‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome premierChapitre 36 sur 70 · B. - MASSA&E DIRECT PAR LA TROMPE · texte numérisé non relu

B. - MASSA&E DIRECT PAR LA TROMPE

Il s’opère avec des bougies olivaires introduites dans la trompe (Voy. Bougirage) et auxquelles on imprime, à l’aide de la main ou d’un, moteur électrique, une série de mouvements vibratoires au nombre de 200 à 600 à la minute ; chaque séance dure de trente secondes à trois minutes. Ce procédé, peu employé, bien qu’il soit recommandé par quelques auteurs comme supérieur à la dilatation simple de la trompe, serait surtout indiqué dans les cas de catarrhe subaigu ou chronique dè la trompe et de la caisse.

ÉLECTRISATION

L’électrisation a été appliquée au traitement des~ maladies de l’oreille sous ses trois modes principaux : galvanisation, faradisation, franklinisation , avec des résultats variables, mais en général médiocres et surtout très inconstants. Si quelques malades, en nombre d’ailleurs fort limité, semblent bénéficier d’un traitement électrique, la plupart n’en tirent aucun profit et certains en sont manifestement

incommodés. Aussi n’est-il pas surprenant qu’après avoir été fort prônée autrefois, l’électrisation soit aujourd’hui quelque peu délaissée par les auristes.

Cependant, comme il n’est pas impossible que des progrès se réalisent un jour ou l’autre dans l’emploi de l’électricité en otologie, il y a intérêt à connaître les règles dé son application méthodique ainsi que les notions scientifiques et pratiques acquises, jusqu’à ce jour, à ce point de vue.

La galvanisation et la faradisation ont seules été l’objet d’études suivies; nous laisserons donc de côté la franklinisation dont les effets sur l’oreille sont incertains ou mal connus.

A. — Technique

A. Courants continus. — L’appareil qui les fournit, quelle que soit la nature des piles qui le composent, doit être muni à la fois d’un galvanomètre apériodique et d’un rhéostat. .

Le galvanomètre permet de mesurer l’intensité du courant qui a rarement besoin de dépasser 3 ou 4 milliampères.

A l’aide du rhéostat, on fait varier d'une façon continue, progressive ou dégressive, l’intensité du courant sans provoquer la moindre interruption. Un collecteur, permettant de faire entrer successivement les divers éléments de la 'pile dans le circuit, ne saurait remplacer ici un rhéostat.

Comme électrodes, on se sert de plaques métalliques discoïdes, recouvertes de peau de chamois.

. Celle qui correspond au pôle actif est appliquée : a) soit immédiatement au-devant du tragus : ses dimensions ne doivent pas dépasser celles d’une

ÉLECTRISATION

pièce de deux francs ; b) soit sur le pavillon lui-même-; elle doit alors être un peu plus large et présenter une surface d’environ 15'centimètres carrés. Il y a intérêt à ce que cette électrode active soit de dimensions relativement restreintes, de façon à concentrer l’action du courant sur l’oreille. Si l’on veut électriser les deux oreilles à la fois, on se sert d’un fil bifurqué dont les branches sont reliées à deux électrodes appliquées respectivement sur chaque oreille.

L’électrode correspondant aii pôle indifférent est plus large,, car elle doit diffuser l’action du courant en ce point et la rendre aussi faible que possible. Elle est placée sur la nuque ou dans un point plus éloigné, sur l’une des deux mains par exemple.

Le choix du pôle à faire agir sur l’oreille a une grande importance selon les cas, ainsi que nous le verrons.

En général, il faut accroître lentement et progrès-, sivement l’intensité du courant, en évitant tout choc voltaïque, toute inversion brusque. Si l’on veut renverser le courant, on ramène graduellement le rhéostat à zéro et l’on renverse alors le courant à l’aidé d’un commutateur, pour l’élever ensuite progressivement à l’intensité voulue.

Le malade peut être indifféremment assis ou couché ; cependant certains sujets supportent mieux l’électrisation lorsqu’ils sont étendus. Il est préférable aussi de la pratiquer à une certaine distance des repas.

B. Courants interrompus. — Comme source d’électricité, il faut une pile au bichromate de potasse de la contenance d’un litre. Comme bobine, une

bobine dite de poche, modèle Gaiffe ou Trouvé, est suffisante : il est préférable qu’elle soit entourée de gros fil.

L’électrode active peut être placée : a) dans le conduit; b) au-devant du tragus; c) dans la trompe.

a. On a imaginé divers modèles d’électrodes à placer dans le conduit : petite seringue dont le piston sert d’excitateur (Duchenne de Boulogne), électrode olivaire en charbon,: tige métallique terminée par une éponge imbibée d’eau salée. Quel qu’il soit, cet excitateur ne doit jamais être introduit jusqu’au contact de la membrane.

b. Comnm électrode à appliquer au-devant du tragus, on se sert, d’un excitateur vulgaire constitué par un cylindre de charbon ou de métal revêtu de peau et fixé à un manche en bois.

. c. Comme électrode tubaire, on emploie un cathéter métallique isolé sur toute sa longueur, sauf au . niveau de son bec.

L’électrode indifférente doit être placée du côté du rCorps correspondant à l’oreille électrisée : c’est une large plaque.qu’on fixe sur le bras ou bien un cylindre métallique qu’on fait tenir à pleine main.

Pour être bien toléré, le courant doit êtré.peü intense et présenter des intermittences lentes. ^

Le courant étant alternatif, il n’y a pas à tenir compte du choix des pôles.

B. — Effets physiologiques

A. Courants continus. — L’action des courants continus ne saurait être strictement localisée à l’oreille. La situation profonde du nerf auditif, protégé par une double enveloppe, l’une osseuse,

ÉLECTRISATION

L’autre liquide. (liquide labyrinthique), dont la seconde constitue un véritable écran électrique, exige l’emploi de courants relativement intenses, qui, avant d’atteindre, le nerf acoustique, agissent sur les nerfs plus superficiellement placés; et, après l’avoir atteint, portent leur action jusque sur le cerveau.

De là des effets complexes et multiples, étrangers à l’excitation du nerf de la huitième paire, et qu’il faut distinguer des phénomènes provoqués par elle.

1° Effets sur les nerfs périauriculaires. — a) L’excitation du nerf auriculo-temporal ' se traduit par des douleurs, parfois vives, sur son trajet \ b) celle du facial, par des contractions des muscles de la face ; c) celle de la corde du tympan, par de la salivation et des sensations gustatives pénibles ; d) celle du rameau auriculaire du pneumogastrique , par de la toux, un sentiment d’oppression, de la raucité de la voix . é) celle du nerf optique, si facilement excitable, par des phosphènes, des éblouissements, des sensations lumineuses colorées.

2° Effets sur le cerveau. — Ce sont des vertiges (vertige galvanique), des lipothymies, des nausées, plus rarement une syncope.

Deux conditions favorisent l’apparition de ces accidents :

a. D’une part les brusques variations du potentiel : de là la nécessité de n’augmenter ou de ne diminuer l’intensité du courant que très lentement et d’une façon graduelle.

b. D’autre part, l’application du pôle neutre sur le côté opposé du corps, en particulier sur l’oreille non

explorée, parce que le vertige galvanique est d’autant plus aisément provoqué que le courant traverse une plus grande épaisseur de la masse cérébrale : de là l’indication, déjà formulée, de placer Vélectrode indifférente sur le côté du corps correspon- dant à Voreille électrisée et loin d’elle.

3° Effets sur le nerf auditif. — Ils se font sentir non seulement sur l’oreille électrisée, mais aussi, et tout au moins dans certaines circonstances, sur l’oreille opposée.

À. Oreille électrisée. — Les effets sont un peu différents selon que ï’oreille est saine ou malade; et, dans chacun de ces deux cas, ils varient selon l’intensité du courant et suivant que le pôle actif est positif ou négatif.

1 ° État normal. — Le sujet en expérience n’accuse aucune sensation auditive tant que le courant, établi lentement et progressivement, ne dépasse pas une intensité de 2 à 3 milliampères.

Le courant est-il au contraire établi brusquement, ou lui donne-t-on d’emblée une intensité de 3 à 4 milliampères : on observe les phénomènes suivants :

a. Si c’est le pôle négatif qui est appliqué sur . l’oreille, le sujet perçoit, au moment où l’on ferme v le circuit, une sensation sonore : bourdonnement, sifflement, bruit de cloche. Le bruit subjectif ne disparaît pas immédiatement ; il persiste quelquesinstants, s’affaiblit progressivement, puis cesse complètement ; il ne se reproduit plus, ni pendant le passage du courant, quelle qu’en soit la durée, ni lors de son interruption.

ÉLECTRISATION

b . Si c’est le pôle positif qui est placé sur l’oreille, rétablissement du courant et son passage ne se signalent par aucun bruit subjectif : mais sa brusque interruption s'accompagne d’un bruit de claquement, d’ailleurs faible et fugace.

Brenner a résumé , ce mode de réaction dans la formule suivante, qui se trouve être identique à celle de la réaction des nerfs moteurs aux courants continus.

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