branche qui

Fig. 31.

Masseur de Delstanche modifié.

correspond à la base de l’Y est réunie au masseur par un court tube de caoutchouc ; chacune des deux autres renferme une soupape qui se soulève, Tune de dehors en dedans, l’autre de dedans en dehors. Selon la branche mise en rapport avec le conduit, on obtient soit une condensation, soit une raréfaction qui augmenté avec le nombre de coups de piston donnés. -

e. Ballon ponr double massage de Jankan. —- C’est un ballon de caoutchouc sphérique qui présente en des points opposés de sa paroi deux ouvertures avec ajutage. Ces ouvertures sont munies chacune d’une soupape dont l’une laissé entrer l’air dans le ballon tandis que l’autre en permet l’issue. Les ajutages sont reliés respectivement par deux tubes de caoutchouc à un embout placé dans le conduit auditif et à un cathéter introduit dans la trompé. En comprimant le ballon, on agit d’une façon synergique sur les deux faces de la membrane du tympan, qui subit une aspiration sur l’une d’elles, un refoulement sur l’autre. :

f. Le téléphone, le phonographe, que certains auteurs ont voulu appliquer au massage vibratoire de la membrane, ont l'inconvénient d’irriter le labyrinthe par des sons trop intenses, sans produire d’effet mécanique notable sur la chaîne des osselets.

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