III. — Vider la caisse .et modifier sa muqueuse
On peut ici, comme dans l’otite exsudative aiguë, vider la caisse par deux moyens : 1° la douche d’air ; 2° la paracentèse du tympan.
1° Douche d’air. — La douché d’air et le cathétérisme n’ont pas seulement pour effet de déboucher la trompe, ils débarrassent en même temps la caisse de l’exsudât qu’elle renferme, soit en chassant celuici dans le pharynx nasal, soit en activant la circulation dans la muqueuse de l’oreille moyenne et en favorisant ainsi la résorption de l’infiltration. Pour faciliter l’issue du liquide, il est bon de donner la douche d’air pendant que la tête est fortement penchée en avant et inclinée du côté de l'oreille saine, situation dans laquelle l’orifice supérieur de la trompe se trouve placé au point le plus déclive de la caisse.
Un séjour de quelques semaines ou mieux de quelques mois dans les montagnes , c’est-à-dire dans un air raréfié, semble modifier heureusement la nutrition de la muqueuse de l’oreille moyenne. En tout cas c’est un fait d’expérience que beaucoup de malades en tirent un bénéfice réel, surtout en cas d’exsudat persistant et rebelle.
2° Paracentèse du tympan. — Lorsque l’épanchement persiste ou se reproduit malgré l’aération de la caisse, la paracentèse trouve son indication comme dans l’otite exsudative aiguë (voy. t.. I, p. 308). On peut alors être obligé de la répéter à plusieurs reprises et parfois pendant fort longtemps , quand la cause de l’otite est persistante, par exemple en cas de sténose tubaire infranchissable. Bien entendu, la douche d’air continuera à être administrée comme adjuvant de la paracentèse.
Le traitement local ne doit pas être continué indéfiniment sans interruption : il faut le suspendre dès qu'il cesse d'accroître l'audition. En général, au bout de trois à six semaines, plus rarement au bout de trois à quatre mois, on a obtenu un degré d’amélioration de l’ouïe qu’on ne peut plus dépasser ; continue-t-on le traitement, on perd une partie du bénéfice acquis. Il convient donc de suspendre la cure et de laisser au malade quelques semaines ou quelques mois de repos, pendant lesquels on se contentera de contrôler de temps en temps, tous les quinze jours, par exemple, l’état de l’audition. Dès que celle ci baissera, on recommencera une nouvelle cure de quelques semaines, qui pourra donner une amélioration égale ou supérieure à celle qui avait été obtenue précédemment.
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Peut-on confier au malade le soin de faire luimême cette cure en lui apprenant à s’administrer la douche d’air?
Oui, mais à une double condition :
1° Qu’on s’assure préalablement qu’il se la donne d’une façon efficace ; l’auscultation au moyen de l’otoscope, l’examen de la membrane tympanique avant et après la douche renseignent sur ce point.
2° Qu’on lui impose une règle formelle pour son emploi : on lui fixera par écrit l’époque et la durée des périodes de traitement et des périodes intercalaires de repos ; car l’emploi ininterrompu ou trop fréquent des douches d’air, dont le malade aura souvent tendance à abuser, a l’inconvénient de favoriser le relâchement du tympan et d’accroître ainsi les troubles auditifs-.