III. — Effets
A. Effets mécaniques. — Ces effets du massage se font sentir : l°sur l ’oreille moyenne; 2° sur Y oreille interne.
i° Effets sur l’oreille moyenne. — Il y a deux moyens de les constater : a) sur le vivant, à l’aide du spéculum de Siegle ; b) sur le cadavre, en enlevant le toit de la caisse et en plaçant sur la tête des osselets de petits index qui en rendent les mouvements plus évidents
Sous l’effet de la raréfaction , la membrane du tympan exécute un grand mouvement d’excursion en dehors, ses vaisseaux se gorgent de sang, son triangle lumineux s’allonge. Sous l’action d’une condensation, la. membrane n’exécute qu’un léger mouvement d’excursion en dedans, elle pâlit, le triangle lumineux devient plus petit. Le marteau et toute la chaîne des osselets subissent le même déplacement :
mais l’amplitude de celui-ci va en diminuant du marteau à la platine dé l’étrier.
L’effet mécanique de la raréfaction l’emporte notablement sur celui de la condensation ; pour peu que la raréfaction dépasse un certain degré (évalué diversement. par les auteurs, mais qui correspond en moyenne à la pression d’une atmosphère pour une membrane saine), on peut voir se produire des ecchymoses du conduit ou même une rupture de la membrane ; cette rupture est surtout à craindre lorsque celle-ci est préalablement altérée.
3° Effets sur l’oreille interne. — Ils ont été étudiés par Politzer et par Dels.tanche à l’aide d’un tube manométrique très fin, rempli de liquide coloré et fixé hermétiquement dans le canal semi-circulaire supérieur. Ces auteurs ont constaté que, pendant l’aspiration, la tension endo-labyrinthique diminue ; qu’elle augmente, au contraire, pendant la condensation ; mais qu’ici encore l’effet de la compression est moindre que celui de la raréfaction, phénomène en rapport avec la plus grande excursion de la platine de l’étrier pendant cette dernière. Toutefois, il faut remarquer que si l'effet mécanique l’emporte dans la raréfaction, Y effet physiologique est plus marqué dans la condensation, qui provoque aisément des étourdissements, des vertiges ou des troubles cérébraux.
Pour prévenir les aççidents auxquels expose le massage, on a proposé de ménager une petite ouverture dans la paroi du tube de caoutchouc du masseur, de façon à éviter un excès de pression ou de raréfaction (Lucœ) ; ou bien encore d’adapter à celui-ci un manomètre indiquant à tout instant
le degré de pression dans le conduit (Suarez de Mendoza). Ces précautions sont inutiles si l’on se sert du masseur de Delstanche dont la force d’impulsion ne dépasse pas 1/7 d'atmosphère (10 cm. de mercure dans la phase de condensation, 8 cm. dans la phase de raréfaction). La possibilité de régler la course du piston rend cet instrument précieux dans les cas où la membrane est atrophiée, ou encore lorsque l’appareil est confié au malade.
Lorsqu’on fait la condensation de l’air dans le conduit, il est bon de s'assurer au préalable que la trompe est perméable : si celle-ci n’est pas libre, il suffit d’une compression légère pour provoquer des bruits subjectifs et des vertiges.
B. Effets thérapeutiques. — Ils sont différents pour la raréfaction et la condensation.
t° Raréfaction. — Elle trouve son indication : d) dans les cas où la membrane est déprimée par rétraction du tenseur, par adhérence avec la paroi interne de là caisse ou par toute autre cause ; b) dans les supppurations de l’oreille moyenne où le pus stagne dans la région postéro-supérieure de la caisse, sur laquelle la douche d’air a peu de prise ; c) après une paracentèse y lorsque la sécrétion muqueuse ou • purulente est. trop épaisse pour s’écouler à travers les lèvres de la plaie; d) dans certaines surdités labyrinthiques , où une tension exagérée du labyrinthe membraneux diminue la sensibilité des extrémités du nerf acoustique ; e) dans un grand nombre de bourdonnements ; f) dans les vertiges provoqués par l’injection de liquide dans le conduit, ou dans ceux qui accompagnent le syndrome de Ménière ; g) dans certains cas d'épilepsie ab aure lœsà , où la raréfac-
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lion méthodique a donné d’assez nombreux succès.
2 o condensation. — Son emploi est moins souvent indiqué. Elle peut cependant rendre des services : a) dans les bruits subjectifs que l’aspiration ne soulage pas ; b) dans certaines surdités où les excursions du marteau en dehors sont plus étendues que normalement, en raison d’un relâchement articulaire des deux premiers osselets (massage par refoulement de Delstanche) ; c) dans les cas oïl, la membrane ayant été fortement refoulée en dehors par une douche d’air, le malade éprouve et conserve une sensation désagréable de plénitude et de pesanteur dans l’oreille ; d) après la paracentèse , lorsque la douche d’air et l’aspiration n’ont pas réussi à expulser le contenu de la caisse : l’exsudât est alors refoulé vers le pharynx ; e) dans les obstructions tubaires , accompagnées de perforation de la membrane et que n’ont réussi à lever ni la douche d’air ni l’aspiration.
3° Massage. — Ses effets mécaniques sur la membrane et les osselets sont utiles chaque fois qu’il existe une rigidité anormale de l'appareil de transmission des ondes sonores. Il rend plus souples les ligaments qui unissent entre eux les osselets et plus lâches les adhérences pathologiques qui relient la membrane aux organes ou aux parois de la caisse.
Les principales affections dans lesquelles il rend des services sont : le catarrhe chronique de la caisse, la sclérose avec début d’immobilisation de la platine de l’étrier, les processus adhésifs consécutifs aux otites moyennes suppurées.