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II. — MAL. DE L 5 0REILLE

234 AFFECTIONS DE l’oREILLE INTERNE

traduit uniquement par des bourdonnements, ou de la surdité, l’un ou l’autre de ces signes pouvant d’ailleurs être prédominant. Ici, on ne fait le plus souvent qu’un diagnostic vraisemblable;'et, malgré l’existence d’autres signes révélateurs, la question reste plus d’une fois indécise de savoir si la lésion siège réellement dans l’oreille interne, et non en deçà ou delà, c’est-à-dire dans l’oreille moyenne ou dans les centres encéphaliques.

Le diagnostic d’affection de l’oreille interne s’appuie d’ordinaire sur la recherche d’une série de signes que nous allons rappeler brièvement. Ces signes sont d’ailleurs inconstants ; aucun d’eux, pris à part, n’èst absolument caractéristique ; leur valeur est d’autant plus grande qu’ils se trouvent réunis en plus grand nombre chez le même malade. Ce sont . les suivants :

1 0 Début brusque des accidents. La surdité, toutes les fois quelle apparaît intense et subite, doit faire penser à une lésion labyrinthique, à la double condition pourtant : a) qu’au moment de sa production ou dans les jours qui suivent, ôn ne constate pas de lésion objective des oreilles externe ou moyenne; b) qu’il n’apparaisse simultanément aucun trouble dans le domaine des autres nerfs crâniens (oculo-moteurs, trijumeau, etc.), auquel cas la lésion est vraisemblablement intra-cranienne.

2° Latéralisation du diapason du côté sain dans l’épreuVh de Weber.

3° Résultat positif de V épreuve de Rinne.

4° Raccourcissement de la durée de perception du diapason placé sur le crâne.

5° Prédominance de la surdité pour les sons

élevés, les sons bas étant encore relativement bien entendus.

6° Trous dans l'échelle des sons perçus.

7° Paracousie, c’est-à-dire audition fausse de certains sons.

8° Caractères mélodiques des bruits subjectifs.

La pathogénîe des troubles de l’oreille interne demande une analyse soignée.

. Les symptômes labyrinthiques peuvent s’observer dans deux conditions principales :

1° A la suite de lésions extra-labyrinthiques retentissant sur l’oreille interne par l’intermédiaire de la circulation, du système nerveux, du changement de pression intra-labyrinthique ; les modifications subies par le labyrinthe sont alors transitoires, au moins au début et lorsque l’influence morbide ne se renouvelle pas trop souvent ou ne se fait pas sentir d’une façon trop prolongée.

Les troubles observés dans ces conditions peuvent être tout aussi violents qu’en cas de lésion proprement dite du labyrinthe. Il faut les traiter : a) parce que nous avons grande chance de les modifier, la lésion causale étant le plus souvent accessible à nos moyens de traitement ; b) parce que l’expérience démontre qu’à la longue des troubles passagers peuvent se transformer en troubles permanents, le labyrinthe ne subissant pas impunément ces modifications répétées de pression, de circulation, etc. auxquelles il est soumis : dans ces conditions, il devient peu à peu le siège d’altérations indélébiles.

Pour la commodité de la description, on peut classer les symptômes labyrinthiques de cet ordre,

dus à de simples modifications fonctionnelles de l’oreille interne, sous le nom de labyrinthisme (Gellé), par opposition aux troubles de même nature dus à des lésions proprement dites de l’oreille interne, que nous engloberons sous le nom de labyrinthites.

2 0 A la suite de lésions intra-labyrinthiques : traumatisme, hémorragie, inflammation aiguë ou chronique, néoplasme, etc., qui constituent les îabyrintliites.

Cette distinction artificielle entre le labyrinthisme et la labyrinthite présente une grande importance au point de vue du traitement, puisque, dans le premièr cas, nous n’aurons à traiter que la cause — qu’il faudra à tout prix découvrir et guérir; dans le .second, il faudra nous attaquer à la lésion de l’oreille.

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