OREILLE
206 THÉRAPEUTIQUE SPÉCIALE
rétablir la même pression sur les deux faces de la membrane.
2° L’examen de l’audition sera de son côté une source d’indications thérapeutiques. Il vous apprendra ;
a) Que l’audition est redevenue normale : le malade accuse un soulagement immédiat et complet. b ) Que l’ouïe est notablement améliorée, mais que le soulagement n’est pas complet ; il reste quelques bruits subjectifs et une sensation de gène dans l’oreille. Ne vous hâtez pas d’intervenir; ces troubles disparaissent le plus souvent d’eux-mêmes au bout de quelques heures ou de quelques jours ; ils résultent soit de la congestion de l’oreille con-' > sécutive aux irrigations, soit de l’enfoncement de : la membrane signalée plus haut. Ne recourez à la douche d’air que s’ils persistent plus de deux ou Hïois jours, c) Que l’audition n’est pas sensiblementtSSLéliorée ; c’est qu’il existe, une autre lésion à déterminefs^trophie de la membrane produite -par un cérumen .qui pressait depuis de longues années sur elle ; otite^J&oyenne chronique, perforation ou cicatrice de la membrane, affection de l’oreille interne, etc. ~ î „
D . — Traitement prophy làcïique
Les récidives sont fréquentes. Pour les prévenir, il faut combattre la cause qui favorise l’accumuMion du cérumen. Cette cause peut relever d’une hygiène défectueuse ou d’un état pathologique.
1° Causes hygiéniques. — Le cérumen peut s’accumuler dans le conduit ;
BOUCHONS DE CÉRUMEN 207
a. Tantôt en raison de soins de propreté trop rares ou incomplets ;
b. Tantôt en dépit des soins de toilette les plus réguliers et les plus constants, chez des personnes qui n’extraient qu’une partie du cérumen de leur oreille et refoulent le reste inconsciemment dans le fond du conduit. Cet accident arrive surtout à ceux qui se servent, pour nettoyer, l’oreille d’un instrument trop volumineux, par exemple d’un coin de serviette enroulé en tortillon ou d’une petite éponge montée sur un manche. Pour l’éviter, conseillez à vos malades l’usage du cure-oreille en ivoire recouvert d’un linge fin et mouillé ; mais n'oubliez pas de leur recommander d’agir avec prudence, afin de ne pas blesser les parois de leur conduit. Un petit tampon d’ouate hydrophile monté sur une allumette et imbibé d’eau de Cologne est un instrument plus inoffensif.
2° Causes pathologiques. — Elles sont de deux ordres; c’est : a) tantôt une étroitesse ou une courbure excessive du conduit ; b) tantôt une véritable hypersécrétion cérumineuse.
Aux malades atteints de l’une de ces anomalies faites faire-tous les mois une injection de propreté, précédée ou non dé l’instillation de quelques gouttes de glycérine boratée (à 1/50) ou d’huile de vaseline, versées deux ou trois soirs de suite dans le conduit; le lavage sera suivi d’un séchage soigneux. Il n’y aurait de contre-indication à ce traitement préventif que s’il existait une perforation non fermée de la membrane, tracé d’une otite moyenne suppurée antérieure que les injections seraient susceptibles de réveiller.
THÉRAPEUTIQUE SPÉCIALE