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BOUCHONS ÉPIDERMIQUES

Traitement. —1°. Ramollissement du bouchon. — Les solutions recommandées pour ramollir les bouchons de Cérumen sont ici insuffisantes. Il faut s’adresser à des liquides doués de propriétés dissociantes sur l’épiderme, par exemple b.Y alcool absolu, qui peut être employé- pur ou mélangé de parties égales de glycérine neutre, si l’on craint d’irriter trop fortement le conduit; h. Y eau oxygénée; à des mixtures salicylées,

Huile de vaseline stérilisée... 20 gr.

Acide -salicÿlique .. 0,40 centigr.

Versés dàns le conduit à la dose de 8 à 10 gouttes, matin et soir, ces liquides pénètrent entre les couches épidermiques, les dissocient et les isolent.

2° Extraction du bouchon.—C’est aux irrigations à l’eau bouillie qu’il faut avoir recours. Lors du premier lavage, les couches'superficielles seules sont ramollies et s’éliminent ; il est donc nécessaire de renouveler les instillations et les injections à plusieurs reprises et à plusieurs jours de distance, pour arriver à libérer complètement le conduit. Le traitement peut ainsi se prolonger pendant plusieurs semaines.

En général, les couches les plus externes adhèrent fortement aux parois du conduit ou au tympan qui leur ont donné naissance et sont les plus difficiles à extraire. Elles ne se détachent pas sans provoquer un suintement sanguin ; aussi faut-il les ramollir préalablement avec grand soin et avec des précautions antiseptiques toutes particulières, si l’on veut éviter d’infecter les parois du conduit.

Dans quelques cas, l’emploi de la pince, du crochet

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ou de la curette peut devenir nécessaire, au moins pour entamer les couches les plus accessibles du bouchon, dont le reste se laisse ensuite aisément chasser par de simples irrigations.

3° Traitement consécutif. — Une fois le bouchon enlevé, il faut surveiller l’oreille jusqu’à ce que toute irritation des parois et de la membrane tympanique ait disparu, et jusqu’à ce que celle-ci ait repris sa transparence normale. Des instillations quotidiennes avec une solution aqueuse de sublimé au millième (5 ou 6 gouttes matin et soir) favorisent le retour à la normale. Toutefois, on ne peut espérer celui-ci lorsque la pression exercée par l’amas épidermique a provoqué l’atrophie de la membrane, son refoulement avec soudure au promontoire, son usure ou sa perforation.

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Les corps étrangers sont introduits dans le conduit volontairement ou y pénètrent accidentellement.

1° Volontairement : dans ce cas, il s’agit presque toujours d'enfants. C’est une véritable manie, bien connue chez eux, d’introduire des corps étrangers dans leurs orifices naturels. Ce sont, suivant ce qui leur tombe sous la main, des graines, des noyaux de fruits, des perles, des cailloux, des boutons, des morceaux de craie * des fragments de crayons d’ardoises, des boulettes de papier, etc. ; lorsque ce n’est pas l’enfant lui-même qui agit, c’est souvent un camarade de classe qui enfonce l’objet dans l’oreille de son voisin.

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Chez Vadulte, la nature des corps étrangers est moins variée : ce sont des substances destinées à calmer des douleurs de dents ou d’oreille (morceau de camphre, gousse d’ail, etc.), des fragments d’une tige quelconque introduite dans l’oreille pour faire cesser une démangeaison et qui s’y brise (allumette, mine de crayon, perle en os ou en ceiluloïde fixée à. l’extrémité d'un crayon de carnet) ; c’est quelquefois un tampon de coton oublié et gardé dans le conduit très longtemps.

2° Accidentellement : pénètrent ainsi :

a. Des animaux vivants, qui s’introduisent dans l’oreille pendant le sommeil du malade ou même à « l’état de veille (moucherons, niites, puces, punaises, j perce-oreilles, araignées). Des mouches, attirées par J l’odeur d’un écoulement fétide, viennent parfois dé- j poser leurs œufs à l’entrée du conduit ; ceux-ci don- j nent naissance à des larves extrêmement mobiles qui pénètrent ensuite plus profondément dans Vù~J reille.

b. Des corps inertes : a) transportés dans l’oreille par l’air (poussièréî de charbon, poussières métalliques dans certaines professions) ou par l’eau, pendant un bain (algues, sable) ;. fi) pénétrant dans l’oreille au moment d’une chute faite sur le côté (fétu de paille, sable ou petits cailloux).

Au point de vue symptomatique, il y a un contraste absolu entre les corps vivants et les corps inertes. Les premiers, les plus rares, traduisent leur présence par des douleurs et des bruits subjectifs intolérables, amenant parfois des crises de nerfs ou du délire, phénomènes en rapport avec les mouvements incessants de l’animal. Les seconds ont, au contraire, pour caractère de ne donner lieu, dans

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l'immense majorité des cas, à aucun trouble. Abandonné à lui-même, un corps inerte ne cause ni danger vital, ni douleur, pas même de surdité, car il est exceptionnel qu’il obture hermétiquement le conduit ; on l’a vu séjourner vingt, trente ans et plus dans l’oreille sans donner lieu au moindre malaise ; il ne provoque de troubles auditifs que si l’espace resté libre pour le passage des ondes sonores entre lui et la paroi du conduit, vient à être bouché par du cérumen.

C’est donc à tort que l’on considère dans le public, \ et même parmi les médecins, l’introduction d’un corps étranger dans l’oreille comme un accident graveJ réclamant un secours immédiat. Il n’est pas d’idée' plus fausse. Un corps étranger du conduit n’est nullement dangereux par lui-même ; ce qui est dange- , veux, cest Tintervention du médecin qui, sans connaître les éléments de l’otologie, cherche à l’enlever.

Un enfant introduit un corps étranger dans son oreille : on ignore sa sottise, tout va bien. Un beau jour, la révèle : voilà la famille alarmée, et,' du même coup, l’oreille en danger. Transporté en toute bâte chez le pharmacien ou le médecin le plus voisin, l’enfant est victime neuf fois sur dix de la manœuvré suivante (Politzer) : '•

Avec ou sans le secours d’un spéculum, sans autre éclairage que celui que lui fournit la fenêtre plus ou moins claire de la pièce où il se trouve, le plus souvent même sans chercher^ voir le corps du délit, l’opérateur introduit une pince dans l’oreille. Au moment où l’instrument s’ouvre, le contact de ses mors avec les parois du conduit détermine une douleur qui se traduit par un brusque mouvement du malade ; le corps étranger, heurté par la pince, est refoulé plus

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loin. Une deuxième tentative est suivie des mêmes effets ; le conduit blessé devient de plus en plus sensible, et saigne. Troisième essai : l’enfant crie, pleure, agite tête, pieds et mains; la pince introduite à tâtons refoule le corps étranger encore plus profondément. Heureux doit être estimé le malade, si le médecin, dès lors découragé, s’arrête, inquiet de ce premier résultat : enclavement du corps étranger, otite externe qui en rendra l’extraction désormais plus difficile. Si l’auriste improvisé est plus tenace, ce n’est pas seulement la sortie du corps étranger qui est compromise : c’est l’oreille, c’est la vie de l’enfant qui sont mises en danger. N’arrivant pas à ses fins, le chércheur perd patience, farfouille férocement dans le conduit, rompt la membrane du tympan derrière laquelle disparaît le corps étranger, et à la fin ramène triomphalement parfois un osselet, jamais l’objet cherché.

Les résultats de cette intervention, les voici :

Rappelez à votre souvenir la conformation du conduit. Large à ses deux extrémités, il est rétréci à l’union de ses deux parties, cartilagineuse et osseuse, comme s’il était formé de deux troncs de cônes adossés par leur base la plus petite. Sa paroi inférieure, d’autré part, loin d’être rectiligne, offre une convexité marquée, si bien qu’elle forme dans le fond, avec la portion correspondante de l’anneau tympanal et de la membrane, un angle dièdre (sinus de Meyer), situé en contrebas du reste du conduit, véritable bas-fond où peuvent se dissimuler les corps Étrangers. Au delà, en supposant la membrane détruite, se trouvent un ressaut formé par l’anneau tympanal, puis le plancher de la caisse situé sur un' plan encore plus déclive.

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Suivez maintenant par la pensée le trajet du corps étranger. Avant l’intervention, il Siégeait dans la première portion du conduit ou tout au plus au niveau de l’isthme ; poussé par la pince, il a franchi celui-ci, ce qui a rendu son extraction déjà plus difficile ; puis il est tombé dans le sinus où, pour peu qu’il fût de petit volume, il est devenu inaccessible à la pince ; enfin il est arrivé sur le plancher de la caisse, où il est maintenant retenu par la saillie de l'anneau tympanal. Le corps étranger a ainsi pris successivement des positions d’où il a été de plus en plus difficile de le déloger. Ajoutez à cé résultat l’effet du traumatisme ; si léger qu’on le suppose, il est la cause d’une tuméfaction inflammatoire dés parois duponduit et consécutivement d’un enclavement plus parfait du corps étranger. La perforation de la membrane est suivie à peu près fatalement d’une otite moyenne aiguë suppürée. Le traumatisme de la paroi labyrinthique entraîne une paralysie faciale ou une méningo-encéphalite mortelle. Ainsi, chaque année, nombre d'enfants sont médicalement tués de par le monde, dont l'histoire reste naturellement ignorée, et, chose plus incroyable encore, certains d'entre eux n'ont pas de corps étrangers dans l’oreille (Schwartz).

Aussi, n’est-ce pas une précaution inutile que de s’assurer delà présence d’un-corps étranger avant toute tentative d’extraction. Ne vous contentez jamais de l’affirmation du malade, car : a) Les enfants mentent souvent ou indiquent inconsciemment le -côté sain comme siège du corps étranger, b) Les adultes se trompent parfois; certains éprouvent dans l’oreille une sensation de corps étranger, affirment qu’ils y ont introduit une perle, un bouton, un tam-

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pon de coton qui n’y existent en réalité nullement, soit qu’ils aient été expulsés à leur insu, soit qu’ils n’y aient jamais pénétré (paresthésie du conduit); dans l’oreille, comme ailleurs, il existe des corps étrangers imaginaires.

On reconnaît la présence dn corps étranger :

1° Par la me. — Dans là majorité des cas, l’otoscopie, permet de constater la présence et la nature du corps étranger. Si celui-ci est très petit, il peut cependant se dissimuler dans le sinus prétympanique ;, en cas de doute, on fait un seringage qui le ramène facilement. Cet examen permet, en outre, de constater les dégâts causés dans l’oreille par les tentatives antérieures d’extraction.

2° Par le toucher. — Autoriser l’exploration du conduit avec un stylet paraîtra en contradiction avec la défense, ci-dessus formulée, d’y introduire a.uçun instrument. C’est, en effet, un procédé d’exception et dont l’emploi n’est permis qu’à l’otologiste expérimenté. Il n’est de mise que : a) dans les cas où le corps étranger est rendu inaccessible à la vue par la tuméfaction des parois du conduit ou par de volumineuses granulations développées à la suite de manœuvres instrumentales ; b) lorsque le corps étranger, refoulé dans la caisse, se cache derrière la membrane déchirée ou les débris de cette dernière. Cette exploration ne donne de résultat positif que si le corps du délit offre une résistance suffisante pour donner une sensation au contact. Elle exige, nne grande légèreté de main et une extrême prudence. Afin de ne pas s’exposer à pousser le corps étranger plus avant, il faut s’assurer de la docilité du sujet, faire immobiliser la tête par un aide chez

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l’adulte, donner du bromure d’éthyle ou du chloroformé chez l’enfant.

Traitement. — Bien que les corps étrangers du conduit soient inoffensifs, mieux vaut les enlever. Deux cas sont à considérer :

1° Aucune tentative d’extraction n’a été faite. ;;.è

2° Des tentatives maladroites antérieures ont été faites.

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