‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome premierChapitre 51 sur 70 · X. — UAL. DÉ l’oreille · texte numérisé non relu

X. — UAL. DÉ l’oreille

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mettant les parti es malades à l’abri du contact W l'an* ; on sait qmTc’ëst là une condition essentielle "poùrTSire cesser les démangeaisons. Voilà pourquoi; il suffit d’une poudre inerte : elle fait un pansementl occlusif. J

B. Pins tard, quand les surfaces malades sont le siège d’un suintement et de productions croûteuses,le traitement précédent ne saurait plus convenir.

Il faut alors :

1° Décaper les téguments avant toute chose, c’està-dire faire tomber les croûtes qui les recouvrent. Comme, l’emploi de l’humidité vous est interdit, servez-vous, pour ramollir ces croûtes, d’un corps, gras inerte, tel que l’huile d’olives stérilisée, l’huile de vaseline, l’axonge fraîche, dont vous étendez une couche sur toutes les parties malades, en ayant soin de. la faire pénétrer avec un pinceau ou un porteouate dans tous les plis du pavillon, dans le méat, dans le conduit ; recouvrez l’oreille d’une couche d’ouate fixée par un foulard et laissez agir vingtquatre-heures.

Le lendemain, vous détacherez les croûtes ramollies en frottant les surfaces malades, lentement et avec une grande douceur, à l’aide d’un tampon d’ouato. Lorsque les croûtes ont été convenablement pénétrées par le corps gras, elles tombent sans suintement sanguin. Il faut s’attacher à bien décaper surtout : a) les anfractuosités du pavillon; b) le conduit auditif, en remplaçant l’application du spéculum, ici douloureuse, par l’écartement du méat avec les doigts.

2° Appliquer en permanence un corps gras, une pommade, sur les téguments préalablement décapés.

ECZÉMA DE L’OREILLE -'7 95g '

' - a. Quelle pommade employer? — C’est surtout ici qu’il faut tenir compte des caprices de la peau'au double point de vue de l’excipient et de la substance active.

a. Parmi les divers excipients, il n’en est que deux à retenir : la vaseline et l’axonge. A la vaseline, plus ou moins fluide en été, on peut ajouter partie égale de lanoline qui donne au mélange une consistance plus grande. L’axonge est d’ordinaire mieux tolérée par les peaux susceptibles, mais à une condition, pas toujours réalisée, c’est qu’elle soit très fraîche. Le cold-cream réussit parfois.

ji. Comme substance active , n’employez à cette période que des produits inoffensifs, en petite quantité ; car la pommade n’a pas d’autre but que :

1° de préserver les téguments du contact de l’air qui est la principale cause des démangeaisons ; 2° d'empêcher la formation des croûtes qui sont une cause d’irritation pour la peau. La pommade type est une pommade à l’oxyde de zinc à 1/1.0* conforme à la prescription suivante :

Axonge fraîche ou vaseline blanche . . 20 grammes. Oxyde de zinc pulvérisé . . .. 2 —

b. Comment appliquer la pommade? — Pour simple à résoudre qu’elle paraisse, la question n’est pas oiseuse, car de l’application du remède dépend' le succès. La manière de donner vaut mieux que ce qu’on donne.

a. Application sur le pavillon. — Étalez une couche de pommade sur une toile très fine et enveloppez le pavillon dans ce linge gras, en ayant soin d’en tamponner bien exactement toutes les dépressions ; recouvrez d’une couche d’ouate et fixez le

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tout à l’aide d’une-bande. Renouvelez le pansement chaque jour jusqu’à ce que les croûtes cessent de se reproduire; tant quelles reparaissent, enlevez-les comme il a été déjà indiqué.

Application dans le conduit. — Elle est plus difficile, car ici il va falloir lutter contre la sténose. On commence par débarrasser le conduit de l’exsudât plus ou moins concrété qui l’encombre, à l’aide d’un porte-coton enduit de.corps gras; il ne faut pas oublier, en effet, que tout lavage est interdit. Cela fait, on introduit, aussi profondément que possible dans le conduit, une mèche d’ouate pommadée à l’aide d’une pince à mors lisses ou mieux d’un stylet dont on coiffe l’extrémité avec la mèche repliée en deux. Le pansement est renouvelé toutes les vingtquatre heures ; on augmente chaque fois la grosseur de là mèche, proportionnellement à l’élargissement progressif de la lumière du conduit.

2° Deuxième période. — L’irritation est calmée.; L’indication consiste h éviter le passage à la chronicité par un traitement modificateur. Ici encore la prudence se recommande : ne prescrivez pas d’emblée des topiques manifestement irritants qui pourraient provoquer une poussée aiguë nouvelle ; tâtez la susceptibilité de la peau dans chaque cas ; commencez par des préparations à peu près inoffensives pour arriver progressivement à des topiques de plus en plus actifs.

A. Dans les cas les. plus simples, dès que les croûtes cessent de se reproduire, suspendez les enveloppements gras et protégez pendant quelque temps l’épiderme nouveau avec la pâte de Lassar dont voici la composition :

ECZÉMA DE L’OREILLE

Vaseline.20 grammes.

Poudre d’amidon. f . '

Poudre d’oxyde de zinc . . . i aa ' 10

Acide salieylique. 0 gr. 50 centigr.

B. Si ce traitement anodin ne suffit pas, vous vous adresserez alors, mais alors seulement, à des pommades plus actives. Les plus efficaces sont : les pommades au calomel ou à l’oxyde jaune de mercure qui s’emploient à 1 /20 e ; celles à l’ichtyol ou à l’huile de cade qu’on prescrit à 1/10 e .

La substance active doit être incorporée dans de la vaseline ou de l’axonge fraîche pour le pavillon, dans de l’huile d’olives ou de la vaseline liquide pour le conduit ; on l’introduit dans ce dernier à l’aide d’un pinceau.

Tous les deux ou trois jours, l’oreille est examinée par le médecin qui la nettoie au porte-coton, afin d’éviter l’emcombrement du conduit par les produits de desquamation.

C. Les pommades modificatrices peuvent rester sans effet et l’eczéma aigu tend à passer à l’état chronique ; c’est surtout dans le conduit qu’on observe. cette tendance.

Il convient alors de s’adresser au nitrate d’argent, médicament particulièrement efficace dans le cas où le conduit se remplit incessamment de squames hum des et épaisses.

Il s’emploie de deux façons :

1° Le conduit ayant été préalablement nettoyé soigneusement avec un porte-ouate, on y introduit une mèche de coton imbibée d'une solution de nitrate d'argent à i /40 e , et on laisse les choses en place pendant quarante-huit heures. Pour éviter que la solution ne se répande dans la conque et sur les

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parties voisines qu’elle norcirait, on a soin de boucher le méat avec un tampon de coton sec enduit de vaseline. Au bout de deux jours : a) ou bien le suintement aura cessé, la peau du conduit sera d’un rose vif et à peine recouverte de quelque squames sèches : l’application d’une'pommade inerte suffira à achever la guérison ; b) ou bien le conduit sera encore humide : il faudra alors introduire une nouvelle mèche imbibée de la solution de nitrate et recommencer jusqu’à siccité complète.

2° Si l’on n’arrive pas à obtenir la siccité par ce moyen, on verse, dans l'oreille , après avoir fait incliner la tête du côté opposé, une solution de nitrate d’argent à 1 /10 e et on l’y laisse séjourner trois minutes ; au bout de ce temps, on fait écouler le liquide de l’oreille et on le remplace par de l'eau salée, afin de neutraliser ce qui reste de solution argent]’que dans le conduit. Gette eau salée étant à son tour chassée de l’oreille après un séjour de quelques instants, on sèche le conduit avec le plus grand soin, car on vient d’enfreindre la règle formulée au début de ce chapitre, qui interdit l’emploi des pansements humides. Tour finir, on introduit dans l’oreille une mèche enduite de pommade inerte, ce qui est toujours le dernier terme du traitement. Il est bon de continuer l’usage de la pommade pendant quelques jours après la cessation complète de tout phénomène inflammatoire.

B. Dernière et importante recommandation. Que le malade n’introduise pas d’eaü dans son oreille, qu’il ne la lave pas pendant les trois ou quatre semaines qui suivent sa guérison ; le nettoyage à sec doit être substitué à l’introduction d’éponges ou de linges humides.

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Eczéma chronique.

C’est presque toujours un eczéma sec ; et il siège de préférence dans le conduit.

1° Eczéma sec du conduit. — Il faut distinguer deux cas suivant l’intensité des lésions :

A. L'eczéma est très léger et se traduit par un peu de desquamation furfuracée.

Le malade devra :

1° S’abstenir totalement de faire pénétrer de l’eau dans le conduit ;

2° Badigeonner trois fois par jour le conduit avec un pinceau imbibé de :

Huile de vaseline.40 grammes.

Menthol. . .. 1 ' —

ou bien, si l’on veut employer une substance plus active :

Huile de vaseline ...... 10 grammes.

Goudron ou huile de cade. . 1 —

ou encore :

Huile de vaseline ...... 20 grammes. -

Acide salicylique. Ogr.lO centigr.

B. Les lésions sont pins accentuées, le conduit est rempli de squames épidermiques très adhérentes aux parois et formant un bouchon occlusif. Ici c’est le médecin lui-même qui doit intervenir, en enlevant les squames qui empêchent toute application médicamenteuse. Il faut se garder de les détacher brutalement avec la pince ; en les arrachant ainsi

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on créerait des érosions sur les parois du conduit qui s’infecteraient. Mieux vaut faire momentanément une nouvelle infraction à la règle de conduite qui doit présider au traitement de l’eczéma et ramollir d’abord le bouchon épidermique à l’aide de pansements humides. A cet effet, on verse matin et soir dans le conduit, qu’on ferme ensuite avec un tampon de coton non hydrophile, et on y laisse séjourner dix gouttes de la solution suivante :

Carbonate de soude.0gr,10 centigr.

Glycérine neutre.10 grammes.

Au bout de quarante-huit heures, on fait une irrigation douce avec de l’eau bouillie ; les squames se détachent alors aisément.

Le conduit, bien séché au porte-ouate, est dès lors prêt à subir efficacement l’application des divers topiques déjà prescrits à la deuxième période de l’eczéma aigu, c’est-à-dire des corps gras, qu’il n’est pas rare de voir échouer dans le cas actuel, ou du nitrate d'argent, qui réussit plus souvent.

2 U Eczéma sec du pavillon. — Deux cas sont à considérer.

A. Si l’eczéma est léger, il cède à l’emploi des pommades qui conviennent à l’eczéma subaigu à sa deuxième période.

B. Si l’eczéma est intense, s’il s’accompagne d’un épaississement marqué des couches cornées de l’épiderme et d’uneinfiltrationprofonde du derme (eczéma lichénifié), d’excoriations, de fissures, il réclame un traitement spécial.

Ici les mêmes ménagements ne sont plus à garder et les topiques irritants trouvent leur application.

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Il est de toute nécessité de faire d’abord le décapage du pavillon, c’est-à-dire d’obtenir le ramollissement et la chute des couches épidermiques cornées. A cet effet, le savon mou de potasse en solution alcoolique a une action rapide et sûre. On frictionne énergiquement la peau, avec de l’ouate imprégnée de la solution suivante :

Savon noir. .. 40 grammes.

Alcool à 90» ......... 60 —

Eau distillée ........ 100 —

On essuie soigneusement les parties décapées et on les recouvre d’une couche de pommade active, telle que la suivante :

Vaseline. . ... 20 grammes'.

Ichtyol ou styrax. 2 —

On renouvelle le décapage tous les trois ou quatre jours, tant qu’il est nécessaire.

La forme séborrhéique sera plus spécialement traitée par les pommades soufrées.

Lorsqu’il existe des rhagades, on les touche soit avec un pinceau trempé dans une solution de nitrate d’argent à '1/5% soit directement avec la pierre infernale taillée en fine pointe.

Quand l’amélioration est notable, on revient aux pommades diverses prescrites plus haut.

. B. — Traitement général

Il est indispensable, surtout dans l’eczéma chronique, et doit être mené parallèlement au traitement local. Tel eczéma de l’oreille, qui résiste au traitement local le mieux conduit, guérit rapidement a

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partir du moment où l’on ajoute aux soins locaux une médication générale appropriée.

Nous ne faisons que rappeler ce que doit être le ' traitement général d’un eczémateux.

A. Régime. — Interdire les boissons et mets excitants : le vin pur, le café, l’alcool, les liqueurs; la charcuterie, le gibier, les aliments épicés, les salaisons, les fromages faits, les poissons de mer, les coquillages.

B. Hygiène. — Assurer à l’aide de laxatifs, s’il en est besoin, des garde-robes régulières et quotidiennes.

Éviter les bains trop chauds qui. congestionnent la peau.

C. Médication générale. — Elle a pour but de modifier le terrain.

Aux arthritiques conviennent les alcalins (saison à Vichy ou à Royat) ;

Aux goutteux , la lithine (saison à Contréxeville ou à Vittel) ;

Aux scrofuleux, l’huile de foie de morue et l’iode (saison aux eaux salines, Salies, Kreuznach ; arsenicales, La Bourboule ; ou sulfureuses, surtout à Uriage) ;

Aux névropathes, la valériane et les bromures, les douches tièdes (saison à Néris ou à Bagnères-de- Bigorre).

Il n’y a pas de médicament spécifique de l’eczéma ; et l’arseuic, si souvent employé, n’a pas cette propriété plus que toute autre substance.

Faut-il le prescrire ?

Non, tant qu’il y a le moindre état inflammatoire, car c’est un excitant de la peau.

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Oui, dans les eczémas secs, chroniques et torpides, sortes d’eczémas pityriasiques ou lichénoïdes. On fait prendre de une à quatre cuillerées à café par jour de la solution suivante :

Arseniate de soude . . . . Ogr.tO centigr tau de laurier cerise ... SO grammes.

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