‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome premierChapitre 48 sur 70 · I. — Traitement abortif · texte numérisé non relu

I. — Traitement abortif

L’inflammation furonculeuse rétrocède parfois sans aboutir à la suppuration : c’est ce qui a donné l’idée d’un traitement abortif. Mais ce traitement n’a chance de réussir que tout à fait au début de l’affection ; et il est bien rare que le malade se présente au médecin dès cette période. S’il vient à temps, le pro-

cédé à employer variera selon : a) que la lésion sera nettement limitée et directement accessible; b) ou qu’une inflammation diffuse des régions cutanées voisines masquera le siège du furoncle.

a. Si le furoncle forme une saillie bien circonscrite à l’entrée du conduit, frottez-le deux ou trois fois par jour avec un petit tampon de coton trempé dans de la teinture d’iode ou du naphtol camphré. Si vous ne craignez pas de faire souffrir votre malade, vous pouvez agir plus énergiquement en touchant le centre du furoncle avec une perle de nitrate d’argent ou d’acide chromique fondue à l’extrémité d’un stylet, voire avec une pointe de galvano-cautère : cet attouchement doit rester unique et ne saurait être répété. Ces moyens sont très infidèles ; ajoutons que, s’ils n’avortent pas, les furoncles traités par les cautérisations au nitrate ou au galvano deviennent parfois très volumineux et extrêmement douloureux.

b. Si la peau du conduit est le siège d'un gonflement diffus , les procédés précédents ne sont plus applicables. Recourez alors aux bains d’oreille que vous administrerez à l’aide de solutions antiseptiques telles que la glycérine phéniquée au dixième ou l’alcool bôriqué au vingtième. A cet effet, faites prendre au patient une position qui permette à un liquide introduit dans l’oreille d’y séjourner pendant quelques minutes : qu’il s’étende, par exemple, sur un lit ou un canapé, couché sur le côté sain, de façon que le conduit malade prenne une direction verticale ; ou bien encore que, s'asseyant près d’une table, il étende son bras sur celle-ci et couche sa tête sur le bras. La solution doit être tiède : s’il s’agit de glycérine, faites-en chauffer lo à 20 gouttes dans

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une cuiller à café portée au-dessus d’une lampe ; s’il s’agit d’alcool, faites tiédir le flacon tout entier au bain-marie, car en employant le procédé précédent vous risqueriez de voir la solution prendre feu. Remplissez alors le conduit en vous servant soit directement de la bouteille qui renferme le méiange, soit d’une cuiller à café, soit d’un compte-gouttes, et laissez le liquide y séjourner pendant dix minutes. Au bout de ce temps, appliquez un gros tampon d’ouate ou une serviette pliée en plusieurs doubles sur l’oreille et faites redresser le malade en maintenant l’ouate ou la serviette avec la main ; le liquide S’écoule sur ce tampon protecteur qui l’absorbe ; et on achève de vider le conduit en faisant pencher la tête sur l’épaule du côté malade.

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