C. — Effets thérapeutiques
A. Courants continus. — On a cherché à utiliser :
a. Leur action sur Yexcüabilité du nerf auditif (bourdonnements, surdité) et des rameaux sensitifs du conduit et de la caisse (névralgie auriculaire) ;
b. Leur action trophique sur les tissus de l'oreille (opacités de la membrane, ankylosé des osselets).
Des nombreuses expériences, faites par divers auteurs, il résulte que les bourdonnements et Yûtalgie paraissent seuls susceptibles d’être modifiés par la galvanisation, et encore d’une façon très inconstante.
i» Bourdonnements. — La notion du rôle différent des deux pôles (le positif ayant une action sédative , décongestionnante, le négatif ayant une action excitante) , trouve son application au traitement des bourdonnements. Le meilleur procédé consiste à appliquer l’électrode positive au-devant du tragus et à introduire lentement le malade dans le courant en augmentant progressivement l’intensité de celui-ci à l’aide du rhéostat, jusqu’à ce que les bruits subjectifs
ÉLECTRISATION
diminuent manifestement ou cessent. Ce résultat est ordinairement obtenu lorsque le courant a acquis une intensité de 2 à B milliampères, si l’électrode a une surface d’environ 10 centimètres carrés. On laisse passer le courant pendant cinq à vingt minutes ; puis on en diminue lentement l’intensité afin d’éviter le rappel du bruit subjectif que ne manquerait pas de provoquer l’interruption brusque du courant (car : PO = s). Lorsqu’on connaît, par une expérience précédente, l’intensité de courant nécessaire à la disparition des bruits subjectifs chez le malade en traitement, on peut, sans inconvénient (car : PF.= — ) et parfois même avec avantage, lors des séances suivantes, introduire d’emblée le malade dans un courant de cette intensité.
Par exception, l’électrisation faite suivant ces règles augmente les bourdonnements au lieu de les diminuer ; parfois même, pour compléter le paradoxe, ceux-ci diminuent si l’on place le pôle négatif sur l’oreille ou, ce qui revient au même, si l’on renverse le courant. .
• En général, les bruits subjectifs, ainsi atténués ou supprimés par le passage du courant, reparaissent avec leur intensité première soit immédiatement, soit quelques instants après l’électrisation. Dans les séances suivantes, la durée de l’atténuation après l’interruption du courant peut augmenter progressivement; toutefois, il est bien rare que, même à la suite de séances multipliées et répétées pendant de longs mois, on obtienne une disparition complète et définitive. C’est dire que le traitement électrique ne donne pas de résultats plus brillants que les autres modes de traitement des bourdonnements. Certains malades accusent cependant un soulagement notable,
mais celui-ci est dû bien moins à la diminution des bourdonnements qu’à l’amélioration des symptômes cérébraux divers (vertiges, sensation de lourdeur, de pression dans la tête) qui les accompagnent.
2° otaigîe. — Une autre indication des courants continus est fournie parles névralgies auriculaires rebelles aux autres modes.de traitement. Il est des , cas d’otalgie qui ne cèdent qu’à la galvanisation ; le pôle positif doit être appliqué sur l’oreille. A l’action de l’électricité, Masini conseille d'ajouter celle de la cocaïne : à* cet effet, il remplit le conduit d’une solution de chlorhydrate de cocaïne au dixième, la tête du malade étant inclinée sur l’épaule opposée, et y fait plonger l’électrode positive constituée par un fil métallique ; la douleur cesserait en quelques minutes.
Dans les cas où l’otalgie s’accompagne de troubles vaso-moteurs du pavillon ov du conduit , il y a avantage à placer l’électrode positive derrière l’angle de la mâchoire, de façon à agir sur le grand sympathique.
B. Courants interrompus. — Leurs indications sont très restreintes. On peut les employer : ; ;
1° Dans la surdité hystérique où on les a vus parfois donner un résultat immédiat et brillant ;
2° Dans le stade de déclin des otites moyennes aiguës, lorsqu’on a lieu de supposer que la faiblesse auditive est liée à une parésie des muscles de la •caisse. \. f .v-:;
INSTRUMENTS DESTINÉS A AMÉLIORER h ’AUDITION 167
Les divers appareils imaginés pour améliorer l'audition sont construits d’après des principes de physiologie et de physique que nous rappelons ici en quelques mots.
1° Considérations physiologiques. — En théorie, les vibrations sonores peuvent parvenirhu labyrinthe par deux voies : l’une, directe, la voie osseuse , — l’ébranlement communiqué aux os du crâne par les ondes sonores qui viennent les frapper se transmet de proche en proche au labyrinthe; l’autre, indirecte, la voie aérienne , — les vibrations aériennes qui pénètrent dans le conduit se transmettent à la membrane du tympan, puis, par l’intermédiaire de celle-ci, à la chaîne des osselets et enfin au liquide labyrinthique.
Dans la réalité, les ondes sonores ne suivent jamais exclusivement la voie osseuse : les os du crâne ne peuvent en effet être ébranlés sans que leurs vibrations se transmettent au cadre tympanal, et, de celui-ci, à la membrane et aux osselets. Les organes de la caisse du tympan, membrane et osselets, interviennent donc, quoique à des degrés divers, dans les deux modes de perception, dans la perception osseuse, parfois dénommée, à plus juste titre, ostéo- ou cranio-tympanale, et dans la perception aérienne ou mieux aéro-tympanale.
La voie indirecte, qui est commune aux deux variétés de conduction, est donc prépondérante à l’état
normal : aussi les appareils destinés à améliorer la perception aérienne sont-ils beaucoup plus nombreux.
2 Ù Considérations physiques. — En dehors de la loi bien connue, suivant laquelle l’intensité d’un son varie en raison inverse du carré de la distance qui sépare son lieu de production de son lieu de perception, il est différentes influences qui peuvent modifier l’intensité de la perception.
A distance égale, cette intensité augmente ou diminue :
a . Selon la multiplicité des directions dans les-: quelles se propage le son . — Plus cèlles-ci sont nombreuses, plus le son arrive faible à l’oreille ; si les vibrations sonores sont canalisées dans une direction unique, le son ne s’affaiblit presque pas. Lors donc qu’un son s’échappe dans différentes directions, on peut augmenter l’intensité de la perception en concentrant vers l’oreille les ondes Sonores éparses à. l’aide de réflexions multiples.
b. Selon la nature du milieu de propagation. — Le. son perd d’autant moins de sa force que le milieu dans lequel il se produit et se propage, est plus dense et de composition plus uniforme. Aussi, les vibrations sonores se propagent-elles mieux dans les. solides que dans les.gaz. Les corps solides sont particulièrement aptes à transmettre les sons lorsque l’une de leurs dimensions l’emporte de beaucoup sur les deux autres, qui sont. au. contraire très réduites : par exemple, lorsqu’ils sont à la fois larges et minces (disques, membranes),.ou longs et effilés (baguettes; fils) dans ces. conditions, en effet, ils entrént facilement en vibration dans leur totalité.
INSTRUMENTS destinés a améliorer l’audition 169
c. Selon le nombre des molécules du milieu de propagation auxquelles la source sonore communique ses vibrations. — En ce qui concerne la transmission aérienne, plus la masse d’air ébranlé est considérable, plus le son est intense ; pour accroître cette masse, il suffit de communiquer les vibrations de la source sonore à un corps de surface étendue qui réagit à son tour sur l’air ambiant. Une corde vibrante isolée produit un son faible ; est-elle placée sur un violon, le son produit est immédiatement renforcé. G’est le phénomène de la résonnance.
Les appareils destinés à améliorer l’audition peuvent être rangés en trois groupes, selon qu’ils ont pour effet d’améliorer :
a. La transmission aéro-tympanale ;
b. La transmission ostéo-tympanale ;
Ci Les deux modes de transmission à la fois.
A. — Appareils améliorant la transmission aéro-tympanale
1° Cornets acoustiques. — Tout cornet acoustique se compose essentiellement de deux parties : une partie évasée en forme d’entonnoir (cornet), destinée à recueillir les sons, et une partie tubulaire plus ou moins longue, destinée à conduire jusqu’à l’oreille les sons recueillis et renforcés par le cornet proprement dit. La nature et la forme du cornet ne sont point indifférents.
a. Xature. — La matière dont est fait le cornet présente une importance capitale au point de vue dp renforcement du son. Les cornets en cuir souple ou