AIGUES
Une otite moyenne aiguë est une affection toujours sérieuse, grave souvent, et dont les caprices sont parfois terribles. C’est une inflammation qui part du nez, remonte la trompe d’Eustache, gagne l’oreille moyenne où elle fait une halte plus ou moins prolongée, visite souvent l’apophyse mastoïde, et se permet quelques incursions dans la cavité crânienne : on dirait que le coryza cherche alors à justifier son surnom de rhume de cerveau. Tout individu, dont l’oreille suppure, porte en soi une cause de mort ; le passage à la chronicité, la surdité définitive, les bourdonnements persistants ne sont pas les pires conséquences des otites moyennes aiguës.
Or, tous ces dangers peuvent être conjurés par un traitement rationnel : une otite aiguë convenablement soignée doit presque toujours guérir, vite et radicalement.
1° Elle ne doit presque jamais provoquer de
THÉRAPEUTIQUE SPÉCIALE
mastoïdite , si l’incision et le drainage de l’abcès de la caisse sont faits à temps ;
2° Elle ne doit pas passer à la chronicité , si l’on n’a pas infecté l’oreille par un pansement sale ;
3° Elle ne doit pas laisser à sa suite de surdité, si l’on n’a pas provoqué des dégâts dans la caisse par un traitement intempestif (cautérisations, etc.) ; '
4° Elle ne doit pas amener la mort , si l’on a su éviter la rétention du pus.
Exception doit être faite à cette règle pour quelques cas particuliers où le pronostic se montre d’emblée beaucoup plus sévère. L’otite aiguë revêt parfois une gravité extrême : a) par la violence de Vinfection-, tels sont les cas d’otites aiguës des scarlatines graves compliquées de diphtérie, telles les infections auriculaires de certaines épidémies d’influenza où l’auriste ne peut arrêter l’extension rapide de l’inflammation de la caisse; (3) par la nature du terrain, sur lequel germe l’otite ; ainsi, , chez les diabétiques, le pronostic est souvent malgré tout fatal ; t) par la latence de son évolution , comme chez les aliénés, les typhiques, Où souvent rien ne fait soupçonner une otite aiguë avant L’explosion des accidents ultimes.
Malheureusement, on rencontre dans la mise en œuvre du traitement des difficultés de divers ordres, dont il faut chercher la source dans deux éléments :