‹ Thérapeutique des maladies de l'oreille. Tome secondChapitre 14 sur 52 · TRAITEMENT CONSERVATEUR · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CONSERVATEUR

Le principe de ce traitement consiste à agir par le conduit en conservant les osselets.

Pour qu’on soit autorisé à le tenter, il faut : 1° que le conduit soit large; 2° que la perforation tympanique soit suffisante pour permettre l’accès de la caisse ; 3° qu’il n’y ait pas de lésions incurables sans opération chirurgicale, telles qu’une fistule; 4° qu’il n’y ait pas de symptômes graves, (accidents cérébraux imminents, paralysie faciale, etc.) ; 5° que le malade soit patient et docile.

Lorsque ces conditions ne sont pas réalisées, le traitement conservateur est contre-indiqué.

A . — Règles générales du traitement conservateur

D’une façon générale, le pansement d’une t oreille atteinte d’ostéite chronique comporte les temps suivants :

t° Nettoyer très soigneusement le conduit et la caisse : enlever le muco-pus à l’aide d’injections alcalines tièdes, les concrétions caséeuses au portecoton, les croûtes avec la pince; puis sécher avec de l’ouate hydrophile,

%° Anesthésier les points malades: s’ils sont étendus, à l’aide d’un bain de cocaïne à 1/5 ou à L/10 ; s’ils sont circonscrits,- en y déposant un cristal de cocaïne.

3° Abraser les granulations avec une curette maniée très prudemment, en grattant peu à peu jusqu’à la rencontre de l’os,

4° Faire l’hémostase, à l’aide d’un tamponnement serré au coton hydrophile, laissé en place pendant quelques instants.

5° Cautériser le point malade , par un attouchement très court et très circonscrit avec un stylet porte coton imbibé d’une gouttelette de chlorure de zinc à 1/10 ou I/o. (Il ne faut jamais employer le nitrate d’argent, car, en cas d’ostéite, cette substance provoque des douleurs violentes et durables.)

6° Faire le pansement. — a) Si la suppuration est abondante, instiller dans le conduit quelques gouttes de glycérine phéniquée à 1/20 qu’on y laissera à demeure, ou bien donner trois fois par jour un bain d’eau oxygénée tiède de dix minutes de durée. b) Si la suppuration est peu abondante, faire une insufflation légère d’iodôforme finement pulvérisé, ou bien remplir le conduit de poudre d’acide borique.

Ces séances seront faites une ou deux fois par semaiiïe selon la tolérance de l’oreille'. '

S’il y a un séquestre, le traitement précédent sera naturellement sans effet; la conduite à tenir en ce cas varie selon que le séquestre est mobile ou non.

a. Si le séquestre est encore immobile, il faut attendre sa libération spontanée ; en cherchant à l’extraire, on risquerait de blesser le vestibule ôü le facial.

b. Si le séquestre est mobile, on doit l’enlever le plus tôt possible, car l’élimination des séquestres donne souvent lieu en quelques jours à dès guérisons inespérées, a) S’il est petit, extrayez-le à la façon

d’un corps étranger; mobilisez-le à l’aide du stylet et chassez-le au moyen d’une irrigation. (J) S’il est irrégulier et présente des saillies qui gênent sa sortie en facilitant son enclavement, il faudra vous servir d’un'stylet coudé pour le dégager et l’attirer en dehors; l’opération peut être fort douloureuse et nécessiter l’anesthésie générale au bromure d’éthyle chez l’enfant, au chloroforme chez l’adulte, y) S’il est volumineux , il sera nécessaire de faire une brèche de sortie dans le rocher ou tout au moins de décoller temporairement le pavillon.

B. — Marche du traitement conservateur

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