‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome premierChapitre 58 sur 70 · II. — Rétablir l’audition · texte numérisé non relu

II. — Rétablir l’audition

Un grand nombre d’otites aiguës catarrhales légères, abandonnées à elles-mêmes,, guérissent radicalement sans compromettre l’audition. Il serait cependant imprudent de compter toujours sur une issue aussi favorable : car, sans qu’on puisse le prévoir à leur début, ces mêmes otites laissent parfois comme traces un enfoncement anormal de la membrane, des synéchies, une immobilité des osselets qui sont la cause dé troubles auditifs durables.

Pour empêcher ces lésions de s’établir à poste fixe et pour hâter leur résolution, nous disposons de deux moyens d’inégale valeur :

1° L ’aération de la caisse parle procédé de Politzer, dont l’efficacité est à peu près certaine ;

2° Le massage externe, qui est insuffisant à lui seul, mais qui peut servir d’adjuvant à l’aération.

298 THÉRAPEUTIQUE SPÉCIALE

A. Aération de la caisse. — Elle doit se faire avec certaines précautions.

1° On ne doit commencer l’administration des douches d’air qu’ après la disparition des. phénomènes aigus. Il faut donc attendre : a) que toute douleur spontanée ait absolument cessé, car les mouvements imprimés aux osselets et à la membrane ramèneraient l’otalgie et les phénomènes inflammatoires; b) que toute rougeur de la membrane ait disparu.

2° Avant de donner la douche, on fera moucher le malade et on s’assurera que les fosses nasales sont propres; si le nez est sale, si l’on y constate les signes de l’ozène ou du coryza purulent, mieux vaut s’abstenir de l’aération, car elle n’est pas toujours indispensable, et, dans le cas présent, elle serait dangereuse.

3° La douche sera donnée avec le degré de force minimum nécessaire à la pénétration de l’air dans la caisse ; on commencera donc par une pression faible qu’on augmentera progressivement jusqu'à ce que l’air entre dans l’oreille moyenne, ce dont on s’assure par l’auscultation et par l’examen de la membrane au spéculum. Pour mieux graduer cette’ pression, on peut, à l’exemple de Politzer, comprimer la poire successivement avec deux, trois, quatre et cinq doigts. Subjectivement, la pénétration de l’air dans la caisse se traduit par l’amélioration brusque de l’audition et par la cessation immédiate des bourdonnements.

La fréquence et la durée du traitement varieront suivant les résultats obtenus : si l’amélioration de l’ouïe ne dure que peu d’heures, on renouvellera l’aération tous les jours ; si l’amélioration dure plu-

sieurs jours, on ne fera que deux séances de politzération par semaine. Le traitement sera continué jusqu’à la disparition complète et définitive des troubles auriculaires. Ce résultat n’est d’ordinaire obtenu qu’au bout d’un espace de temps qui varie de trois à six semaines. Il est bon que le malade porte de l’ouate dans l’oreille jusqu’à complète guérison. On s’assure du retour de la membrane à l’état normal par des examens souvent répétés.

B. Massage externe. — Si la résolution traîne en longueur, il faut aider l'action de la douche d’air par le massage externe, selon la pratique de Zaufal.

. Avec le bord radial de l’éminence thénar, on exerce . des frictions lentes et soutenues, dirigées de haut en bas, d’une part en suivant le creux parotidien et le bord inférieur de la mâchoire, d’autre part le long du bord antérieur du sterno-mastoïdien : cette direction est celle des vaisseaux lymphatiques émanés de l’oreille. Les séances de massage doivent durer cinq minutes et être répétées trois fois par jour.

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