C. — Empêcher les infections secondaires
Les règles à observer à cet égard sont les mêmes ici que dans l’otite moyenne aiguë.
On a affaire à un foyer d’infection placé entre deux sources de contamination constante, le conduit auditif et le pharynx nasal : il faut, assurer la désinfection de l’un et de l’autre.
De plus, les instruments et objets de pansement doivent être rigoureusement stérilisés.
D- — Traiter les lésions causales
En dehors des altérations locales, il faut chercher les causes de toute suppuration d’oreille prolongée :
a) dans le nez et l’arrière-nez ; b) dans l’état général.
a. Nous n’avons pas à revenir sur le rôle joué par les lésions des fosses nasales et du naso-pharynx dans l’étiologie des otites moyennes en général ; le traitement simultané de ces lésions est d’une importance au moins égale à celle du traitement de l’oreille elle-même (voy. 1.1, p. 286).
b. Les rapports de la suppuration de T oreille moyenne avec Y état général sont parfois étroits. C’est ainsi que la syphilis (héréditaire ou acquise) joue un rôle de premier ordre dans l’étiologie de certaines otites qui, rebelles à tout traitement local, cèdent rapidement au traitement spécifique. La tuberculose, le diabète, la goutte fournissent autant d’indications précises d’un traitement général à joindre au traitement local
D’autres fois, c’est un état général moins bien déterminé (anémie, lymphatisme, etc.) qui est associé à l’otite ; qu’il soit la cause entretenant la suppuration, ou qu’il en soit seulement l’effet, cet affaiblissement de l’organisme s’oppose à la réparation des lésions. Il y a avantage à le combattre par l’hygiène, les préparations reconstituantes, l’hydrothérapie, le changement d’air. En général, le séjour au bord de la mer, même quand il améliore l’état général, est plutôt défavorable à l’état local. « La mer est le plus fidèle fournisseur des auristes. » Exception doit être faite cependant pour certaines suppurations chroniques, sans ostéite ni cholestéatome, chez les enfants dits scrofuleux. Un séjour sur une plage douce, telle qu’Arcachon, amène parfois l’assèchement rapide d’une oreille inutilement soignée jusque-là.
E. — Soins consécutifs a la guérison
Une fois la suppuration arrêtée, le malade doit s’astreindre encore pendant longtemps à certaines précautions, car toute irritation locale, quelle qu’en soit la nature, peut facilement ramener une poussée nouvelle d’otite. La muqueuse de la caisse aura besoin d’être protégée contre les influences extérieures en cas de perforation persistante de la membrane. L’air et surtout l’eau sont à craindre.
a. L'air est nuisible quand il est froid, humide et chargé de poussières. Pour s’en préserver, le malade bouchera l’entrée de son oreille avec un tampon ’ d'ouate. Toutefois, comme cette occlusion, souvent, bilatérale, gêne l’audition, on fera supprimer le tampon : a) dans les intérieurs, en toute saison ; S) au dehors, par les belles journées d’été.
b. L'eau est plus nuisible encore. Non seulement le malade s’abstiendra rigoureusement de toute injection, mais il veillera à ce que pendant sa toiletté, il n'entre pas par mégarde un peu de liquide dans l’oreille ; lorsqu’il prendra des bains de mer, il évitera avec soin les fortes vagues qui peuvent submerger sa tête, ou bien, pour plus de sûreté, il fermera l’entrée de son conduit avec une boulette d’ouate huilée ou vaselinée ; pendant les bains de rivière, il s’interdira les plongeons, car ceux-ci peuvent non seulement provoquer une nouvelle poussée d’otite avec complications, mais encore amener un vertige, mortel dahs ces conditions.
Une dernière recommandation ne sera pas superflue, surtout chez les gens de la campagne : en cas de rage de dents, s’abstenir d’introduire dans l’oreille aucun remède prétendu calmant.
IL — INDICATIONS THÉRAPEUTfQUES SPÉCIALES A CERTAINS CAS
Le traitement précédent, qui est celui de l’otite moyenne chronique suppurée simple, sans aucune complication, doit souvent être modifié ou complété par diverses interventions, dont l'indication est fournie par le développement de lésions spéciales, essentiellement variables suivant les cas : A. Granulations, B. Polypes, C. Cholestéatome, D. Ostéite.