‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome premierChapitre 35 sur 70 · A. — MASSAGE DIRECT PAR LE CONDUIT · texte numérisé non relu

A. — MASSAGE DIRECT PAR LE CONDUIT

Les principaux instruments qui servent à le pratiquer sont :

1° La sonde à ressort de Lucœ ;

2? Le tympano-moteur de Bonnier.

1° Sonde a ressort de Lucœ,. — Cette sonde est constituée par une tige métallique, terminée à son extrémité libre par un petit plateau creusé en cupule * et

Fig. 33. ’

À, sonde à ressort de Lucœ. — B, sonde à ressort modifiée par Jacobson.

s’engageant par son autre extrémité dans un tube cylindrique renfermant un ressort à boudin ; le tout est. monté sur un manche rectiligne (fig. 33) ou à baïonnette. Vient-on à appuyer la sonde sur un plan résistant, les deux parties de l’appareil rentrent l’une dans l’autre; elles reprennent leur position des* qu’on cesse la pression. Le mécanisme de l’appareil est, somme toute, celui des tampons dont sont munis

les wagons de chemin de fer. Pour rendre les frottements moins étendus et surtout plus doux, Lucœ fait actuellement remplacer le tube cylindrique par un simple cadre métallique à jour. La pression obtenue avec l’appareil varie de 60 à 100 grammes selon le degré de tension du ressort, degré qu’on peut modifier à l’aide d’une vis. Cet appareil a été modifié par Jacobson, par Lucœ lui-même qui l’a transformé en une sonde automatique mue par un ressort de montre; par Garnault, par Lester et par Walb qui y ont adapté un électro-moteur. Ce dernier appareil a l’avantage de transmettre à la sonde autant de vibrations en une seconde qu’on en peut imprimer en une minute avec la main et d’abréger par conséquent la durée des séances, qui sont d’ordinaire assez douloureuses : mais il a le grave inconvénient de rendre l’application locale de la sonde plus difficile et de transmettre à l’oreille le bruit pénible de l’interrupteur.

A. Technique. — Avant d’être introduite dans le conduit, la pelote de la sonde doit être garnie d’une petite couche d’ouate qu’on enfonce dans la concavité du plateau. Cette ouate peut être maintenue en place une fois pour toutes à l’aide d’un peu de collodion ou de gutta-percha dissoute dans le chloroforme.

La tête du malade étant appuyée contre le mur ou maintenue par un aide, on introduit la sonde dans le conduit sous le contrôle du miroir jusqu’au voisinage de la courte apophyse du marteau. On applique la pelote sur celle-ci d’une main légère, mais sûre, et l’on imprime alors au manche de l’instrument des mouvements rapides de va-et-vient, en

ayant soin que la pelote reste constamment en contact avec la courte apophyse. Selon les cas et selon la tolérance du patient, on exécute de 5 à 30 mouvements par séance, à raison de une ou deux séances par semaine. Comme la membranes’hyperhémie toujours plus ou moins à la suite de ce. massage, il est bon que le malade garde pendant vingt-quatre heures, après chaque séance, un tampon de coton à l’entrée du conduit.

Il peut exister deux obstacles principaux à l’application de cette méthode. Ce sont :

1° Une conformation vicieuse du conduit , dont la paroi antérieure, anormalement saillante, masque la petite apophyse ou du moins la rend difficilement accessible. Pour tourner l’obstacle, il faut incurver la tige de la sonde (Jacobson).

2° Une douleur plus ou moins vive déterminée par l’application de l’instrument et qui force à interrompre, dès le premier contact, la séance de massage. C’est là la cause principale qui a empêché jusqu’ici la vulgarisation de cette méthode, peu de malades pouvant en tolérer'l'application. Il existe cependant un moyen d’atténuer cette douleur, c’est de refroidir l’extrémité de la sonde en la maintenant pendant quelques instants appliquée sur un bloc de glace, immédiatement avant son introduction dans le conduit ; si l’on joint à la réfrigération un toucher très délicat et une grande expérience, on arrive souvent à faire tolérer cette variété de massage.

B. Effets mécaniques. — Selon Lucœ, ils sont beaucoup plus marqués que ceux du massage pneumatique ; les mouvements imprimés par ce dernier à la

membrane ne se transmettent, en effet, aux osselets que dans une mesure relativement restreinte: il arrive même que, dans certains états pathologiques, la membrane fasse de grandes excursions sans que lemarteau.se déplace d’une façon appréciable. Ici, rien de pareil, puisqu’on agit directement sur la chaîne des osselets.

Les effets ne sont pas seulement plus marqués, ils sont aussi un peu différents. Remarquons que l’instrumènt est appliqué à la hauteur de l’axe de rotation du marteau et de l’étrier ; si cet axe était fixe, comme celui d’une roue de voiture, il n’en résulterait aucun mouvement : mais comme l’élasticité et l’extensibilité des ligaments suspenseurs du marteau lui donnent une mobilité relative, la pression de la sonde le refoule en dedans ainsi que toute la chaîne des osselets.

Le massage direct, même adroitement fait, laisse toujours à sa suite uûe injection plus ou moins vive de la membrane, qui disparaît d’ailleurs spontanément après vingt-quatre heures. Il est un accident à craindre : si l’instrument dérape, son extrémité détermine la production d'une érosion ou d’une ecchymose de la membrane ; une main inhabile pourrait ainsi provoquer une perforation traumatique du tympan.

C. Effets thérapeutiques. — Le massage direct trouve son indication dans deux cas principaux : Votite sèche et Yotalgie essentielle.

Dans Y otite sèche, il agit à la condition que l’immobilisation des osselets ne soit pas complète et que leurs ligaments aient encore un certain degré d’élasticité, sans quoi ses effets mécaniques et par

conséquent thérapeutiques sont nuis. Immédiatement après la séance de massage, on peut observer : a) soit une diminution de la surdité avec amélioration parallèle des bruits subjectifs ; b) soit une augmentation de la surdité avec atténuation des troubles subjectifs. Cette diminution de l’ouïe est passagère ;: dès le lendemain les choses reviennent à l’état antérieur ; s’il n’en est pas ainsi, il suffit de pratiquer soit un cathétérisme, soit une raréfaction dans le. conduit, pour que l’audition reprenne son degré; d'acuité antérieure ou même subisse une amélioration que n’auraient amenée ni le cathétérisme ni la raréfaction pratiqués isolément.

Dans Votalgie essentielle, le massage amène:

parfois une réduction immédiate des douleurs ayant, résisté pendant des mois à tout autre traitement (Urban tschitsch).

2° Tvmpano-moteur de Bonnier. — Il consiste en un petit tube coudé portant à sa grosse extrémité

Fig. 34.

Tympano-moteur de Bonnier.

un tuyau de caoutchouc muni d’un embout avec lequel on fait l’aspiration buccale, et à sa fine

ÉLECTRISATION

extrémité un petit drain taillé en biseau, qui s’adapte à l’inclinaison du tympan (fig. 34). Le médecin, sous le contrôle du spéculum, applique l'instrument sur l'extrémité ombilicale du manche du marteau, et, faisant ventouse avec sa.bouche, obtient l’adhérence il exerce alors des tractions sur le manche et mobilise ainsi la chaîne des osselets.

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