PO
Dans cette formule, N et P désignent respectivement le pôle négatif et le pôle positif appliqués sur l’oreille ; F, la fermeture du courant; D, la durée de son passage ; O, son ouverture; S, une sensation auditive forte ; S > une sensation auditive allant en s’affaiblissant; s, une sensation auditive faible; — l’absence de sensation sonore.
La sensation perçue est de tonalité d’autant plus élevée que le courant est plus intense ; quand celuici atteint ou dépasse 5 à 6 milliampères,, il se produit des bourdonnements.
Ces sensations sont dues à l’excitation directe du nerf acoustique. L’excitabilité de celui-ci est d’ailleurs augmentée par le passage du courant, sans doute en raison d’une hyperhémie artificiellement provoquée ; si bien que, sur une oreille qui vient d’être électrisée, on peut provoquer les réactions ci-dessus signalées avec des courants de moins en moins intenses : c’est ce que Brenner a appelé
Y excitabilité progressive primaire , secondaire, tertiaire du nerf auditif.
Par contre, le nerf, ainsi rendu plus sensible à l’action des courants galvaniques, devient moins sensible à celle des ondes sonores.; l’oreille perd de son acuité auditive. Bien que cette perte soit momentanée, il ne faudra pas oublier, dans l’emploi thérapeutique des courants continus, que T hyper excitabilité déterminée par leur application répétée présente cet inconvénient.
2° État pathologique. — Lorsque l’oreille est malade, les réactions sus-indiquées sont altérées de diverses façons. Elles peuvent :
a. Ne pas se produire ou ne se produire qu’avec des courants plus intenses ; soit qu’il y ait dans le conduit un obstacle au passage du courant (bouchon de cérumen ), soit que le nerf acoustique, atteint de , névrite, ait perdu son pouvoir de réagir (torpeur du nerf acoustique).
. b. Être.beaucoup plus vives ou se produire sous l’influence de courants très faibles, d’une intensité d’un milliampère : dans ce dernier cas, la réaction se trouve nettement limitée au nerf auditif, les nerfs •voisins n'étant pas sensibles à un courant aussi peu intense. Cette hyperexcitabilité s’observe dans déux cas principaux : l p quand la membrane présente une perforation qui facilite le passage du courant vers le labyrinthe ; 2° dans la plupart des affections labyrinthiques qui provoquent de la surdité et dans les lésions du système nerveux central accompagnées (Yhyperémie du nerf acoustique.
D’après Gradenigo, cette hyperexcitabilité pathologique est bilatérale, même en cas de lésions limitées
ÉLECTRISATION
à une seule oreille : mais elle est plus prononcée du côté affecté.
c. Être interverties dans leur ordre de production, c’est-à-dire se. produire au moment de l’interruption du courant lorsque le pôle négatif esta l’oreille, au moment de l’établissement de celui-ci, lorsque c’est le pôle positif qu’on fait agir. Cette interversion dans l’ordre d’apparition des impressions auditives se constate d’ordinaire dans les affections graves du labyrinthe.
Par exception, ces anomalies de réaction se rencontrent chez des personnes n’avant aucun trouble auditif : elles ne sont donc pas forcément l’indice d’un état pathologique.
B. Oreille non électrisée. — Dans certains cas, mais surtout quand il y a hyperexcitabilité de l’acoustique, l’oreille opposée réagit aussi par des bruits subjectifs, bien qu’elle ne soit pas directement électrisée.
Cette réaction paradoxale se fait en sens inverse de la réaction normale, c’est-à-dire lors de l’interruption du courant lorsque l’oreille armée d’une électrode est exploréé avec le pôle négatif, lors de l’établissement du courant dans le cas contraire. L’oreille non électrisée réagit en somme comme si l’électrode indifférente était placée sur elle, et, de fait, malgré l’éloignement de celle-ci, elle subit son influence.
On peut éviter la production de cette réaction paradoxale en électrisant simultanément les deux oreilles avec le même pôle, à l’aide d’une électrode double.
B. Courants interrompus. — Ils déterminent, d’une part des contractions dans le domaine des nerfs moteurs atteints par le courant (muscles de la face, de la trompe, du pharynx et du voile du palais, muscles intra-auriculaires) ; de l’autre, des sensations douloureuses, de la toux, une impression désagréable sur le côté de la langue, et souvent un léger, bourdonnement dans l’oreille électrisée.
Ces effets sont les mêmes, quel que soit le pôle en rapport avec l’oreille.