‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome premierChapitre 63 sur 70 · III. — Soins consécutifs · texte numérisé non relu

III. — Soins consécutifs

Le traitement local de l’oreille n’est pas suffisant; il y faut joindre :

1° Les soins hygiéniques , déjà indiqués à propos de l’otite catarrhale aiguë.

2° Le traitement concomitant du nez et de la gorge. Les badigeonnages répétés tous les deux jours de la voûte du pharynx nasal avec une solution de nitrate d’argent à 1/30 ou .de glycérine iodée à 1/10 ont sur l’otite une action dérivative évidente. Dans l’intervalle, on aidera leur action en prescrivant des gargarismes avec de l’eau salée très chaude et des inhalations nasales de vapeur d’eau mentholée.

Le retour de l’audition joint à la disparition de l’exsudât est le signal de la guérison. Si l’ouïe né se rétablit pas rapidement après la cessation des phénomènes inflammatoires aigus, on recourra aux moyens qui ont , été précédemment indiqués à propos . de la même éventualité à la suite de l’otite catarrhale. /

Dans tous les cas, si l’oij veut éviter que l’otite ne laisse des traces durables de son passage, il faut veiller avec soin à ce que le jeu normal des trompes se rétablisse complètement : l’expérience de Valsai va et celle de Toynbee doivent se faire normalement. Pour arriver à ce résultat, il faut insister auprès du malade guéri pour, qu’il se soumette à une politzération prolongée. La marche du traitement doit être réglée de la façon suivante :

a. Premier mois : trois douches d’air par semaine ;

THERAPEUTIQUE SPÉCIALE

b. Deuxième mois : repos ;

c. Troisième mois : une douche d’air par semaine ;,

d. Quatrième mois : une douche d’air tous les quinze jours.

Il peut être nécessaire de recommencer ce traitement au bout de six mois, si les résultats ne sont pas complètement satisfaisants.

Nous n’avons pas à revenir sur les règles connues de la prophylaxie des récidives, toujours tant à craindre.

Cette affection est généralement soignée à contresens : les traitements usuels, appliqués avec ou sansle conseil des médecins, favorisent, d’une part^ la rétention du pus, de l’autre, les infections secondaires : c’est-à-dire les deux complications qu’il faut éviter à tout prix. Et pourtant cet écoulement si négligé représente la variété d’otite qui réclame le plus énergiquement un traitement rationnel, car ce n’est pas seulement l’audition, mais encore la vie du malade qu’elle met en danger.

Traitement. — Rarement elle est purulente d’emblée : son traitement diffère donc selon la période à laquelle elle se présente.

A la première période, c’est-à-dire avant la formation du pus, le traitement est le même que celui d’une otite moyenne aiguë catarrhale ; d’ailleurs, à cette phase, le diagnostic de la nature de l’otite est le plus souvent impossible.

A la seconde période, c’est-à-dire quand le pus est formé, il faut considérer deux cas très différents suivant qu’on est appelé auprès du malade :

1° Quand le tympan ri est pas encore perforé ;

2° Quand le tympan est déjà perforé.

A. — Le tympan n’est pas perforé

La nécessité d’agir rapidement et efficacement s’impose dès l’approche du malade. Vous le trouvez en proie à des douleurs plus ou moins violentes, à la fièvre, à une vive agitation; parfois, surtout lorsqu’il s’agit d’un enfant, des accidents de méningisme I inquiétants se manifestent (vomissements, vertiges, | délires, convulsions). Localement, vous voyez un conduit sec, un tympan rouge, tendu, plus .ou-moins bombé.

L'indication absolue, constante, urgente est de faire la paracentèse du tympan : l’otite moyenne aiguë n’est, somme toute, qu’un abcès chaud de la caisse justiciable du traitement banal de tous les abcès; donner issue au pus, dans l’espèce c’est appliquer à un cas particulier cette loi de chirurgie générale en vertu de laquelle tout abcès doit être ouvert le plus tôt et le plus largement possible.

La valeur de la paracentèse, ses bienfaits sont évidents pour qui a eu l’occasion de la pratiquer, fût-ce une seule fois, dans les conditions que nous venons d’exposer. Aussi l’avis des auristes est-il unanime : la paracentèse du tympan est une opération admirable, qui peut à elle seule sauver la vie d’un malade; elle calme instantanément les douleurs les plus atroces, prévient la diffusion du pus et par conséquent les complications encéphaliques ou

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